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Le grand retour en arrière ? Près d’un tiers des jeunes hommes de la Génération Z réclament l’obéissance des femmes

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On les imaginait progressistes, déconstruits et tournés vers l’avenir. Pourtant, une étude mondiale massive menée par Ipsos et le King’s College de Londres vient de briser le mythe. Contre toute attente, les hommes de la génération Z (18-29 ans) affichent des opinions bien plus traditionnelles que celles de leurs aînés baby-boomers. Entre désir de réussite professionnelle pour leur partenaire et exigence d’obéissance au foyer, la jeunesse masculine navigue dans une dualité qui inquiète les sociologues.

Le choc des chiffres : plus conservateurs que les baby-boomers

L’enquête, réalisée auprès de 23 000 personnes dans 29 pays, révèle une fracture générationnelle béante. Alors que l’on pourrait s’attendre à une évolution linéaire vers plus d’égalité, les données montrent un net coup de frein, voire un demi-tour, chez les plus jeunes adultes.

  • L’obéissance au mari : 31 % des hommes de la Gen Z estiment qu’une femme doit toujours obéir à son mari. Chez les baby-boomers, ce chiffre s’effondre à seulement 13 %.

  • Le dernier mot : Un tiers des jeunes hommes (33 %) revendiquent le pouvoir de décision final sur les choix importants du couple, contre 17 % chez leurs aînés nés après-guerre.

  • L’initiative sexuelle : 21 % des hommes de la Gen Z considèrent qu’une « vraie femme » ne devrait jamais prendre l’initiative des rapports sexuels. Paradoxalement, les baby-boomers sont trois fois moins nombreux à partager cet avis (7 %).

Cette tendance ne se limite pas aux relations de couple. 59 % des hommes de la génération Z estiment désormais qu’on en attend « trop » d’eux pour soutenir l’égalité des sexes. Un sentiment de saturation qui n’atteint que 45 % chez les baby-boomers.

L’impossible dualité : carrière VS autonomie

Ce qui rend ces résultats fascinants — et complexes — c’est la contradiction interne des attentes de la génération Z. Les jeunes hommes ne cherchent pas une femme au foyer effacée au sens strict du terme, mais une forme de « modernité contrôlée ».

D’un côté, 41 % d’entre eux trouvent les femmes ayant une carrière réussie plus attirantes (contre 27 % chez les baby-boomers). Mais de l’autre, près d’un quart (24 %) affirme qu’une femme « ne doit pas paraître trop indépendante ou autonome », soit le double de la proportion chez les hommes plus âgés.

« Nous assistons peut-être à une profonde renégociation des rôles de genre », explique Kelly Beaver, directrice générale d’Ipsos. « Ce groupe valorise la réussite professionnelle, mais exige simultanément que l’épouse n’empiète pas sur l’autorité masculine au sein du foyer. »

Source: DR

Une « prison de verre » pour les hommes aussi

L’étude montre que les jeunes hommes s’imposent également des normes restrictives à eux-mêmes, cherchant à incarner un idéal masculin rigide.

  • Virilité physique : 43 % pensent que les jeunes hommes doivent s’efforcer d’être physiquement forts, même s’ils ne sont pas naturellement imposants.

  • Tabou émotionnel : 30 % estiment qu’un homme ne devrait pas dire « Je t’aime » à ses amis.

  • Paternité dénigrée : 21 % considèrent qu’un homme qui s’occupe d’enfants est « moins masculin », contre seulement 8 % chez les baby-boomers.

Le décalage entre opinion et pression sociale

Un point crucial du rapport souligne un décalage entre ce que les gens pensent réellement et ce qu’ils croient que la société attend d’eux. Par exemple, en Grande-Bretagne, seulement 14 % des gens pensent que les femmes devraient porter l’essentiel de la garde d’enfants, mais 43 % estiment que c’est ce que la société attend d’elles.

Pour la professeure Heejung Chung, ce décalage est « profondément préoccupant ». Les hommes de la génération Z semblent subir une pression sociale immense pour se conformer à des idéaux masculins rigides, tout en attendant des femmes qu’elles adoptent des comportements traditionnels pour ne pas déstabiliser cet équilibre fragile.

Julia Gillard, présidente du Global Institute for Women’s Leadership, conclut : « Nous devons déconstruire l’idée d’un jeu à somme nulle où les femmes seraient les seules bénéficiaires d’un monde égalitaire. » Le défi de 2026 sera de prouver à cette jeunesse que l’égalité profite à tous, avant que le « mètre zéro » de la tradition ne submerge les acquis du dernier siècle.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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