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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 20/09/2026 à 00h36

Dans ce groupe figure Adrien Guihal, un vétéran du jihad français ayant notamment revendiqué, au nom de l’EI, l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Passer la publicité Passer la publicitéSix jihadistes français vont être jugés à partir de dimanche en Irak, où des milliers de membres présumés du groupe État islamique (EI), de différentes nationalités, sont détenus en attente de leur jugement. Ce procès a été confirmé jeudi par une source judiciaire irakienne. Sans dévoiler leur identité, cette source a dit que ces six Français faisaient partie d'un groupe de 47 ressortissants français transférés en 2025 de la Syrie voisine, où l'EI avait pris le contrôle de vastes territoires à partir de 2014, avant d'être défait.
Dans ce groupe figure Adrien Guihal, un vétéran du jihad français qui a notamment revendiqué au nom de l'EI l'attentat de Nice (sud de la France), qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, jour de la fête nationale française. Des avocats français, prévenus de l'imminence d'audiences, ont exhorté Paris à rapatrier «de toute urgence» ces Français menacés d'un procès, et qui risquent la peine de mort. Dans un communiqué publié jeudi, ces avocats, Mes Marie Dosé, Matthieu Bagard, Victoire d'Humières, Pauline Gamba-Martini et Baptiste Vachon, ont également dénoncé l'opacité des procédures judiciaires menées en Irak, et l'impossibilité de représenter leurs clients, privés ainsi selon eux des droits de la défense.
Les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de «terrorisme», y compris des centaines de combattants étrangers de l'EI, dont certains capturés en Syrie et transférés de l'autre côté de la frontière. En 2019, ils ont condamné à mort 11 ressortissants français, dont la peine a été commuée en appel en prison à perpétuité. Des groupes de défense des droits humains ont dénoncé le caractère précipité de ces procès pour «terrorisme», les jugeant expéditifs et dépourvus de garanties procédurales.
Nombreux procès à venir
Les prisons irakiennes, déjà bondées de suspects de l'EI, comptent des milliers de détenus supplémentaires depuis leur transfert l'an dernier de Syrie. Début 2026, plus de 5.700 personnes d'une soixantaine de nationalités, soupçonnées d'appartenir au groupe jihadiste, ont été transférées en Irak après des années dans des camps du nord-est de la Syrie tenus par les forces kurdes.
Ce transfert avait été effectué par les États-Unis après le retrait des forces kurdes de cette région, sous la pression de l'armée syrienne qui s'y était déployée. Parmi les 5.700 personnes figuraient au moins cinq ressortissants français, dont certains étaient mineurs lorsque leurs parents ont rejoint l'EI. Début septembre, la justice irakienne a indiqué qu'elle avait achevé leur interrogatoire et qu'elle allait désormais pouvoir les juger.
Les investigations ont permis d'identifier plusieurs commandants de l'EI, dont de hauts responsables, ainsi que six personnes soupçonnées d’avoir réduit en esclavage des membres de la minorité yazidie, persécutée par le groupe jihadiste, selon la justice irakienne. Elle a ajouté que 457 Syriens devaient être remis à leur pays après que les investigations n'ont fait apparaître aucun élément justifiant des poursuites.
En avril, l'Irak avait remis deux détenus originaires de Finlande et des États-Unis à leurs pays respectifs après avoir établi qu'ils n'avaient pas été membres de l'EI. À la faveur de la guerre en Syrie (2011-2024), le groupe jihadiste s'était emparé de vastes pans de territoire dans ce pays ainsi qu'en Irak. Accusé de multiples exactions, il a été vaincu en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie, avec l'appui de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.


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