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Le vieux routier qui a remis les Blue Jackets sur la bonne voie

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Don Waddell en avait assez.

Le directeur général des Blue Jackets de Columbus voyait qu’en dépit d’une formation compétente, la machine tournait à vide. Après 47 matchs, son équipe avait entamé la troisième période avec l’avance à 18 reprises, mais elle avait échappé la victoire à 6 occasions.

Tous ces points laissés sur la table expliquaient entre autres pourquoi les Blue Jackets étaient derniers au classement de l’Association de l’Est en ce 12 janvier.

En se couchant le dimanche soir, Waddell avait décidé de remplacer l’entraîneur-chef Dean Evason. Il s’était fait une courte liste de candidats à contacter, et Rick Bowness n’en faisait pas partie.

Mais lorsqu’il s’est réveillé à 4 h 30, le lundi matin, à cinq heures d’une rencontre avec les propriétaires au cours de laquelle il allait leur annoncer ses intentions, c’est avec le nom de Bowness à l'esprit qu’il a ouvert les yeux.

Il a donc envoyé un message texte au vénérable entraîneur qui allait fêter ses 71 ans deux semaines plus tard.

Bowness avait décidé de prendre sa retraite du hockey au terme de la saison 2023-2024 en raison de problèmes de santé – les siens et ceux de son épouse Judy.

Ayant déjà en poche un record de 2726 matchs derrière un banc de la Ligue nationale de hockey (LNH), que ce soit comme entraîneur-chef, adjoint ou associé, il croyait le temps venu d’accrocher son sifflet.

Mais au large de Boca Raton en ce lundi matin, dans un bateau qui ne rivalise pas de taille avec les villas flottantes qu’il voyait autour de lui, Bowness a vu le texto de Waddell lui demandant de le rappeler.

Sur le coup, il a cru que le DG voulait sonder son opinion au sujet d’un joueur.

Il a donc arrêté le bateau pour rejoindre Waddell.

Sans tourner autour du pot, ce dernier lui a offert de venir diriger les Blue Jackets pour le reste de la saison.

Judy a dit oui.

Coup de barre en défense

Bowness a beau avoir une expérience infinie et revenir dans la LNH en tant que doyen des entraîneurs-chefs du circuit Bettman, il a toujours voulu suivre l’évolution du hockey.

Le seul terme que je ne veux jamais voir être associé à mon nom, c'est “vieille école”, a-t-il mentionné, jeudi, au terme de l’entraînement matinal des Blue Jackets. Je n'aime pas du tout cette expression-là... sauf en ce qui a trait à mes goûts musicaux!

Lorsqu’il est entré dans le vestiaire pour la première fois, Bowness a écrit au tableau où en était l’équipe par rapport au nombre de buts permis à l’adversaire.

Il a également inscrit deux statistiques avancées : le nombre d'occasions de marquer accordées dans l’enclave et le nombre d'occasions accordées sur la contre-attaque.

Si l’on ne corrige pas ces trois éléments-là, vous pouvez oublier les séries, a-t-il dit à ses nouveaux joueurs.

Dès le soir même s’est entamé face aux Flames de Calgary l’un des plus dramatiques revirements de situation des dernières années dans la LNH. Si ce n’était du renversement sans précédent que nous observons en parallèle à Buffalo, ce qui se passe à Columbus ferait davantage les manchettes.

On gagnait, on perdait, on gagnait, on perdait; on n’allait nulle part, s'est remémoré le vétéran Charlie Coyle, qui en est à sa première saison à Columbus et qui connaît peut-être les meilleurs moments de sa carrière sous les ordres de Bowness.

On s'est mis à beaucoup travailler sur les détails, on en a vraiment tiré des leçons et on les a analysés, que ce soit à l'aide de vidéos, ou dans des discussions entre nous-mêmes ou avec les entraîneurs. La communication est excellente. En mettant l'accent sur ce qu'il fallait améliorer entre un match et l'entraînement suivant, on n’a jamais relâché nos efforts, même après une victoire.

Ce n’est pas surprenant qu’en faisant ça, en y adhérant et en privilégiant d’abord une défense solide, on s’est mis à générer plus d'occasions en attaque.

Avant d’affronter le Canadien, jeudi, les Blue Jackets présentaient le meilleur taux de succès depuis l’entrée en poste de Bowness (,808) grâce à une fiche de 19-3-4.

Sous ses ordres, aucune équipe n’accorde en moyenne moins de buts par match que les Blue Jackets. 

Leur poussée est irrésistible, si bien que l’équipe qui était dernière de son association à la mi-janvier défend désormais une place en séries.

Un hockeyeur est penché sur son bâton.

L'attaquant Mathieu Olivier connaît une excellente saison à Columbus.

Photo : Associated Press / Julio Cortez

Des valeurs non négociables

Selon l’attaquant Mathieu Olivier, le type de communication prôné par Bowness est ce dont l’équipe avait besoin. C’est un style cartes sur table qui ne cultive aucune zone grise.

Les valeurs de l’équipe sont non négociables, a expliqué l’attaquant de puissance de 29 ans. Si tu n’exécutes pas, il y a un avertissement, et s’il n’y a pas de correctif, tu sors de la formation. C’est bon pour la compétition à l’interne d’une équipe, et il promeut ça d’une façon qui est très positive, et tout le monde a du fun. Tout le monde arrive à l’aréna prêt à travailler.

L’an dernier, les Blue Jackets avaient été l’une des équipes les plus affligées par les blessures, tandis qu’ils ont été relativement en bonne santé cette saison. Pour une équipe possédant autant de profondeur à l’attaque, le fait d’avoir tous ses effectifs à portée de main a aidé Bowness à pouvoir garder la bride serrée.

Jeudi soir, face au Canadien, ce sont les talentueux Kent Johnson et Dmitri Voronkov qui seront laissés de côté.

On n’était pas du tout content de notre situation, a convenu l’ancien centre du Canadien Sean Monahan. Il nous a redonné de l'élan, et c'est un excellent entraîneur, mais en fin de compte, c'est nous qui sommes sur la glace. On s’est vraiment rallié en tant qu’équipe.

En temps et lieu

Adapte ou meurs.

C’est vrai pour les joueurs qui doivent suivre les enseignements de Bowness, mais ce l’est aussi pour l'entraîneur, qui a eu besoin d’évoluer afin de ne pas se déconnecter de la plus jeune génération.

Tu peux t'adapter à eux si tu apprends à les connaître et à les comprendre. Mais ça, ce n'est possible que si tu communiques.

Les Blue Jackets ont raté les séries au cours des cinq dernières saisons, mais leur véritable potentiel ressort enfin grâce à leur profondeur et à l’engagement de leurs meilleurs joueurs.

Quant à Bowness, il avait convenu avec Waddell qu’il s’agissait simplement pour lui d’un mandat temporaire. Or, les succès des Blue Jackets et l’adhésion des joueurs envers son style sont tels qu’on ne peut que s’interroger sur la possibilité qu’il poursuive l’aventure.

Ç'a été très agréable, a indiqué Bowness. Est-ce que je suis content d’être sorti de ma retraite pour faire ça? Absolument. Vous, vous associez ça aux victoires, mais pour moi, c’est lié à ce qui m’a le plus manqué, soit de travailler avec les joueurs et de passer du temps avec eux.

Je ne détourne pas mon attention de ce qu’on a à faire aujourd’hui et demain. On s’occupera de tout ça à la fin de la saison, quand ce sera le bon moment de s’en occuper.

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