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Le procès du milliardaire Frank Stronach s’ouvrira finalement le 12 février

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Le procès attendu du milliardaire Frank Stronach débutera jeudi prochain à Toronto. La défense a toutefois dans sa manche un plan pour faire suspendre indéfiniment les procédures. Elle accuse la Couronne d’avoir entraîné trois des sept plaignantes. L’homme d’affaires de 93 ans fait face à 12 accusations à caractère sexuel pour des faits qui remontent jusqu’aux années 1970.

L’avocate de la défense, Leora Shemesh, assure qu’elle veut aller de l’avant le plus vite possible, mais qu’elle ne pouvait pas le faire dans les circonstances actuelles.

Le procès a été reporté mardi après que la défense eut reçu de nouvelles informations dans ce dossier de part de la Couronne.

Frank Stronach près d’une porte du palais de justice à Toronto au 361, avenue University, le 3 février 2026.

Franck Stronach arrive au palais de justice de Toronto le 3 février 2026 pour le début de son procès avant qu’il ne soit reporté. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Me Shemesh a soutenu jeudi que ces informations étaient toutefois insuffisantes et qu’elles montrent, selon elle, qu’au moins trois plaignantes ont été entraînées à répondre aux questions lors du procès à venir.

Elle parle de révélations arrivées à la onzième heure et qui comprennent de nouvelles déclarations d’au moins trois plaignantes, lesquelles diffèrent beaucoup trop de leur déposition à la police en juin 2024.

L’avocate a indiqué qu’il était frustrant de recevoir des informations inédites que son équipe a dû examiner à la hâte.

Elle a donc déposé deux requêtes : la première pour obtenir plus d’informations de la Couronne et la seconde pour faire suspendre les procédures si la juge devait rejeter la première demande.

La juge se range du côté de la défense

Me Shemesh a mentionné qu’aucun nouvel élément de preuve n’avait été mis au jour de 2024 à 2026. Or, de nouvelles déclarations ont été formulées, selon elle, par certaines plaignantes entre le 13 et le 28 janvier 2026.

L’avocate a précisé que certaines de ces nouvelles déclarations faisaient référence à des preuves qui n’avaient jamais été citées auparavant.

De nouvelles informations ont été recueillies et acceptées à la suite d’une réunion préparatoire, explique-t-elle.

Me Shemesh a demandé à interroger un sergent de la police régionale de York qui a interviewé les plaignantes lors de plusieurs conférences préparatoires en compagnie des procureurs.

La Couronne s’y était opposée en faisant valoir que le détective pourrait être interrogé dans le courant du procès mais que son interrogatoire avant l’heure pourrait être préjudiciable.

Frank Stronach regarde de côté.

Frank Stronach est le fondateur de Magna International et du Groupe Stronach, une société de divertissement et d’immobilier. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Il n’existe en outre aucun fondement, selon la Couronne, aux allégations d’abus de procédure ou d’inconduite de sa part.

Après avoir entendu les deux parties, la juge Ann Molloy, de la Cour supérieure de l’Ontario, a accepté la requête de la défense d’entendre le policier en question.

Elle a rassuré la Couronne en affirmant que le témoignage du détective Gabe Di Nardo ne sera préjudiciable ni à la Couronne ni aux plaignantes.

La défense est en droit d’explorer cette avenue avant le début du procès en interrogeant le détective, dit-elle.

La juge ne s’est toutefois pas prononcée sur la requête de suspension des procédures, puisque la défense aura tout le loisir de la présenter à la fin du procès si elle n’est pas satisfaite du témoignage des sept plaignantes et si elle croit toujours qu’elles ont été entraînées lors des conférences préparatoires le mois dernier.

Témoignage d’un policier lié à l’enquête

Me Shemesh relève d’importantes omissions dans les allégations d’une plaignante en particulier entre ce qu’elle a dit à la police en 2006 et en 2024, pour des faits reprochés en 1991, et ce qu’elle a dit à la Couronne lors des consultations en janvier 2026.

On apprend que la femme aurait par exemple dit à la police qu’elle n’était plus certaines qu’elle avait été violée.

Nous l’avons seulement prévenue que la défense pourrait la contre-interroger à ce sujet lors de son témoignage au procès, explique le Sgt Di Nardo.

Le policier avoue candidement à la barre des témoins qu’il n’a pris en note que les éléments de l’interrogatoire des plaignantes qui lui semblaient importants et non tous leurs commentaires textuellement.

Le Sgt Di Nardo admet qu’il n’a pas relevé des détails que la défense juge importants comme la façon dont son client a invité cette plaignante en particulier dans sa chambre, voire s’il avait éjaculé après la présumée agression.

À la stupéfaction de Me Shemesh, le policier n’a pas été surpris par ailleurs d’apprendre durant ces conférences que deux des plaignantes étaient devenues amies sur les réseaux sociaux.

Seules leurs allégations au sujet de l’accusé comptaient dans cette affaire, répond-il.

Frank Stronach sur le siège passager dans une voiture.

Frank Stronach est accusé de 18 accusations d’agressions sexuelles s’échelonnant de 1977 jusqu’en février 2024, selon la police régonale de York. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Daigle

Après le bref contre-interrogatoire de la Couronne et le départ du sergent, Me Shemesh a demandé que le procès soit ajourné au 12 février. La Couronne ne s’est pas opposée à ce nouvel échéancier.

Me Shemesh a enfin soumis à la cour une dernière requête, à entendre à huis clos cette fois, avant le début des audiences.

Il s’agit d’une demande formulée en vertu de l’article 278 du Code criminel qui autorise la défense d’un individu accusé d’un crime sexuel de solliciter des informations au sujet de son accusatrice par l’intermédiaire d’un tiers (dossier médical, passé psychiatrique, casier judiciaire…) et pour lesquelles il existe des garanties en matière de protection de la vie privée.

Après avoir entendu les deux parties à ce sujet, la juge Molloy devra décider d’accepter ou non la requête de la défense avant le début du procès jeudi prochain.

On s’attend à ce que Frank Stronach plaide non coupable dès l’ouverture des audiences. Il a déjà nié toutes les allégations des plaignantes.

Le milliardaire doit ensuite subir un second procès, à Newmarket, plus tard cette année, pour six accusations plus récentes à caractère sexuel, concernant cette fois six plaignantes.

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