Alors que le Rassemblement national et ses alliés n’en finissent plus de débattre sur la manière d’enterrer la dernière réforme des retraites, le premier ministre, Sébastien Lecornu, juge «préoccupant, grave même» l’état des finances publiques françaises. Vu de Genève ou de Lausanne, le paradoxe saute aux yeux: un parti qui se pose en future force de gouvernement dans un pays en crise des déficits peine à présenter une trajectoire budgétaire que les économistes puissent juger cohérente. Le Rassemblement national domine les sondages mais, dans les colonnes des chiffreurs, il reste un objet d’étude plutôt qu’un partenaire crédible.
Le cas d’école a une date. Le 23 octobre 2025, Marine Le Pen et le député Jean-Philippe Tanguy présentent leur contre-budget pour 2026: 36 milliards d’euros d’économies revendiquées, soit 50 milliards de dépenses en moins dont on retranche 14 milliards de baisses d’impôts. Ce qui fait près de trois fois plus d’économies que leur contre-budget précédent, celui pour 2025. Encore faut-il s’entendre sur ce précédent: le RN le chiffre aujourd’hui à 13,7 milliards, alors qu’il le revendiquait à 15 à l’époque. Un flottement qui en dit long sur la plasticité de l’exercice.


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