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Exceptionnel, ce documentaire offre sur France 5 une immersion dans la dure réalité de 40 millions de femmes, d’hommes et d’enfants.
« J’adore mon village. Il est magnifique. Il y a des animaux, des arbres, des montagnes, des pâturages et plein de gens différents. Il y a aussi des écoles, des madrasas, des ballons de foot. Des séries turques qu’on regarde sur le téléphone où des combattants tuent des infidèles. Ma couleur préférée, c’est le blanc, parce que c’est la couleur du drapeau de l’émirat islamique », dit le petit garçon en préambule du documentaire Le Pays taliban .
Fils de taliban, élevé dans un village de montagne du sud de l’Afghanistan, loin de la pécheresse Kaboul « où les femmes, ajoute-t-il, sourient en montrant leurs dents », il est destiné par son père à devenir un bon soldat de dieu, à refaire le djihad et à sacrifier sa vie s’il le faut. Le rapide portrait du jeune Abou ouvre le récit de cinq années d’un régime intégriste promulgué en août 2021 par les moudjahidins, autrement appelés les « maîtres des campagnes ». L’émirat islamique d’Afghanistan est aujourd’hui solidement installé. Bien que le pays soit ruiné, bien qu’à nouveau sous les bombes, de Kaboul à Kandahar, son administration fonctionne. Et les lois, même les plus autoritaires, sont strictement appliquées. Les uns survivent, parvenant, ici ou là, à prendre quelques libertés. Les autres se réjouissent, y voyant une unique et incontestable planche de salut. Mais tous vivent désormais isolés du reste du monde. Comme le montre le documentaire, fruit d’un long et dangereux périple à travers le pays, recueil d’images superbes et de commentaires édifiants.
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Soixante décrets liberticides
Tels ceux de l’enfant, de son père, de l’ancien ambassadeur de l’Union européenne Jean-François Cautain, de ce journaliste trop soucieux de son rôle de soutien familial pour trouver le courage de s’opposer frontalement, ou de ce pharmacien qui permet en secret la transmission du savoir des sages-femmes, désormais interdites, dans un pays ou les hommes n’ont droit de toucher qu’à leurs épouses et où la mortalité périnatale est l’une des plus élevées au monde. « Comment peut-on les traiter comme ça alors que ce sont elles qui nous donnent la vie ? », s’interroge-t-il.
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En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, ce documentaire diffusé sur France 5 s’attache à rappeler ce qu’il en est aujourd’hui d’être afghane. Être afghane, c’est être privée d’instruction, de métier, de vie sociale, de disposer de son corps, de sortir seule dans la rue, de parler à voix haute en dehors de la maison et, bientôt, de regarder par la fenêtre… Une soixantaine de décrets, tous liberticides, les ciblent exclusivement. Il rappelle aussi que tous les Afghans ne sont pas des lâches ou des talibans. La plupart sont les prisonniers d’une dictature théocratique qu’ils n’ont pas vue venir et vivent muselés par la peur des représailles. Il montre enfin un pays de paradoxes, miné par l’édiction de règles aussi contradictoires que changeantes, et ravagé par la pauvreté. Enfin, il offre une immersion sans précédent au cœur de la réalité de 40 millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Le film est signé de Solène Chalvon-Fioriti, grande reporter, correspondante à l’étranger et spécialiste de l’Afghanistan auquel elle a consacré plusieurs récits et documentaires.


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