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À la tête de la rédaction depuis 2021, il indique avoir pris sa décision en raison «de divergences» avec LVMH, propriétaire du titre fondé par Claude Perdriel depuis fin décembre.
Passer la publicité Passer la publicitéUne page se tourne pour Challenges. Ce mercredi, les journalistes du titre économique désormais détenu par LVMH ont appris le départ prochain de leur directeur de la rédaction depuis 2021, Pierre Henri de Menthon. Ce dernier a tenu à annoncer la nouvelle lui-même en réunissant la rédaction du titre fondé par Claude Perdriel, qu’il avait intégré en tant que plume il y a vingt-cinq ans. «J’ai préparé un texte comme dans les discours d’enterrement, aurait-il déclaré selon le média d’investigation L’Informé. Je souhaite assurer la sortie du journal jusqu’au numéro des riches [le classement des plus grandes fortunes de France, ndlr] début juillet. Je vous confirme que mes échanges avec l’actionnaire ont fait apparaître des divergences sur les conditions de l’exercice de mes fonctions.»
Cette annonce n’est pas vraiment une surprise pour la rédaction. Fin mars, Pierre-Henri de Menthon avait estimé supérieure à «une chance sur deux » la probabilité qu’il quitte ses fonctions avant la fin de l’année. Son départ était pressenti depuis janvier, date à laquelle Claude Perdriel a officiellement cédé Challenges à LVMH. Le leader mondial du luxe était auparavant actionnaire à 40% des Éditions Croque Futur, qui rassemble, outre Challenges, les titres scientifiques La Recherche et Sciences et Avenir.
Très attaché à son directeur de la rédaction, Claude Perdriel avait plaidé un maintien en poste de Pierre-Henri de Menthon à l’issue de la vente. Mais le sexagénaire a visiblement préféré partir au bout de quelques mois. Il n’a pas livré aux journalistes d’informations quant à son éventuel point de chute.
Une ère d’incertitude
Ce départ ouvre une ère d’incertitude pour le magazine économique, qui va devoir se trouver un nouveau capitaine dans un contexte tendu. En février, LVMH a dénoncé la charte qui fixe notamment les règles de désignation du directeur de la rédaction de Challenges. Mais, selon nos informations, c’est bien ce processus qui va devoir s’appliquer pour remplacer Pierre-Henri de Menthon, cette charte étant est encore valable durant les 15 mois suivant sa dénonciation.
Selon ce document, il revient à un comité éditorial de « proposer le nom du directeur de la rédaction ». Ce comité de six membres est composé de deux représentants de la Société des journalistes, de Maurice Szafran, directeur de la publication et président des Éditions Croque Futur (Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche), de l’actuel directeur de la rédaction Pierre-Henri de Menthon ainsi que de deux personnalités extérieures, Marie-Louise Antoni, ex-conseillère d’Éric Lombard à la Caisse des dépôts et d’Augustin de Romanet, ex-PDG du groupe ADP.
Ce comité éditorial doit se mettre d’accord sur un profil, lequel doit ensuite être ratifié à la majorité simple par la Société des journalistes dans une consultation secrète. La charte ne prévoit pas, comme chez Libération, de nombre limité de vétos à l’issue desquels l’actionnaire peut imposer le successeur de son choix. Le processus pourrait donc potentiellement s’enliser.
Les spéculations vont bon train sur les successeurs potentiels de Pierre-Henri de Menthon. Le rédacteur en chef du service Entreprises Thiébault Dromard était le favori, mais il a annoncé la semaine dernière son départ vers un autre groupe de presse. Il a choisi, comme nombre de ses collègues, de prendre la clause de cession, ce dispositif qui permet aux journalistes de démissionner en percevant des indemnités proportionnelles à leur ancienneté dans la rédaction lors d’un changement d’actionnaire. LVMH a choisi de bonifier le calcul de ces indemnités jusqu’à la fin du mois d’avril.


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