NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À Sydney, le choc reste immense après l'attentat survenu dimanche 14 décembre lors d'une célébration de Hanoukka sur la plage de Bondi. Quinze personnes ont été tuées et quarante-deux blessées par un père et son fils, que le Premier ministre australien Anthony Albanese a décrits comme «motivés par l'idéologie du groupe État islamique». Selon les autorités et la presse australiennes, les deux hommes auraient séjourné aux Philippines au cours du mois de novembre, dans une région où opère une filiale locale de l'organisation État islamique (Daech), afin d'y recevoir un entraînement militaire. Un drapeau de l'organisation terroriste aurait d'ailleurs été retrouvé sur les lieux de l'attaque.
Cette donnée change tout, soulignent les experts: il ne s'agit plus d'un acte isolé inspiré par la propagande djihadiste en ligne, mais d'une attaque «dirigée» ou, au minimum, «facilitée» par l'organisation terroriste, estime Colin Clarke, directeur du Soufan Center, auprès du site Vox. «De toute évidence, il ne s'agissait pas simplement de deux types assis à lire Telegram et décidant de monter un complot», conclut l'analyste.
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter de Slate !Les articles sont sélectionnés pour vous, en fonction de vos centres d’intérêt, tous les jours dans votre boîte mail.
Ce drame est intervenu moins de vingt-quatre heures après la mort de trois Américains, deux soldats et un interprète civil, lors d'une attaque dans la région de Palmyre, dans le centre de la Syrie. Le Pentagone attribue également cette opération à un combattant affilié à l'organisation État islamique –la première perte américaine depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, le 8 décembre 2024. Deux attaques coordonnées, sur deux continents, en un seul week-end: de quoi ranimer la peur que le fléau de Daech ne se soit réveillé.
L'organisation djihadiste ne ressemble plus à celle qui, au milieu des années 2010, contrôlait un territoire grand comme le Royaume-Uni, administrait des villes entières en Irak et en Syrie et alignait jusqu'à 80.000 combattants. Son «califat» territorial a été éradiqué et ses effectifs ne dépasseraient pas aujourd'hui les 3.000 soldats. Mais la disparition de son territoire n'a pas marqué la fin de sa présence militaire ni de son projet idéologique.
Depuis 2024, Daech a multiplié les attaques meurtrières: dans une salle de concert de la banlieue de Moscou, le 22 mars 2024, par l'intermédiaire de sa branche afghane, l'État islamique au Khorassan (EI-K); à La Nouvelle-Orléans, où un attentat à la voiture-bélier a tué quinze personnes lors du Nouvel An 2025; ou encore dans un attentat-suicide déjoué visant un concert de Taylor Swift à Vienne, en Autriche, en août 2024. Une violence diffuse, moins spectaculaire que par le passé, mais qui semble bien implantée localement.
L'Afrique, nouveau front du djihad
Là où les puissances occidentales se désengagent, les filiales locales se renforcent. Le Sahel, la Somalie et l'est de la République démocratique du Congo constituent aujourd'hui les zones les plus dynamiques du réseau djihadiste mondial. Le «calife» actuel, Abou Hafs al-Hachemi al-Qourachi, qui aurait pris la tête du mouvement en 2023, serait basé en Somalie. Malgré la chute du califat, les experts estiment que la coordination entre ces différents foyers reste forte –la structure, bien que plus décentralisée, est donc toujours connectée.
C'est désormais dans le cyberespace que le groupe État islamique avance ses pions. Ses recruteurs exploitent la colère suscitée par la guerre dans la bande de Gaza pour rallier de jeunes sympathisants, souvent mineurs, qu'ils transforment en «loups solitaires» grâce à des «cybercoachs» opérant sur le réseau Telegram. En Europe, plusieurs attentats récents ont été perpétrés par des jeunes radicalisés en ligne, généralement sans contact direct avec une cellule. Le cas australien, où les auteurs ont franchi le cap pour se former à l'étranger, apparaît d'autant plus atypique et inquiétant.
Aux États-Unis, le souvenir de la «guerre contre le terrorisme» lancée par George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001 semble déjà lointain. Depuis la fin du premier mandat de Donald Trump, la priorité stratégique s'est déplacée: rivalité avec la Chine et la Russie sous Joe Biden, lutte contre les cartels et l'immigration durant le second mandat de Donald Trump. Le dernier document officiel de «stratégie de sécurité nationale» des États-Unis ne mentionne même pas le groupe État islamique, préférant avertir que «se concentrer sur une zone périphérique au nom de la lutte antiterroriste serait une erreur».
Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire: les frappes américaines en Somalie, où Daech recrute activement, ont fortement augmenté en 2025. Si les attaques contre des soldats américains ou sur le sol occidental se multiplient, la hiérarchie des priorités occidentales pourrait vite se renverser.
L'organisation État islamique n'a plus de capitale, plus d'armée régulière, plus de prétention territoriale, certes, mais elle conserve un réseau, une mémoire et une capacité d'adaptation redoutables. Ses symboles continuent de fasciner sur les réseaux sociaux et d'inspirer des vocations meurtrières. Comme souvent avec le terrorisme djihadiste, le mouvement meurt moins qu'il ne mute. Il pourrait bien être en train de trouver une nouvelle jeunesse.





























.jpg)






French (CA)