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Les organismes communautaires de la Côte-Nord se sont mobilisés sous la bannière du mouvement « le communautaire à boutte » mardi, à Sept-Îles, pour faire valoir leurs revendications en pleine campagne électorale.
Armés de trompettes, de mégaphones et de pancartes bien en vue, une vingtaine de manifestants ont occupé l'intersection du boulevard Laure et de la rue Smith pour une action menée en soutien au grand rassemblement qui se tenait en même temps à Trois-Rivières.
Sur place, le message est clair : les participants affirment que le mouvement communautaire et ses revendications restent les grands oubliés de cette campagne électorale.
Selon la directrice d’Autisme Côte-Nord, Audrey Lefebvre, cette réalité est évidente sur le terrain. L’organisme couvre presque l’entièreté du territoire avec seulement deux employées et obtient moins de 200 000 $ de financement par année.

D'après Audrey Lefebvre, il est essentiel de se mobiliser pour se faire entendre.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
C’est des pinottes pour la panoplie de services qu’on offre et qu’on veut offrir aussi, souligne-t-elle. Le réseau de la santé déborde et souvent, les gens viennent cogner à nos portes pour du soutien. On veut leur en offrir, mais malheureusement, la réalité est que, financièrement, on n’y arrive pas.
Julie Rousseau, intervenante et agente de mobilisation pour À la source Sept-Îles, constate elle aussi cette situation. Elle explique que l’organisme peine à maintenir son hébergement pour les femmes venant accoucher dans la région, ce qui l'empêche d'offrir d'autres services à la population.

Mélanie Martel et Julie Rousseau restent solidaires envers la cause, malgré les situations difficiles.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Il faut toujours faire des choix déchirants. Il faut toujours justifier pourquoi on veut de l'argent. On est souvent vus comme des solliciteurs, comme des "maringouins", mais câline! On le fait pour vous autres, on le fait pour la population, déplore-t-elle.
Un défi de rétention
Ce constat d'épuisement dépasse d'ailleurs les employés actuellement en poste.
Présente au rassemblement pour appuyer le mouvement, Mélanie Martel a œuvré pendant 30 ans dans le milieu communautaire, dont les 15 dernières années au CALACS de Sept-Îles. Elle a fait le choix de quitter son emploi en juin dernier, confrontée à une pénurie de personnel où seulement trois ou quatre personnes devaient couvrir la moitié du territoire régional et accomplir l'ensemble des tâches connexes.

« Même si on est à boutte, on garde le sourire », clâme Mélanie Martel, mégaphone en main.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Je suis vraiment partie par épuisement, pas parce que je n’aime pas la cause, confie-t-elle. Ce n'est pas juste un slogan, ça amène les gens vraiment à bout. Je ne me voyais pas faire une année de plus, j'aurais terminé en maladie.
Même si elle a quitté le réseau, elle estime qu'il est crucial de se mobiliser et d'appeler les électeurs à faire entendre leur voix aux urnes pour défendre la justice sociale et les services publics essentiels de la Côte-Nord.


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