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Le pionnier des monts Groulx, Jacques Duhoux, s’éteint à l’âge de 89 ans

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« Tu le rencontrais et tu ne pouvais pas l’oublier », déclare le guide et voisin de Jacques Duhoux, Guy Boudreau. L’homme de 89 ans est décédé vendredi, au terme d’une vie qui l’a mené dans les Monts Groulx, un territoire qu’il a profondément aimé et contribué à faire connaître. 

Jacques Duhoux est en effet connu comme l’un des trois pionniers qui ont permis de faire découvrir ce secteur montagneux, situé entre Baie-Comeau et Fermont, tout près de l'œil du Québec. 

Originaire de Belgique, l'enseignant d’éducation physique a d'abord passé une partie de son enfance en Afrique, avant d'atterrir à Sherbrooke. Au Québec, il s’initie aux sports d’hiver et se lie d’amitié avec des amoureux de grands espaces et d’expéditions. Au tournant des années 1980, il découvre les monts Groulx en compagnie de Michel Denis, un autre guide expérimenté.

Un sommet enneigé.

Le massif des monts Groulx abrite une trentaine de sommets culminant à plus de 1000 mètres. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Ils ont trouvé dans les Monts Groulx, le Grand Nord, en miniature, rapporte Guy Boudreau.

Jacques Duhoux y érige son camp nomade. Une cabane sans électricité, sans eau courante, avec une bécosse en bois, qui ressemble un peu à une maison de Peter Pan, avec des fils, des crochets et des bibliothèques partout, raconte la cinéaste Lysandre Leduc-Boudreau, qui a tourné un documentaire sur son ami.

Jacques Duhoux lit un livre dans une cabane, alors qu'une femme le filme avec une caméra.

Jacques Duhoux dans sa cabane pendant le tournage du documentaire. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : Lysandre Leduc-Boudreau

Ce refuge devient le camp de base d’Aventure Nomade. Il y offre des expéditions en traîneau à chien et façonne ainsi l’histoire du tourisme d’aventure dans la région. 

Indissociable de Michel Denis, il travaille à l’aménagement et à l’accès du massif, en traçant les deux sentiers principaux existant toujours : le sentier Provencher et le sentier Jauffret.

Une force tranquille

Jacques Duhoux a marqué les nombreux visiteurs des Monts Groulx, tant par son charisme que par ses choix de vie. 

C’est un personnage inoubliable par sa stature, son regard, sa barbe, son mode de vie, témoigne Guy Boudreau qui aimait lui rendre visite. 

Homme de peu de mots, Jacques Duhoux incarnait la simplicité. Il vivait à contrepied d’une société qu’il jugeait consumériste, tournée vers la vitesse et la productivité.

Un homme âgé tape sur une machine à écrire à l'intérieur d'une cabane.

La vieille dactylo de Jacques Duhoux était le principal moyen de communication avec l'extérieur, lui qui vivait sans électricité et sans téléphone. (Photo d'archives)

Photo : Distribution Paraloeil

Jacques prenait le temps qu’il faut pour faire les choses, explique Lysandre Leduc-Boudreau. « C’était un avant-gardiste du zéro déchet », rigole-t-elle. « Il récupérait les poches de lait en sac de rangement, transformait une roue en support à épices, et surtout, confectionnait ses propres vêtements, avec sa précieuse machine à coudre. »

Ces choix, qu’il n’imposait à quiconque qu’à lui, forçaient le respect de ceux qu’il rencontrait. Jacques Duhoux ne cherchait pas à militer ou à changer les autres, selon Guy Boudreau.

Un point de vue que partage Lysandre Leduc-Boudreau. Une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de faire un film sur lui, c’était pour montrer que c’était possible de vivre comme on l’entend, de choisir la vie qu’on veut. 

Atteint de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années, Jacques Duhoux ne pouvait plus pratiquer les activités qu’il affectionnait, confie la réalisatrice. Son corps ne suivait plus, et il s’ennuyait. 

Il a choisi de partir avec l’aide médicale à mourir, embrassant sa liberté jusqu’au bout.

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