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Malgré des efforts pour augmenter le nombre d'infirmières dans le système de santé, le Manitoba perd l’équivalent de plus de la moitié des personnes embauchées, indiquent des documents obtenus par CBC à travers une demande d’accès à l’information.
Pour 100 infirmières ou infirmiers embauchés, 57 quittent le système de santé de la province, indiquent des chiffres obtenus de la province.
Selon ces documents, la province a recruté 1697 infirmières dans le système de santé publique entre avril 2024 et mai 2025 et en a perdu 962. Le gain net s’élève donc à 735 infirmières pour des postes à temps plein ou à temps partiel.
Ces pertes concernent les infirmières qui ont démissionné, qui ont pris leur retraite et qui sont parties travailler pour une agence privée.
Sonia Udod, professeure adjointe au Collège de sciences infirmières de l’Université du Manitoba, indique que ces chiffres concordent avec ceux d’un rapport récent de l'Institut économique de Montréal. Ce rapport indique qu'en 2023 58 infirmières âgées de moins de 35 ans ont quitté le marché du travail pour chaque groupe de 100 recrues au Manitoba.
Ça fait beaucoup, mais les infirmières sont très, très frustrées.
Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, a affirmé que ces chiffres font quand même état d'un solde positif global et qu'ils constituent un instantané plutôt que le reflet de l'évolution globale des effectifs infirmiers du Manitoba.
Une tendance généralisée
Les données obtenues par CBC comprennent également des chiffres en matière d'embauches et de départs pour chaque office régional de la santé entre avril 2024 et mai 2025.
L’Office régional de la santé de Winnipeg a recruté 793 infirmières, mais il en a perdu 438 durant cette période, tandis que Soins communs en a embauché 415 et perdu 209.
Santé Prairie Mountain, dans l'ouest du Manitoba, est le seul office régional de santé à avoir enregistré une perte nette de personnel infirmier. Avec 161 départs et 138 embauches, il a perdu 23 infirmières au total.
En raison des postes vacants, les établissements qui sont rattachés à cet office régional de la santé et qui se trouvent à proximité les uns des autres doivent parfois partager leurs services d’urgence, explique la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba, Darlene Jackson.
Cependant, Santé Prairie Mountain indique qu'il enregistre un gain net de 59 infirmières sur la période 2024-2025, si les infirmières occasionnelles sont ajoutées au décompte provincial, qui ne prend en compte que les employés à temps plein et à temps partiel.
Selon Darlene Jackson, un gain net d'infirmières occasionnelles n'équivaut toutefois pas à l'ajout de personnel permanent, car les employés occasionnels n'ont pas d'heures garanties.
Ils ne constituent pas un renfort stable ou prévisible par rapport à l'effectif de base.
Un porte-parole du ministère de la Santé a indiqué que Santé Prairie Mountain aurait enregistré une augmentation nette de 48 nouvelles infirmières permanentes, si la période d'analyse avait été élargie à la période d'octobre 2023 à juillet 2025.
Uzoma Asagwara a également indiqué que la région de Prairie Mountain a toujours connu de plus grands défis en matière de dotation en personnel, mais que des signes d'amélioration sont visibles.
Développer des stratégies de rétention
Sonia Udod affirme que le système provincial de santé est en crise.
Nous tentons de recruter autant que nous pouvons pour redorer l'image des autorités de santé et pour rassurer la population en lui montrant que nous avons suffisamment de personnel, dit-elle. C'est une manière de répondre à la crise. Nous devons nous attarder à la rétention.
En novembre dernier, Sonia Udod a organisé un atelier sur la rétention du personnel infirmier, au cours duquel les infirmières ont fait état d'une charge de travail excessive et du sentiment de ne pas être reconnues ou valorisées dans leur travail.
Les recrues ont aussi affirmé qu’elles aimeraient bénéficier de mentorat, mais qu’il n’y a pas suffisamment d’infirmières expérimentées pour leur offrir ce soutien.
La mise en place de ratios infirmière-patients, comme le gouvernement néo-démocrate y travaille actuellement, est un moyen de répondre à ces préoccupations, mais d’autres mesures sont nécessaires, affirme Sonia Udod.
Avec les informations d'Ian Froese


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