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Le reboisement des forêts publiques pourrait prendre du retard cet été

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Les travaux sylvicoles, comme la préparation de terrain, le reboisement et le débroussaillage, pourraient prendre du retard en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec. Une situation qui pourrait avoir des conséquences pour les entrepreneurs et leurs travailleurs ainsi que sur la remise en production des forêts.

C’est une impasse dans l’octroi des contrats en forêt publique par la société d’État Rexforêt qui fait en sorte que les entrepreneurs ne savent toujours pas quel sera leur carnet de travaux pour la prochaine saison.

Autant pour les contrats à long terme, qui représentent 70 % du budget annuel de travaux sylvicoles au Québec, que pour les contrats annuels qui comptent pour l’autre 30 %.

Alexandre Durand-Saddier pointe sur une grande carte de la région un endroit tout près de Senneterre.

Alexandre Durand-Saddier montre l'un des différents endroits où son entreprise effectue des travaux sylvicoles en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le problème, en ce moment, c'est un manque de prévisibilité. On est à deux mois du début des travaux, et on n’a aucun contrat de signé. On a des contrats à long terme qui sont d'une durée de six ans qui devaient être renouvelés cet hiver et le processus a été interrompu par l'Autorité des marchés publics. On est donc dans l'incertitude totale par rapport à savoir quel volume de travaux on va avoir l'été prochain, explique Alexis Durand-Saddier, président-directeur général de Plantations d’arbres M.M. (PAMM) à Amos.

Son entreprise emploie chaque année environ 130 travailleurs en saison forte pour reboiser 17 millions de plants d’arbres et débroussailler entre 2000 et 3000 hectares de plantations en forêt publique.

Normalement, on serait en train de finaliser nos équipes. Mais on ne sait même pas combien de monde il faut engager. Dans le garage, à côté, j’ai mes mécaniciens qui préparent la machinerie. On essaye de s'imaginer un peu ce que va être la saison, donc on se prépare pour une saison dite normale, mais ça va être quoi?

La situation pourrait s’avérer particulièrement problématique pour les travailleurs saisonniers, qui dépendent de l’assurance-emploi pour une partie de l’année.

Un technicien prépare le terrain pour des travaux de débroussaillage.

Un technicien prépare le terrain pour des travaux de débroussaillage. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté - Roxanne Deschênes/PAMM

Selon l’Association des entrepreneurs de travaux sylvicoles du Québec, l’impasse actuelle touche environ 150 entreprises et 6000 travailleurs. Les contrats à long terme représentent environ 90 M$ par année, alors que les contrats annuels s'élèvent à 50 M$.

Le temps presse

Selon Alexis Durand-Saddier, il est de plus en plus urgent de dénouer cette impasse, pour tous les entrepreneurs de travaux sylvicoles du Québec, dont les 30 de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Normalement, les équipes commencent à entrer en forêt vers la mi-mai.

En ce moment, tout le monde est inquiet à savoir si l’on va pouvoir commencer la saison. Puis, si on la commence avec du retard, on va nécessairement la finir avec du retard. À un moment donné, la neige arrive, alors on est limités dans le temps. Ça fait qu’il est fort possible qu'à la fin de la saison, s'il y a trop de retard, il y ait des plants qui se gaspillent quelque part dans les pépinières, fait remarquer Alexis Durand-Saddier.

De la machinerie transporte des plants sur des chemins de boue dans la forêt.

Des milliers de plants d'arbres sont transportés vers les sites de reboisement en forêt boréale.

Photo : Gracieuseté - Roxanne Deschênes/PAMM

C’est d’ailleurs ce qui était arrivé à l’été 2023, lorsque les grands feux de forêt ont privé les travailleurs sylvicoles d’un bon mois de travail. Les plants produits en pépinière, comme à Trécesson ou Guyenne, ne pouvaient être conservés pour une autre année.

Encore plus d’incertitude

Le budget déposé mercredi par le gouvernement du Québec apporte aussi son lot d’inquiétudes pour les entrepreneurs de travaux sylvicoles.

Ce qu’on entend, c’est que le budget risque d’être sensiblement le même que l’an dernier, mais on ne sait rien. Je pense qu’il faut s’attendre à une légère baisse, mais, si l’on considère l’indexation du coût de la vie, on s’en va vers une baisse des budgets, ce qui rajoute une petite couche d’incertitude pour la prochaine saison, confie Alexis Durand-Saddier.

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