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Le plongeur : Henri Picard, tête première en cuisine

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Francis Leclerc livre une adaptation tout en rythme du roman de Stéphane Larue

À la simple lecture du roman de Stéphane Larue, paru en 2016 et vite devenu un succès de librairie, cela était évident : on ne pouvait être qu’emporté par l’énergie fébrile, maladive, qui se dégageait de ces pages relatant le sort d’un jeune homme étudiant en graphiste qui, dans le Montréal de 2002, se retrouvait pris dans une spirale de dettes et de dépendance aux loteries vidéo. Rapidement, il n’aura plus le choix et devra accepter un petit boulot de plongeur dans un restaurant, ce qui lui fera découvrir un monde peut-être même encore plus poqué que lui.

Dès les premières minutes du film que tirait Francis Leclerc de ce roman en 2023, c’est d’ailleurs la même sensation qui prenait à la gorge. Dans les entrailles d’une cuisine, un montage ultraserré nous plonge dans l’ambiance d’un rush de service rugueux et vaguement malsain. Ça crie, ça tempête, ça bouscule…

Couplée à une bande sonore faisant revivre ce début rock et sale des années 2000, la mise en scène ne faillira pas une seconde, dopée tout au long à l’adrénaline.

Un jeune homme (Henri Picard) assis devant une table de jeu dans un casino.

Le plongeur, de Francis LeclercPhoto : Immina Films

Une audace dans le parcours du cinéaste. Car si les adaptations lui sont familières (Pieds nus dans l’aube, tiré du roman de son père, ou L’arracheuse de temps, adapté d’un conte de Fred Pellerin), rarement l’aura-t-on vu immerger son cinéma aussi creux, et de façon aussi anxiogène, dans un univers dont le dynamisme frénétique n’a d’égal que la détresse de son personnage principal.

Car c’est bien ce qui caractérise ce plongeur : une fuite en avant qui n’aura d’autre issue que de le confronter encore plus à son propre désespoir.

Sans misérabilisme et mettant de l’avant l’idée que le travail peut être tellement plus qu’un gagne-pain, Le plongeur s’attache donc à cerner la personnalité fuyante d’un jeune homme qui ne cesse de vouloir s’échapper (campé par Henri Picard, d’une sobriété hagarde assez attachante), tout en se donnant pour mission de décrire un milieu, aussi rude qu’exaltant : celui de la restauration.

Et à ce jeu, le film abattait également une carte maîtresse en nous faisant découvrir l’acteur Charles-Aubey Houde, d’une présence rare, qui rend le personnage du cuisinier Bébert aussi passionnant que profondément émouvant.

La bande-annonce (source : YouTube)

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