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Cela fait trois ans que la mesure était dans les tiroirs. À partir du jeudi 1er octobre, les protections hygiéniques réutilisables sont intégralement ou partiellement remboursées pour toutes les femmes de moins de 26 ans et pour les plus précaires. Près de 7 millions de personnes peuvent récupérer des culottes ou des cups menstruelles en pharmacie. Le gouvernement justifie le remboursement de ces produits par leur caractère « écologique ». Chez les étudiantes de l'université Paris Nanterre, la mesure convainc, mais pas totalement.
Tampons, serviettes, antidouleurs : avoir ses règles coûte cher. En France, une personne menstruée peut débourser 10 à 15 euros par mois. À l'université Paris Nanterre, l'épicerie solidaire offre une alternative aux étudiantes. « Ce qu'on propose aux bénéficiaires : on a des kits d'hygiène, des serviettes hygiéniques, des tampons, des culottes menstruelles... », égrène Yacinia, étudiante sur le campus mais aussi bénévole à l'épicerie. « On a des cups aussi ! Il ne nous en reste pas beaucoup, mais on en a », explique-t-elle.
Yacinia sait qu'ici, les prix défient toute concurrence. « C'est vraiment 20 centimes, 30 centimes… Par exemple, la boîte de tampons ou le paquet de serviettes hygiéniques, c'est 30 centimes, alors qu'en magasin, ça coûte beaucoup plus cher », détaille-t-elle.
Elle a appris que les culottes et les cups menstruelles seraient entièrement ou partiellement remboursées « sur les réseaux sociaux ». « Je trouve ça très intéressant et surtout très important, parce que vu le prix des culottes menstruelles et des cups, on ne peut pas se permettre de payer ça, encore moins quand on est étudiante », estime-t-elle. Avec la nouvelle mesure, Yacinia aimerait tester les culottes menstruelles, mais pas les cups, qu'elle ne sait pas utiliser.
Tout comme Isabel. « Moi, ce que j'avais entendu, c'est que c'était compliqué à gérer, la cup, quand on a une vie, entre guillemets, active, qu'on est étudiant ou qu'on travaille, etc., et que c'est bien quand on est à la maison », raconte-t-elle.
Pas convaincue par la mesure
Pendant leurs règles, les personnes menstruées utilisent encore largement des protections jetables. D'après l'association de lutte contre la précarité menstruelle Règles Élémentaires, les culottes et les cups représentaient moins de 10 % des produits utilisés en 2023. « C'est un réflexe d'aller à Carrefour et d'acheter un paquet de serviettes hygiéniques quand tu as tes règles, tu ne penses pas directement à prendre une cup ou une culotte menstruelle », reconnaît Isabel.
Catherine Athénaïs n'est pas convaincue par la mesure, qui ne la fera pas changer ses habitudes. « Je pense que c'est pas super super utile. Je vais majoritairement rester sur les tampons et les serviettes hygiéniques », tranche-t-elle.
Les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire pourront obtenir deux produits par an en pharmacie. « Deux protections par an, c'est pas des masses et ça ne va pas changer non plus grand-chose à notre vie. Moi, j'utilise pas de culotte ni de cup », juge-t-elle. Eya aimerait que la mesure aille plus loin. « Je pense qu'il devrait y avoir la gratuité de toutes les protections hygiéniques pour les femmes », plaide-t-elle.
En France, les associations de lutte contre la précarité menstruelle demandent un accès gratuit aux produits périodiques depuis plusieurs années. Pour l'heure, aucune mesure de ce type n'a vu le jour, ni en France ni ailleurs.
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