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Par Le Figaro avec AFP
Le 3 mai 2026 à 10h37
Le président Lai Ching-te devait initialement se rendre en Eswatini du 22 au 26 avril. Ce déplacement avait été reporté en raison, selon Taïwan, de pressions chinoises.
Passer la publicité Passer la publicitéLe président taïwanais, Lai Ching-te, a entamé samedi une visite officielle surprise en Eswatini, petit État enclavé d'Afrique australe et seul allié diplomatique de Taipei en Afrique, un déplacement récemment reporté en raison, selon Taïwan, de pressions chinoises.
Le président Lai devait se rendre en Eswatini du 22 au 26 avril. Il avait dû se résoudre à repousser son voyage après la révocation par les Seychelles, Maurice et Madagascar de leurs autorisations de survol «de manière inattendue et sans préavis» à la suite d'une «pression intense» de Pékin, selon la présidence taïwanaise.
58 années de relations diplomatiques avec l’Eswatini
«La visite, initialement prévue le 22 avril, a été reportée en raison de facteurs externes imprévus. Après plusieurs jours de planification minutieuse par nos équipes diplomatiques et de sécurité nationale, nous sommes arrivés sains et saufs aujourd'hui», a écrit samedi le président sur son compte Facebook.
Le président a vanté les 58 années de relations diplomatiques avec l'Eswatini et réaffirmé que «les 23 millions de Taïwanais ont le droit de s'ouvrir au monde et d'interagir avec lui», dans un discours prononcé samedi devant les autorités du royaume. «Et aucun pays n'a le droit, et aucun pays ne devrait jamais empêcher Taïwan d'apporter une plus grande contribution au monde», a-t-il ajouté.
L'Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, fait partie des 12 pays qui reconnaissent encore la souveraineté de Taïwan, tandis que la Chine a convaincu les autres de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei au profit de Pékin. «L'Eswatini est resté ferme face à diverses pressions diplomatiques et économiques», a relevé le président Lai dans son message sur Facebook. Le petit royaume est devenu le seul allié africain de l'île en 2018, lorsque le Burkina Faso a choisi de reconnaître la Chine au lieu de Taïwan.
«Tout cela est vain»
En réaction au déplacement de Lai, le ministère chinois des Affaires étrangères l'a accusé samedi de s'être livré à «une parodie d'évasion, façon passager clandestin», faisant de lui «la risée de la communauté internationale». La Chine l’a également qualifié de «rat».
Pékin considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et s'oppose à sa participation aux organisations internationales et aux échanges avec des pays tiers. Elle n'exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle. «Peu importe la manière dont les autorités (…) se concertent avec des forces extérieures (…) tout cela est vain et ne peut changer le fait que Taïwan fait partie de la Chine», ajoute le communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.
Dimanche après-midi, le président taïwanais et le roi doivent visiter près de la capitale le tout nouveau Centre international de conférence et un hôtel de luxe adjacent, dont la construction a été notamment financée par des prêts de Taipei.


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