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Le ministre fédéral de la Défense, David McGuinty, a écarté toute idée d’engager les Forces armées canadiennes sur les lignes de front du conflit au Moyen-Orient. Une position qui contraste avec celle du premier ministre, Mark Carney, qui, il y a quelques jours, avait laissé la porte ouverte à une éventuelle implication.
« Le gouvernement n’envisage pas de mener des opérations offensives. Ce n’est pas quelque chose que nous considérons, ni quelque chose qui nous a été demandé. Nous n’avons pas été approchés par les autorités responsables de cette guerre, ni par Israël ni par les États-Unis, et nous n’avons aucune intention de donner suite à ce sujet », a tranché le ministre McGuinty lundi soir, dans le cadre d’un débat d’urgence sur le conflit à la Chambre des communes.
La semaine dernière, le premier ministre Mark Carney avait précisé qu’il n’était pas question pour le moment de participer directement, mais était resté vague sur une implication future des troupes. « On ne peut jamais exclure catégoriquement une participation. Nous soutiendrons nos alliés lorsque cela sera approprié », avait-il déclaré lors de son passage à Canberra, en Australie.
Le ministre McGuinty a toutefois précisé que l’aide que le Canada pourrait offrir serait de nature « civile ». « Nous pourrions soutenir les États voisins, si notre aide nous est demandée, notamment pour des enjeux liés aux systèmes d’eau, aux usines de désalinisation, à l’électricité et à d’autres défis auxquels cette région est confrontée », a-t-il déclaré en réponse aux questions de l’opposition.
Le Canada pourrait aussi fournir des services de renseignements, a-t-il ajouté.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, qui s’exprimait au nom du premier ministre en son absence, a elle aussi déclaré que le gouvernement n’avait « aucune intention de participer » aux frappes menées par Israël et les États-Unis.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a qualifié ces nouvelles précisions de « conversion tardive, mais enfin claire ». « Le Canada étant membre de l’OTAN et du G7, ça aura été long avant qu’on comprenne ! », a-t-il lancé sur le parquet de la Chambre des communes, tout en ajoutant que le pays n’est toujours pas « à l’abri de nouveaux changements de position ».
Un débat qui tombe à plat
Le débat « exploratoire » sur la guerre qui secoue le Moyen-Orient est tombé quelque peu à plat en l’absence du premier ministre, Mark Carney, qui a boudé l’exercice lundi soir.
Les partis d’opposition cherchaient à obtenir des clarifications sur ses prises de position concernant le soutien du Canada aux frappes américaines et israéliennes. Le premier ministre est sous le feu des critiques pour ses déclarations contradictoires depuis le début de la guerre.
Lundi soir, le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a affirmé qu’il soutenait la position initiale de Mark Carney sur les frappes aériennes et a regretté le manque de cohérence dans la position canadienne. Il a aussi accusé le premier ministre de « se cacher ». « En cette période de crise, les Canadiens méritent de savoir quelle est la position du premier ministre », a-t-il déclaré.
Même son de cloche pour le chef bloquiste, Yves-François Blanchet : « Certaines présences auraient certainement contribué à clarifier et rassurer, et c’est une fonction fondamentale qui vient avec certains titres », a-t-il déploré.
Mark Carney ne répondra visiblement pas davantage aux questions mardi, aucun événement n’étant prévu à son agenda. C’est normalement le jour de la semaine où il préside une réunion avec les membres de son cabinet et s’adresse aux journalistes, mais la rencontre a été « repoussée » sans explication.


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