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Près du quart des adultes montréalais de 18 ans et plus (22,7 %) consacrent plus de quatre heures par jour à des activités de loisir sur différents écrans, que ce soit leur téléphone, leur tablette, leur console, leur télévision ou leur ordinateur; une augmentation de 6,9 points de pourcentage par rapport aux 15,8 % observés en 2018.
C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude publiée mardi par la Direction régionale de santé publique (DRSP) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Pour les fins de l'étude, le terme « temps d'écran de loisirs » représente le « temps passé à faire des activités de loisirs liés aux écrans, par exemple consulter les médias sociaux, visionner des vidéos, jouer à des jeux, etc. ».
L’utilisation intensive (plus de quatre heures de temps d'écran de loisirs par jour) est nettement plus répandue chez les jeunes de 18 à 24 ans (39,3 %) et chez les personnes âgées de 65 ans et plus (29,7 %). Les adultes âgés de 35 à 44 ans sont les moins susceptibles (12,4 %) d’utiliser leurs écrans de façon intensive pour les loisirs.
La proportion d’individus qui consacrent moins de deux heures par jour aux écrans dans leurs temps libres a aussi diminué : elle était estimée à 44,9 % en 2018, comparativement à 31,5 % en 2025.
Sans tirer la sonnette d’alarme, le chercheur de la DRSP et expert en hyperconnectivité Jean-François Biron, l’un des auteurs de l’étude, a été surpris de cette augmentation du temps d’écran pour les loisirs, particulièrement chez les personnes de 65 ans et plus.
L'utilisation intensive est associée à différents problèmes de santé. Chez les personnes aînées, il est important que les gens soient actifs cognitivement, et quand le temps d’écran dépasse certains seuils, ça vient nuire à leur capacité de faire d’autres activités, a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada.
Les recherches démontrent aussi qu’il y a une augmentation de l’embonpoint, une baisse de l’activité cardiovasculaire et une baisse de l’activité physique. Quand le temps d’écran est intensif, il y a des impacts sur plusieurs indicateurs.
Des différences selon les caractéristiques sociodémographiques
Selon les données de l’étude, l’utilisation intensive est aussi liée au revenu et au fait d’habiter seul ou non.
Par exemple, 42,3 % des répondants ayant un revenu annuel de moins de 25 000 $ rapportent une utilisation intensive de leurs écrans pour les loisirs, un pourcentage qui tombe graduellement selon l’augmentation du revenu, jusqu’à seulement 15,5 % chez les personnes ayant un revenu de 100 000 $ et plus.
Les personnes habitant seules rapportent une utilisation intensive dans une proportion de 34,2 % , contre 19,2 % chez les personnes qui n’habitent pas seules.
Sans grande surprise, l’utilisation intensive tend à diminuer selon la fréquence des activités physiques : 35,5 % des personnes s’adonnant à des activités physiques moins d’une fois par mois rapportent une utilisation intensive, contre 21,7 % chez celles qui en font de deux à sept fois par semaine.
Selon les auteurs de l’étude, ces résultats rejoignent la littérature actuelle sur le sujet : les personnes moins actives sont plus susceptibles d’être de grands utilisateurs d’écrans.
Réduire les méfaits plutôt que faire la morale
Autre donnée qui a surpris Jean-François Biron et ses collègues : l’expérience subjective des répondants par rapport au temps d’écran qu’ils consacrent aux loisirs.
Près de la moitié des répondants, soit 44 %, jugent que leurs habitudes numériques de loisirs ont des impacts plutôt ou très positifs sur leur sentiment de bien-être et leur qualité de vie, alors que 18 % d’entre eux jugent vivre des répercussions plutôt ou très négatives.
Les personnes de 65 ans et plus ont davantage tendance à percevoir leur temps d’écran comme étant plutôt ou très positif (59 %), alors que les jeunes âgées de 18 à 24 ans perçoivent des effets plutôt ou très négatifs dans une proportion de 45 %.
Ça nous montre que, quand on fait de la sensibilisation, il faut respecter l’expérience des gens, il ne faut pas leur faire peur ou leur faire la morale, a expliqué Jean-François Biron.
On est vraiment dans une perspective de réduction des méfaits, on veut les encourager à réduire leur temps d’écran, mais on ne peut pas faire la morale aux gens.
M. Biron lance toutefois une mise en garde par rapport à l’expérience subjective des gens quant à leur temps d’écran : les bienfaits perçus peuvent cacher les aspects plus négatifs d’une utilisation intensive.
Comme les appareils ont des dispositifs de captation de l'attention de plus en plus sophistiqués, on est plus susceptibles de tomber dans le piège et de vivre des effets négatifs sans nécessairement s’en rendre compte, a constaté le chercheur.
Avec les informations de Jean-Philippe Robillard


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