Quelque 85 000 signatures ont été déposées lundi à la Chancellerie contre l’accord de libre-échange entre l’AELE et la Malaisie. L’alliance contre la déforestation des forêts tropicales estime que cet accord met en danger la forêt tropicale et favorise le recours généralisé au travail forcé.
L’huile de palme provenant de Malaisie est particulièrement dans le collimateur de l’Alliance. Les besoins croissants en terres pour les plantations de palmiers à huile entraînent le déplacement des populations locales et le défrichage de précieuses forêts tropicales. Les droits internationaux du travail et les droits humains seraient en outre régulièrement bafoués dans ces plantations.
Les nouvelles règles relatives aux semences, contre lesquelles les petits agriculteurs malaisiens ont protesté, font également l’objet de critiques. Celles-ci les empêcheraient de multiplier leurs propres semences et ils craignent de devoir désormais acheter des semences auprès de grands groupes tels que Syngenta.
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Dans le cadre de l’accord de libre-échange avec la Malaisie, la Suisse subordonne la réduction de ses droits de douane sur l’huile de palme à la présentation d’une certification. Or, de telles certifications ne peuvent garantir ni la protection de l’environnement ni celle des droits de l’homme, ni des salaires permettant de subvenir à ses besoins, met en garde l’organisation non gouvernementale Public Eye (anciennement Déclaration de Berne), qui fait partie de l’alliance. Au contraire, il existe un risque important que les importations proviennent du travail forcé ou de la déforestation de la forêt tropicale.
En Suisse, l’huile de palme est principalement utilisée dans les aliments transformés, les produits d’entretien et les cosmétiques. Selon Public Eye, la baisse des droits de douane devrait entraîner une hausse des importations, ce qui aggraverait encore les problèmes liés aux droits de l’homme et à l’environnement dans ce secteur. Il faudrait donc au moins s’assurer qu’aucune huile de palme issue de la déforestation ou du travail forcé n’entre en Suisse.
Un «esclavage moderne»
A ce jour, la Malaisie n’a toujours pas ratifié le Pacte social des Nations unies, le Pacte civil des Nations unies ni diverses normes fondamentales du travail, déplore Public Eye. Ainsi, en raison d’une lutte insuffisante contre ce phénomène, le travail forcé s’est de plus en plus répandu en Malaisie ces dernières années: plus de 200 000 personnes ont été victimes de l’esclavage moderne en 2023. Les secteurs orientés vers l’exportation, comme celui de l’huile de palme, sont particulièrement touchés.
Pour le Département fédéral de l’économie (DEFR), l’accord renforce la sécurité juridique dans les relations économiques avec la Malaisie et améliore l’accès au marché malaisien pour les acteurs économiques suisses. De plus il réduit le risque de discrimination à l’égard des acteurs économiques issus de pays disposant également d’un accord de libre-échange avec la Malaisie.
Le référendum contre l’accord de libre-échange de l’AELE, approuvé en juin par le parlement, avait été lancé par une alliance regroupant des organisations de la société civile ainsi que le PS et les Vert·e·s. Si le référendum aboutit, le vote populaire devrait avoir lieu au cours du premier semestre 2027.
Outre la Suisse, l’Association européenne de libre-échange (AELE) comprend également la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. L’accord de libre-échange avec la Malaisie avait été signé en juin 2025 à Tromsø, en Norvège.


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