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Le photographe des stars, Jean-Marie Périer exposé pour la première fois au Festival Photo de La Gacilly

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C'est le grand photographe français des années 1960, de la grande vague musicale "yéyé". Rencontre avec Jean-Marie Périer, exposé au Festival Photo de La Gacilly cet été 2026.

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Jean-Marie PERIER à l'occasion du Festival Photo La Gacilly 2026

Jean-Marie Périer posant devant la « photo du siècle » réunissant 46 stars de la chanson. ©Charlotte LERAT

Par Emilie Jouvin Publié le 12 juil. 2026 à 6h00

Le Festival Photo de La Gacilly, qui se déroule du 1er juin au 4 octobre 2026, accueille les visiteurs autour du thème « 1826-2026 : La photographie, une aventure française ». Tout au long de l’été, nous vous proposons des portraits de photographe. Cette semaine, Jean-Marie Périer, célèbre photographe des stars des années « yéyé ».

Jean-Marie Périer, vous proposez une exposition intitulée « Mes années pop » au Festival photo de La Gacilly. Une première ?

« C’est la première fois que je viens effectivement, je ne connaissais pas du tout ! C’est une découverte complète et je trouve ce festival vraiment magnifique. C’est très rare, de voir ses photos mises ainsi en valeur dans la campagne, dans un environnement simple, chaleureux et sans prétention. »

Lorsque vous évoquez vos photos – prises dans les années 1960 – vous délivrez de nombreuses anecdotes. Vous semblez avoir une mémoire incroyable, vous vous souvenez de tout ?

« Non, je n’ai pas une mémoire incroyable, mais ça fait cinq ans que tous les jours, sur Instagram, j’écris un texte, avec une photo. Tous les jours ! C’est un très bon exercice pour la mémoire. À mon âge (86 ans, ndlr), il faut faire travailler la machine, sans ça, y’a plus rien qui fonctionne. Et puis on m’en parle tout le temps, de ces photos. Le nombre de gens qui me croisent dans la rue et me disent que je leur rappelle leur jeunesse ! »

Vous avez photographié un grand nombre de stars : Johnny Hallyday, Sheila, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Mick Jagger… Est-ce qu’il y a des rencontres qui vous ont particulièrement marqué ?

« Beaucoup m’ont marqué. J’avais 22 ans et physiquement j’en faisais 18. Eux, ils avaient tous 18/19 ans. Mais, il y a quand même des rencontres qui sortent du lot. Françoise (Hardy, ndlr), avec qui j’ai partagé quatre ans de ma vie et dont j’ai été proche jusqu’à la fin. Mais aussi son nouveau compagnon, qu’elle m’avait présenté après notre séparation : Jacques Dutronc. Je suis tombé à genoux devant ce type. Tous les chanteurs des années 60 étaient américanisés, avec des noms américains, des looks d’amerloques. Et ils chantaient des chansons américaines très mal traduites par des gens qui n’étaient pas Proust. Et lui s’appelle Dutronc et écrit en français avec un talent fou ! Beaucoup m’ont ému aussi, comme Sheila, qui ne partait de rien et s’est fait arnaquer avec son contrat. Elle a vendu des millions de disques et n’a jamais vu un rond ! J’étais aussi très proche de Johnny et Sylvie, dont j’étais un des témoins du mariage. Ils m’ont même emmené pendant leur voyage de noces ! C’est quand même fou, mais c’étaient ces rapports-là qui nous unissaient. »

Comment êtes-vous devenu le journaliste du mensuel Salut les copains ?

« Je revenais de la Guerre d’Algérie. C’est Daniel Filipacchi, avec qui j’avais fait des photos de jazz quand j’avais 16 ans en 1956, âge auquel j’ai arrêté l’école, qui m’a proposé de faire des photos pour un nouveau petit journal pour les mômes, dédié à la musique ! Tu penses, quand il m’a dit musique, j’ai sauté sur l’occasion, moi qui travaillais à l’époque pour Télé7jours et en avais ras le bol. »

La musique était votre première passion ?

« Oui, j’étais musicien quand j’étais petit. C’était ça ma vie. Je ne faisais que ça. Quand j’ai arrêté l’école à 16 ans, mon père m’a dit d’arrêter de perdre mon temps avec la musique. Je ne faisais que du piano, je composais. Au même moment, j’ai appris que j’avais un géniteur très bronzé, dont je ne prononce plus le nom. Je l’ai vu sur scène. Tout ce que je voulais faire était là, devant moi. Il avait beaucoup de talent mais, humainement il m’a beaucoup déçu, et j’ai décidé d’adopter François Périer, ce père qui m’avait lui aussi adopté des années plus tôt. J’ai refermé mon piano et je n’ai plus jamais fait de musique. »

Vous vous êtes formé à la photo ?

« Non. Je n’ai jamais suivi une formation et n’ai été inscrit dans aucune école. Que ce soit pour la photo ou le cinéma. J’ai pris une équipe et en avant ! J’ai tourné cinq films. Je n’étais pas un grand metteur en scène, mais je savais repérer les gens qui pouvaient vraiment faire quelque chose. Comme Dutronc, que j’ai fait tourner deux fois. Et il a fait 50 films après. »

Vous faites toujours de la photo ?

« Non, et ça ne manque pas. Cette expérience dans le monde de la photo a été une chance folle, mais fondamentalement, moi, il n’y a que la musique qui m’intéresse. Donc après, j’ai arrêté pour faire du cinéma. Et puis j’ai changé tous les 10 ans de vie par des rencontres. J’ai changé de métier, de pays, de femme ! À chaque fois je repars à zéro, et j’adore ça. »

Avez-vous la nostalgie de cette époque-là ?

« Évidement. Salut les copains c’est les plus belles années de ma vie. Mais, ça a été suivi par des années extraordinaires. Ma hantise était d’être dans un bureau, d’être salarié. J’ai échappé à ça et j’ai été libre. »

Parmi celles exposées à La Gacilly, avez-vous une photo coup de cœur ?

« Celle que je préfère, c’est celle de Dutronc avec le poisson et les écouteurs. Parce qu’elle n’a absolument aucun sens. Les mecs ont cherché à comprendre à l’époque ! Alors que c’était juste une connerie pour se marrer. On revenait d’un déjeuner dans le resto à côté de mon studio et on avait bien bu. En deux minutes, on fait cette photo avec une table blanche, un poisson et des écouteurs. »

C’est quoi une photo réussie pour vous ?

« C’est une photo qui se vend (rires). J’admire beaucoup les photographes qui ont l’œil et savent saisir un instant. Ce que moi je ne faisais pas du tout, puisque je savais ce que je voulais à l’avance, et tout était mis en scène. Je ne me suis jamais considéré comme un grand photographe, je suis juste un mec qui a eu un bol d’enfer de rencontrer un type comme Filipacchi qui a changé ma vie. »

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