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La bibliothèque de Red Deer met l’accent sur l’accueil du public itinérant dans la formation de son personnel et le recrutement de ses agents. Selon sa directrice, la période hivernale, ainsi que la fermeture d’un centre d’accueil, entraînent une augmentation des personnes sans-abri dans ses locaux.
Nous avons vraiment changé le profil des personnes que nous recherchons lorsque nous recrutons, et nous accordons beaucoup plus d'importance à la capacité à travailler avec le public, explique Shelley Ross, directrice de la bibliothèque municipale de Red Deer.
Les défis liés à l’itinérance, à la dépendance ou encore à la santé mentale ne sont pas nouveaux et concernent l’ensemble du Canada.
Selon Mary Chevreau, la directrice générale du Conseil des bibliothèques urbaines du Canada, les étudiants en bibliothéconomie ne sont pas préparés à ces défis qui les attendent après l'obtention de leur diplôme.
Il faut désormais leur enseigner comment soutenir toute une communauté, et pas seulement les amateurs de livres.
Aujourd’hui, cette formation est assurée par les bibliothèques comme celle de Red Deer, qui dispense des cours pour les premiers secouristes ainsi qu’un programme appelé « Académie des sans-abris ».
Mary Chevreau observe la mise en place de ce type de formation dans tout le pays.

Shelley Ross est directrice de la bibliothèque de Red Deer depuis 8 ans. Selon elle, les personnes itinérantes ne devraient pas se sentir «sans-abri» lorsqu'ils entrent dans ce lieu.
Photo : Lina Elsaadi
Un engagement non valorisé
Bien que de nombreux bibliothécaires soient sensibles à la problématique de l’itinérance, le travail qu'elles font en ce sens ne relève pas officiellement de leur mandat, ils ne sont donc pas payés pour cela.
Nous ne recevons pas de financement pour embaucher un travailleur social, affirme Mary Chevreau, ajoutant: Nous utilisons donc notre budget destiné au personnel. À un moment donné, il faudra faire des concessions si ces fonds continuent d'être affectés au soutien d'une autre communauté.
Elle demande à ce que les organismes sociaux soient financés pour répondre à ces défis, car ce sont les plus compétents en la matière.
C'est un rôle que nous avons endossé par nécessité, car il n'y a rien d'autre ni aucun autre endroit disponible.
La Ville de Red Deer a annoncé en décembre dernier un financement de 150 000 dollars pour accroître la disponibilité des refuges de jour. Elle dit aussi travailler à la création d’un refuge permanent, en plus de lancer un appel d’offres pour trouver un exploitant.
Toutefois, pour Bobby-Jo Stannard, responsable des affaires communautaires à la Ville de Red Deer, ces financements n’empêcheront pas les sans-abris de continuer à fréquenter la bibliothèque.
Souvent, les gens ne recherchent pas seulement un endroit chaud où se réfugier, mais aussi un lieu où il y a une communauté, et la bibliothèque est un endroit idéal pour cela , affirme-t-elle.
Avec les informations de Lina Elsaadi


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