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Le projet d’expansion de la mine de charbon Vista, à Hinton, approuvé sans consultation

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L'Agence de réglementation de l'énergie de l’Alberta (AER) a approuvé, le 20 juillet dernier, le projet d’expansion de la mine de charbon Vista, à Hinton. L’autorisation a été délivrée sans tenir d'audience publique, alors que plusieurs associations de défense de l’environnement dénoncent les impacts à long terme de ce projet sur les écosystèmes.

La plus grande mine de charbon thermique à ciel ouvert du Canada pourra s’étendre sur plus de 630 hectares vers l’ouest, aux portes du parc national de Jasper, dans les Rocheuses.

L’entreprise Coalspur, gestionnaire de la mine, prévoit d’augmenter la production annuelle de charbon de 10 à 15 millions de tonnes, qui sera ensuite transporté par train vers les ports de la côte Pacifique.

C'est un nouveau pas vers l’extraction des ressources naturelles fossiles alors que le Canada souhaite mettre fin aux exportations de charbon thermique d’ici 2030.

Un processus réglementaire allégé

Fin 2024, le gouvernement fédéral avait déjà refusé de mener une étude d’impact sur ce projet d’agrandissement, reléguant cette décision aux autorités provinciales.

L’AER a finalement accordé les permis finaux et estimé que des audiences publiques n’étaient pas nécessaires, précisent les documents publics (nouvelle fenêtre) (en anglais).

Tara Russell, directrice de programme à la Société pour la nature et les parcs du Canada (CPAWS) dans le nord de l’Alberta, s’est dite extrêmement déçue par ce mode opératoire.

Cela me semble être une prise en compte très limitée des préoccupations du public, en particulier des préoccupations environnementales, déplore-t-elle.

Avec l’Alberta Wilderness Association et d’autres organismes, elle a adressé une requête auprès de l’AER, invoquant les impacts environnementaux d’un tel projet.

On nous a simplement donné la possibilité de rédiger une déclaration exprimant nos préoccupations il y a un an et demi. Puis nous avons reçu une réponse et constaté que le projet avait été approuvé sans audience, raconte-t-elle.

De son côté, l’AER indique que le projet répond aux exigences provinciales, telles que la Loi sur la conservation du charbon, la Loi sur la protection et la valorisation de l’environnement ou la Loi sur l’eau.

Des risques environnementaux irréversibles

Les plans de travaux de la mine s'étendent sur les bassins versants de l'Athabasca.

Les associations de défense de l'environnement craignent une pollution accrue des cours d'eau, comme la rivière McLeod, et une mise en danger des espèces déjà menacées, telles que la truite arc-en-ciel de l’Athabasca.

L’AER soutient avoir mené une étude d’impact sur l’environnement avant de délivrer son autorisation.

L’examen a pris en compte les impacts environnementaux, sociaux, économiques et culturels de l’activité proposée et a évalué les plans de Coalspur visant à atténuer tout impact négatif qui en résulterait, a écrit l’agence par courriel à CBC/Radio-Canada.

Les mesures de compensation environnementale prévoient par exemple la mise en place d’une zone tampon de 100 mètres le long des habitats critiques afin de préserver les corridors faunistiques.

Mais elles sont insuffisantes pour Kennedy Halvorson, spécialiste de la conservation au sein de l’Alberta Wilderness Association.

Les délais prévus pour la régénération de l’écosystème sont très longs. Et à plusieurs endroits, ils reconnaissent que c’est une perte définitive. Il y a donc des tourbières et des zones touchées qui ne peuvent tout simplement pas être remplacées , souligne-t-elle.

Dans sa demande, Coalspur a reconnu que les opérations pourraient réduire complètement le débit à la source du ruisseau McPherson et a indiqué que les eaux usées issues des résidus miniers pourraient continuer à s’infiltrer dans le ruisseau pendant environ 11 à 160 ans après la fermeture de la mine.

Tara Russell exprime aussi ses doutes quant aux engagements annoncés pour limiter les impacts environnementaux, par exemple ceux qui concernent la truite arc-en-ciel de l’Athabasca.

La compensation de l’habitat et la surveillance de leur mortalité ne sont pas des mesures qui me donnent beaucoup d’espoir ou de confiance dans leur capacité à préserver ces truites indigènes dans nos rivières, admet-elle.

Ce projet d’agrandissement doit voir le jour d’ici la fin de l’année, et prolongera l’activité de la mine pour au moins 12 années supplémentaires.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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