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Pour que les États-Unis et l’Iran soient sur le point de signer le « mémorandum d’Islamabad » [1]" il a dû se produire quelque chose de très grave lors des escarmouches les plus récentes autour du détroit d’Ormuz : l’abattage sous drapeau réel ou sous faux drapeau d’un hélicoptère états-unien dans les eaux iraniennes ; la destruction de deux réservoirs d’eau en Iran ; les bombardements iraniens de bases US à Bahreïn/Koweït/Jordanie avec probablement la destruction d’une base d’avions F-15 ; la fermeture complète du détroit d’Ormuz ; la hausse des prix des hydrocarbures et la baisse des marchés boursiers, etc.
À mon avis, les deux facteurs les plus graves au vu des allers et retours entre les États-Unis et l’Iran étaient la chute des marchés boursiers, avec la hausse des hydrocarbures et la destruction de deux réservoirs d’eau iraniens [2]. Il est clair que les deux puissances nucléaires, l’une majeure (les États-Unis) et l’autre moyenne (Israël), sont militairement supérieures à l’Iran, qui se défend grâce à sa « guerre asymétrique » réussie.
La Brookings Institution soutient que « c‘est l’eau, et non le pétrole, qui est la ressource la plus précieuse du Moyen-Orient » [3]”. Dans mon entretien avec la chaîne espagnole NegociosTV, j’ai soutenu que parmi les « guerres invisibles multidimensionnelles » qui se sont condensées dans le détroit d’Ormuz les guerres de l’eau [4] figurent en bonne place”.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, commente que « Téhéran reste pessimiste quant aux échanges diplomatiques avec les États-Unis en raison du bilan de Washington, qui revient régulièrement sur ses engagements [5]”. L’ancien diplomate britannique Alastair Crooke souligne le poids à la fois de la « crise économique au bord du gouffre » aux États-Unis et le poids de la « défaite stratégique » d’Israël [6].
Les trois phases de la guerre régionale se sont additionnées dans le détroit d’Ormuz : militaire/géoéconomique/géofinancière. Le quotidien britannique The Telegraph, très hostile à l’Iran, fait état de fuites selon lesquelles les Émirats arabes unis rendraient à l’Iran une partie de leurs fonds saisis en échange de l’arrêt des bombardements [7].
Pendant ce temps, l’ancien commandant de la marine israélienne, Eliezer Marom, déclarait : « Nous avons vu ce que les missiles iraniens peuvent causer, aussi limités soient-ils » dès lors que « les dégâts en Israël sont énormes ». Eliezer Marom a ajouté qu’une partie importante de ces dégâts « n’est pas visible pour les Israéliens, à cause de la censure militaire [8]”.
Parallèlement, le célèbre géopoliticien et universitaire de l’Université de Chicago, John Mearsheimer, a averti : « Israël est capable de lancer une attaque nucléaire contre l’Iran s’il perd la guerre » et propose comme « seule solution de désarmer Israël... ou d’en finir complètement avec son existence », car « le monde ne peut accepter un fardeau aussi lourd » [9]”.
Theodore Postol, universitaire éminent au MIT et ancien conseiller du Pentagone, déclare : « Israël est la plus grande menace nucléaire au Moyen-Orient ; les Iraniens sont dans une position prépondérante pour causer du tort à Israël » par « toute une génération de nouveaux missiles ininterceptables », au point que « la survie d’Israël pourrait finir par être remise en question [10]”.
Tucker Carlson, le commentateur télévisé le plus regardé aux États-Unis, souligne que Trump, pour qui il avait été un propagandiste généreux pendant la campagne, se trouve pris en otage par Israël et ne parvient à exécuter que les instructions de Netanyahou, lequel est capable de saboter tout arrangement entre les États-Unis et l’Iran [11].
Le journal francophone libanais et anti-Hezbollah L’Orient Le Jour se demande si l’accord de Trump avec l’Iran constitue « une irruption diplomatique ou une simple trêve régionale » alors que « entre menaces militaires et diplomatie, le projet de mémorandum cherche avant tout à éviter un nouvel incendie mais sans régler les différends fondamentaux [12]”. L’Orient Le Jour est plus enclin à y voir une « trêve » – coïncidant peut-être avec la durée de la Coupe du Monde de 39 jours — alors que la « performance souhaitable pour l’application du mémorandum » serait de 60 jours.
Source
La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.


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