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Après le naufrage d’un navire au large de Vancouver dimanche, des professionnels de la navigation en mer estiment que des rappels sur la sécurité sont nécessaires.
Elizabeth Zygmunt, responsable de la branche vancouvéroise de l’organisation NautiSavoir, une organisation à but non lucratif qui fait la promotion des règles de sécurité en mer, dit avoir été horrifiée lorsqu’elle a entendu parler du naufrage.
Ce bateau, qui comptait 10 passagers, a sombré en quelques minutes après avoir quitté Richmond à destination de l’île Saturna. Mardi, six passagers étaient encore portés disparus alors que quatre avaient été secourus lors d’une importante opération de secours.
Le fait qu'aucun d'entre eux ne portait de gilet de sauvetage était sans doute le pire, pense Elizabeth Zygmunt. S'il y avait bien une chose qui aurait pu améliorer un peu la situation, c'est probablement le fait qu'ils aient porté des gilets de sauvetage.
Lundi, le major Gregory Clark du Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage de Victoria avait confirmé des témoignages évoquant l’absence de gilet de sauvetage sur les quatre survivants.
Au Canada, les embarcations doivent compter un gilet de sauvetage par personne, mais le porter relève d’une décision personnelle, explique Cedric Torres, propriétaire d’une école de voile et instructeur de voile spécialisé dans la prévention des risques en mer.
J’ai toujours le gilet de sauvetage sur moi, explique le jeune homme. Il y a des gens qui pensent que c’est un peu extrême, mais c’est une étape de moins si jamais quelque chose arrive, ajoute-t-il depuis la cabine de son voilier.
Cedric Torres et Elizabeth Zygmunt rappellent que ces gilets de sauvetage doivent être accessibles facilement.
Cedric Torres insiste sur la nécessité de prévoir un plan d’action en cas d’urgence sur le bateau. Je pense que le monde ne pense pas à ce qui arrive sur le bateau s’il se met à couler ou s’il y a un feu, raconte-t-il en expliquant qu’avant chaque sortie en mer, il prend le temps de s’assoir avec ses passagers pour faire le point sur différents scénarios d’urgence possible.
Ce dernier déplore aussi une culture de bateau/alcool. On pense à sortir l’été sur un bateau une belle fin de semaine au mois d'août et on se dit que l’alcool fait partie de l’image, regrette-t-il. Cedric Torres rappelle que le capitaine, la personne responsable du bateau, n’a pas le droit de consommer de l’alcool ou du cannabis.
J'ai déjà entendu certaines personnes dire qu'elles n’ont jamais été à bord d'un bateau sans consommer de l'alcool.
On a tendance à se dire : ''Bon, c'est un bateau. On va sur l'eau, on met le moteur en marche et c'est parti'', mais être sur un bateau, c'est comme être en voiture. Il faut quand même connaître le Code de la route ou les règles de navigation, et il faut faire attention, abonde Elizabeth Zygmunt
L’hypothermie, un risque bien réel même en été
Selon Pêches et Océans Canada, la température des eaux de surface dans le détroit de Géorgie oscille entre 15 °C et 17 °C en été, soit une vingtaine de degrés de moins que la température corporelle moyenne d’une personne.
Dès les premières minutes d’immersion dans l’eau, le corps humain entre alors en choc thermique. À partir d’une demi-heure, la température de l’eau entraîne la diminution de celle du corps, c’est l’hypothermie, et une diminution des capacités physiques qui limite la possibilité de nager.
Les capacités physiques et intellectuelles se détériorent très rapidement, témoigne Cédric Torres. J’ai déjà fait des simulations dans lesquelles je suis resté dans l’eau 5 ou 10 minutes, faire des mathématiques de 2e ou 3e année devient de plus en plus difficile après ce temps-là passé dans l’eau, explique-t-il.


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