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Le service de premier répondant cesse à Launay après 25 ans d’existence

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Le service de premier répondant n’est plus offert à Launay depuis le 31 décembre dernier. Le comité d’urgence dit avoir pris cette décision crève-cœur faute de relève. La tâche est devenue trop lourde pour les quatre premiers répondants et deux répartiteurs, tous des bénévoles.

En l’absence d’un service d’incendie, ils sont les premiers appelés sur les lieux pour toute situation d’urgence à Launay. Ils ont joué un rôle essentiel pendant 25 ans dans la communauté de 200 habitants située à 35 kilomètres d’Amos.

Dans un petit village comme ici, c’est très important. Quand on sait qu’on est à une demi-heure d'Amos, on arrive chez le patient et on est là pour une dizaine de minutes. Quand l’ambulance arrive, on a déjà commencé à traiter le client. Avec la distance, c'est un besoin qui est essentiel. Ça va faire une différence… ça a fait une différence d’être là, estime Christian Sylvain.

Le président du comité d'urgence de Launay, Christian Sylvain, est premier répondant depuis 2007.

Le président du comité d'urgence de Launay, Christian Sylvain, est premier répondant depuis 2007.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Premier répondant à Launay depuis 2007, il est président du comité d’urgence de Launay depuis une douzaine d’années. Il a vu le nombre de bénévoles impliqués fondre avec les années, passant d’une vingtaine à tout juste une poignée de personnes.

On a essayé de recruter. Il y a des gens qui ont reculé dû à la formation, aux exigences. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’être premier répondant non plus. Des gens s'essayaient, puis s’apercevaient que ça ne marchait pas. Quand on en perd un dans un petit village comme on est, c’est dur de recruter. La relève était dure à trouver, explique M. Sylvain.

Le comité d'urgence a son propre local, derrière la salle municipale de Launay.

Le comité d'urgence a son propre local, derrière la salle municipale de Launay.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Devenir premier répondant requiert une formation initiale de 60 heures, puis un maintien des compétences de 16 heures par année. Toujours à titre bénévole. C’est souvent un frein au recrutement, croit Jinny Cossette, qui a joint l’équipe en 2014.

La formation, elle est indispensable. Elle doit être faite, c’est tout à fait normal. Mais quand vient le temps de recruter, c’est plus difficile. Ça fait reculer des gens.

Il y a quelques années, on était à 8 heures pour le maintien des compétences. On est monté à 12, et là ils me demandaient 16 heures annuellement. C’est un autre trois ou quatre soirs de formation, en plus de nos sorties, explique Jean-François Drouin, qui est infirmier dans la vie de tous les jours.

Une décision difficile

Dans le jour, il y avait rarement plus d’un premier répondant au village, parce que les autres membres de l’équipe travaillaient à l’extérieur. Or, il est recommandé de toujours être au moins deux personnes pour chaque intervention.

Jean-François Drouin est le dernier premier répondant à joindre le groupe, il y a environ trois ans.

Jean-François Drouin est le dernier premier répondant à joindre le groupe, il y a environ trois ans.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

D’autres contraintes sont aussi venues s’ajouter au cours des derniers mois, des obligations à remplir qui devenaient de plus en plus exigeantes. Québec veut aussi des ententes avec les municipalités, alors que c’est un service autonome et bénévole à Launay. La situation devenait intenable pour la petite équipe.

Ce n’est pas par gaieté de cœur qu'on a pris la décision. Ça nous a tous fait beaucoup de peine. Même si j'ai déjà vécu des affaires bien difficiles, en donnant des soins à des gens que je connaissais, des gens que j'aimais bien dans mon village. Même si des fois, ça n’a pas été facile, j'aimais ça encore m'impliquer. Puis, j'aurais aimé continuer d'être premier répondant, mais on n’avait pas le choix de la prendre, la décision, déplore Jinny Cossette.

Première répondante depuis 2014 à Launay, Jinny Cossette, était bien prête à continuer encore, mais pas avec une équipe aussi réduite.

Première répondante depuis 2014 à Launay, Jinny Cossette, était bien prête à continuer encore, mais pas avec une équipe aussi réduite.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

C’est sûr que c’est un choix déchirant. On ne l’a pas fait parce qu’on ne voulait plus le faire. On le fait parce que ce qui va autour de ce qu’on fait comme intervention est devenu plus lourd, plus difficile, renchérit Jean-François Drouin.

Un service apprécié

Mathieu Fortin rejoint le comité d’urgence de Launay en 2014. Ils étaient alors une douzaine de premiers répondants. Il trouve une grande fierté dans le fait d’avoir pu prêter secours à plusieurs concitoyens de Launay, mais aussi à tous les passants qui ont vécu des situations d’urgence sur le territoire du canton de Launay, entre Trécesson et Taschereau.

Mathieu Fortin montre sur une carte le vaste territoire couvert par le comité d'urgence, qui correspond au canton Launay.

Mathieu Fortin montre sur une carte le vaste territoire couvert par le comité d'urgence, qui correspond au canton Launay.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

On préparait l’entrée pour les ambulanciers. Si c’était enneigé, on déneigeait. On plaçait un véhicule sur les quatre clignotants. C’était tout un travail d’équipe. Et c’était apprécié aussi des autres instances, je pense. Les gens aussi. On se fait remercier par après ou même sur le coup, ils nous disent merci, raconte M. Fortin.

En étant dans un petit village, quand on sort dans une résidence, on connaît nos patients, on connaît les gens. Les gens nous connaissent. Et c’est rassurant pour eux de nous voir arriver. Je pense que les gens appréciaient ce côté-là, conclut Jinny Cossette.

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