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Le 12e film en prises de vues réelles de la saga Star Wars, Le Mandalorian et Grogu, prend l’affiche vendredi, déjà plombé par des critiques peu élogieuses et les plus faibles prédictions au box-office pour un film de la série. « This is the way » (telle est la voie), martèle le Mandalorian, mais est-ce que la franchise s’est perdue en chemin depuis son rachat par Disney?
Le Mandalorian et Grogu marque le retour de Star Wars au grand écran, sept ans après L’ascension de Skywalker (2019), ultime volet de la troisième trilogie ancrée dans l’univers imaginé par George Lucas. Rappelons que Disney a racheté Lucasfilm, la société de production du cinéaste, en 2012 pour 4 milliards de dollars américains (5,5 milliards $ CA).
Le nouveau film est basé sur la série The Mandalorian, première production de Star Wars destinée à la plateforme Disney+. Comme la série, il est réalisé par Jon Favreau, qui cosigne le scénario avec Noah Kloor et Dave Filoni.
La saison 1 de The Mandalorian a été très bien reçue, tout comme la saison 2, mais les fans ont été extrêmement déçus de la saison 3, donc ça m’étonne que Disney en fasse un film, explique Marc Joly-Corcoran, chargé de cours en cinéma à l’Université de Montréal et grand adepte de Star Wars.
Comme un long épisode de la série
Vendredi, le film affichait un score de 63 % sur Rotten Tomatoes du côté des critiques de la presse (basé sur 197 avis), le quatrième plus faible parmi les douze films Star Wars en prises de vues réelles. Jusqu’ici, le public est plus clément avec une note de 89 %, basée sur plus de mille avis.
Selon Variety, les prévisions au box-office laissent entrevoir des recettes comprises entre 80 millions de dollars américains (110,5 M$ CA) et 100 millions de dollars (138,1 M$ CA) en Amérique du Nord lors de cette longue fin de semaine, lundi étant férié aux États-Unis. Si ces chiffres se confirment, il s’agira du pire démarrage jamais enregistré pour un film de la saga.
Plusieurs critiques se rejoignent sur un point : le long métrage ressemble plutôt à un épisode de deux heures de la série The Mandalorian.

Une scène du film « Le Mandalorian et Grogu »
Photo : Associated Press / Lucasfilm Ltd. - Disney
Le Mandalorian et Grogu se déroule d’ailleurs immédiatement après les événements de la troisième saison, quelques années après la chute du redoutable Empire galactique dirigé par Darth Vader.
On y suit le Mandalorian, un chasseur de primes du nom de Din Djarin (Pedro Pascal) qui traque des criminels de guerre de l'ancien Empire pour le compte de la Nouvelle République.
Avec son acolyte Grogu, alias Bébé Yoda, ils se lancent dans une nouvelle mission : retrouver Rotta, le fils de l’emblématique vilain Jabba the Hutt, en échange d’informations sur une cible liée aux vestiges de l’Empire.
C’est la continuation d’une histoire, plutôt qu’un film autonome, a expliqué à la BBC la journaliste, chercheuse et critique de cinéma Rebecca Harrison, spécialiste de Star Wars qui a notamment écrit un livre sur L’Empire contre-attaque. Si vous n’êtes pas familier avec les séries télé, votre motivation à aller voir le film est très faible.
Disney, trop éparpillé?
Dans les dernières années, Disney a délaissé le grand écran pour se concentrer sur les nombreuses séries dérivées de la saga pour sa plateforme Disney+. Ces productions ont connu un succès inégal, dont The Book of Boba Fett, Ahsoka et Andor, la mieux accueillie d’entre toutes.
La plus récente, Skeleton Crew (2025), a enregistré les plus faibles audiences au lancement pour une série Star Wars, tandis que The Acolyte (2024) a été annulée après une seule saison.
Si on prend en compte les séries d’animation Star Wars : The Clone Wars et Star Wars Rebels, Disney a produit l’équivalent de 11 saisons de séries Star Wars. Selon Rebecca Harrison, cela peut devenir rébarbatif pour quiconque n’est pas un adepte pur et dur de la franchise.
On a parfois l’impression qu’il faut avoir fait ses devoirs pour tout suivre, et je me demande si cela ne risque pas de limiter le public [de Star Wars], explique-t-elle.

Comme dans la série, la relation père-fils entre Din Djarin et Grogu est au cœur du film de Jon Favreau.
Photo : Site officiel de Star Wars
Star Wars, « une drôle de bibitte »
Avec autant de ballons d’essai lancés dans l’univers, on peut se demander ce que Disney cherche à accomplir avec l’héritage de George Lucas. J’ai l’impression qu’ils lancent des choses dans toutes les directions pour voir ce qui fonctionne, illustre Rebecca Harrison.
Un sentiment partagé par Marc-Joly Corcoran. Je pense que Disney a un peu de difficulté à trouver sous quel angle prendre l’univers de Star Wars.
Ils ont peur de travailler avec les personnages historiques de la franchise, comme Luke et Leia, alors qu’il y a beaucoup d’histoires à raconter sur ces personnages-là. Ils ont peur de changer les acteurs, ils l’ont fait avec Solo et ça a plus ou moins bien marché.
Selon le professeur adjoint, la diversité des publics de la franchise complique la tâche de Disney. Certains films plairont aux plus jeunes, alors que d’autres vont plutôt interpeller les fans de la première heure.
Star Wars est devenue une bête un peu particulière parce qu’on a des fans de toutes les générations. C’est une drôle de bibitte, l’appréciation des fans est à géométrie variable, conclut-il.


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