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Restauré au coût de 50 millions de dollars, le mont Boullé, sur l’île Sainte-Hélène à Montréal, propose à compter de vendredi une programmation d’activités hivernales. Les visiteurs pourront à nouveau monter dans la tour de Lévis, inaccessible depuis plusieurs années, et pratiquer différents sports sur le site qui a été réaménagé et végétalisé. D’autres volets du plan de développement du parc Jean-Drapeau, lancé en 2021, sont toutefois retardés comme ceux du pavillon Hélène-de-Champlain et de la place des Nations.
À compter de vendredi, les visiteurs pourront louer des équipements tels que des raquettes ou des vélos à roues surdimensionnées pour parcourir les sentiers qui ont été réaménagés. Le secteur du mont Boullé permet aussi la pratique du ski de fond et le patin sur le sentier de glace avec vue sur le fleuve.
Le site a fait l’objet d’importants travaux au cours des dernières années, dont la restauration de la Tour de Lévis comportant un escalier de 157 marches que les visiteurs pourront gravir afin d’obtenir une vue panoramique sur Montréal. « La tour, qui peut recevoir 85 personnes, pourra aussi être mise en location pour la tenue d’événements ou de mariages », indique en entrevue Véronique Doucet, directrice générale de Société du parc Jean-Drapeau (SPJD).
Les étangs de la Grande Poudrière ont aussi été restaurés et dotés de bassins drainants. La SPJD a profité de l’occasion pour reverdir tout le secteur et le boisé avec l’ajout de 27 000 végétaux, et la création d’un corridor écologique pour préserver les boisés. Les sentiers qui ont été réaménagés sont désormais mieux balisés.
Des échéanciers repoussés
La restauration du mont Boullé fait partie d’un vaste plan de conservation, d’aménagement et de développement du parc dévoilé en 2021 par l’administration de Valérie Plante au coût estimé de 970 millions de dollars. Plusieurs travaux tels que la restauration du pavillon des activités nautiques ont été réalisés, mais d’autres devront attendre un peu, admet Véronique Doucet. Ainsi, son organisation est toujours à la recherche d’un partenaire privé pour exploiter un restaurant « qu’on souhaite gastronomique » au pavillon Hélène-de-Champlain, fermé depuis 2010. De façon complémentaire, le bâtiment pourrait aussi accueillir un commerce de type casse-croûte, souligne Mme Doucet.
Quant à la réfection de la place des Nations, qui a fait l’objet de retards en raison notamment d’un litige avec les architectes et ingénieurs sur le coût des travaux, son échéancier est repoussé de plusieurs années. Véronique Doucet indique que sa vocation sera revue, compte tenu de la construction prévue de milliers de nouveaux logements à la Cité du Havre, tel que prévu dans le plan de développement du secteur Bridge-Bonaventure. Mme Doucet souligne que la place des Nations pourrait jouer un rôle de « parc de proximité » pour les futurs résidents du secteur.
Le plan directeur du parc de 2021 prévoyait aussi une réduction massive du nombre de places de stationnement et l’interdiction de la circulation automobile dans le secteur. La question du stationnement et de la circulation automobile demeure un « défi », admet Véronique Doucet, mais, au cours des dernières années, la SPJD a tout de même éliminé 330 des quelque 8990 cases de stationnement que compte le parc avec des mesures de verdissement.
Stratégie financière revue
Il y a cinq ans, le coût de réalisation du plan directeur était estimé à 970 millions de dollars, mais la facture s’annonce plus élevée et avoisine désormais 1,2 milliard. « Le temps passe, et il y a l’inflation », indique Véronique Doucet. L’état de dégradation de certains bâtiments s’aggrave avec le temps, ajoute-t-elle.
Le financement demeure un défi. Dans son dernier programme décennal d’immobilisations, la Ville de Montréal a repoussé certains investissements après 2028 en raison des restrictions budgétaires. Et les négociations avec les autres ordres de gouvernement doivent se poursuivre. Véronique Doucet indique que la SPJD a toutefois revu sa stratégie afin de diversifier ses revenus en misant sur des partenariats avec le secteur privé. « Mais on ne deviendra pas un centre d’achats », assure-t-elle.


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