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La Ville de Trois-Rivières a concrétisé 91 % des démarches inscrites à son plan de lutte contre l’itinérance, un enjeu prioritaire pour la municipalité, selon le Bureau du vérificateur général (BVG). Son rapport annuel, déposé mardi lors de la séance du conseil municipal, recommande également des changements dans la gestion du déneigement.
Itinérance
Ce sont 46 des 50 actions prévues en itinérance qui ont été réalisées par la Ville, d’abord dirigée par Jean Lamarche, puis par Jean-François Aubin après les élections municipales en novembre dernier.
Parmi les réalisations phares de 2025 figurent le maintien de la brigade de propreté, l’embauche de travailleurs de milieu supplémentaires, la réalisation de 250 heures de patrouille sur le terrain par l’escouade Nomade ainsi que l’accueil de 22 résidences artistiques.
Si le BVG confirme la réalisation de 91 % des actions par la Ville, il souligne toutefois qu’un meilleur suivi financier et une évaluation des résultats en fonction des objectifs poursuivis seraient profitables.
Un mécanisme structuré de suivi budgétaire par activité permettrait d’assurer une meilleure lecture des engagements de la Ville en soutien à la cohabitation sociale et à l’itinérance.
Il recommande également la mise en place d’un outil qui permettrait d’avoir une vue d’ensemble des appels de projets et des appels d’offres, des coûts et des sources de financement liés à l’itinérance.

En mai 2026, le Carré de la Fosse, au centre-ville, a été transformé en campement de personnes en situation d'itinérance. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Le vérificateur général estime qu’en 2025, la Ville aurait alloué près de 600 000 $ à l’itinérance et à la cohabitation sociale.
Pour 2026, les prévisions budgétaires que nous estimons en soutien à l’itinérance et à la cohabitation sociale sont de l’ordre de 708 300 $, sans tenir compte du coût des ressources humaines, non imputé au projet , ajoute-t-il.
Déneigement
Le déneigement occupe lui aussi une grande partie du rapport soumis par le BVG. Ce dernier s’interroge notamment sur la répartition des opérations de déneigement de la Ville. En 2025, ces opérations étaient exécutées à 80 % sous contrat et à seulement 20 % par les employés municipaux.
Avec un budget annuel de 21 M$ pour une population de 149 000 habitants, cela équivaut à une dépense de 140 $ par habitant, estime-t-il.
Afin d’optimiser la gestion des coûts, le Bureau du vérificateur général suggère d’abaisser la part des opérations effectuées en sous-traitance à 60 % et, idéalement, d’envisager une transition vers un ratio équilibré de 50-50.
Somme toute, le BVG estime que la Ville a mis en place les moyens nécessaires afin de mener efficacement ses activités de déneigement, dans un souci de protection de l’environnement, et ce, afin d’offrir les niveaux de service attendus quant à la mobilité et à la sécurité des citoyens .
Un des points clés soulevés par le BVG concerne la capacité de stockage des dépôts à neige, qui risque d’être insuffisante en cas d’augmentation des besoins.

La Ville de Trois-Rivières mesure la hauteur des buttes dans son dépôt à neige à l’aide d’un drone pour déterminer l’espace restant. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
La Ville de Trois-Rivières avait par ailleurs fait des représentations auprès du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) afin d’augmenter la capacité d’accueil autorisée des sites de dépôt à neige.
Le BVG recommande à l’administration trifluvienne de revenir à la charge auprès du MELCCFP, jugeant imminent le risque de surcharge en raison des précipitations hivernales et de l’augmentation de la superficie du territoire à déneiger.
De plus, il recommande d’améliorer la lisibilité des panneaux de signalisation à l’intérieur des sites de dépôt à neige. Après une inspection visuelle, le BVG a jugé la signalisation actuelle déficiente.
La Ville de Trois-Rivières a accueilli les recommandations formulées par le BVG.
Le BVG réitère sa demande de financement
Comme les années précédentes, le Bureau du vérificateur général demande à la Ville de Trois-Rivières d’augmenter son budget.
J’estime à 60 000 $ le montant du budget additionnel qui devrait m’être accordé, et ce, dans l’optique de me permettre d’exercer pleinement mes fonctions .
Selon lui, le financement insuffisant a réduit de quatre à deux le nombre annuel de missions d’audit et l’oblige à écarter certains examens nécessitant une expertise spécialisée. Il cite en exemple la gestion de l’eau et la cybersécurité.
Il demande donc au conseil municipal de lui accorder davantage que le montant minimum prescrit, interprété par le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Quel est le rôle du Bureau du vérificateur général?
Au Québec, les municipalités de 100 000 habitants et plus doivent avoir un vérificateur général. Son bureau examine la gestion des fonds publics, le respect des lois et des règles ainsi que l’utilisation économique et efficace des ressources municipales.
Indépendant du maire et du comité exécutif, le vérificateur général rend compte au conseil municipal. Ses audits permettent de relever les lacunes et de recommander des améliorations à la gestion et aux services offerts aux citoyens.


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