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Une étude portant sur plus d'une dizaine de terrains couverts de gazon synthétique des environs de Vancouver révèle que ceux-ci laissent s'échapper divers contaminants qui peuvent s'avérer mortels pour des poissons s'ils se retrouvent dans les cours d'eau, selon des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC).
Cette étude visait principalement à identifier les contaminants provenant des terrains en gazon synthétique, particulièrement ceux qui utilisent un remplissage en caoutchouc granulé, explique Rachel Scholes, professeure adjointe en génie environnemental à l'UBC.
L’équipe a trouvé que de la 6PPD-quinone, un composé chimique fait de 6PPD, un antioxidant qui empêche la dégradation rapide des pneus, et d’ozone, est libéré par les terrains de gazon synthétique. La 6PPD-quinone est extrêmement mortelle pour le saumon coho, affirme Rachel Scholes.
Mme Scholes a mené l’étude avec le chercheur postdoctoral Timothy Rodgers et la doctorante en génie environnemental Katie Moloney. Cette dernière affirme qu’un terrain de gazon synthétique normal contient environ 125 tonnes de caoutchouc granulé, provenant d'environ 20 000 pneus.
Habituellement, les eaux pluviales sont acheminées vers nos réseaux d'assainissement, et ses contaminants devraient être dilués avant d’entrer en contact avec le saumon, explique la doctorante.

« Des enfants jouent souvent sur ces terrains, et il y a aussi un aspect lié à la santé humaine », souligne Katie Moloney, doctorante en génie environnemental à l'UBC. « Cela soulève la question de savoir à quoi nous sommes exposés lorsque nous utilisons ces terrains. »
Photo : UBC / LOU BOSSHART
Mais, souvent, [l’eau de] ces terrains s'écoule directement vers les cours d'eau avoisinants, ajoute-t-elle, c'est donc un peu préoccupant quand on pense aux populations de saumons.
Pour cette étude, 12 terrains de gazon synthétique du Grand Vancouver ont été analysés : neuf d’entre eux avaient des granulés de caoutchouc et trois utilisaient d’autres options de matériaux.
Des métaux lourds ont été détectés dans chaque test, tels que le zinc et le cuivre. Ces deux métaux sont nuisibles à la vie aquatique, d’après l’étude.
Les chercheurs ont trouvé que les terrains remplis par du caoutchouc granulé libéraient plusieurs substances toxiques, notamment la 66PD-quinone, le zinc et le cuivre, à des concentrations plus élevées que celles observées avec d'autres matériaux de remplissage, mentionne l’étude.
Des options différentes pour les terrains synthétiques
L’arrivée de la coupe du monde de soccer à Vancouver ne devrait pas exacerber ce problème, puisque la FIFA « utilise entièrement du gazon naturel » pour ses compétitions, répond Katie Moloney, lorsqu’interrogée à ce sujet.

Un terrain en gazon naturel sera installé pour la Coupe du monde, puis remplacé par un nouveau gazon synthétique pour les Whitecaps de Vancouver et les Lions de la Colombie-Britannique.
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Mme Moloney observe que certaines municipalités se tournent vers des matériaux de remblayage de terrain alternatifs pour le gazon synthétique, comme l’éthylène-propylène-diène monomère (EPDM) ou du polymère plus générique.
Certains utilisent des matériaux naturels, mais vous commencez à perdre les avantages que procure la surface souple et élastique du caoutchouc lui-même, reconnaît la doctorante.
Ces solutions de remplissage de gazon synthétique sont intéressantes, mais nous sommes conscients qu'elles sont coûteuses, dit Mme Moloney.
Pour que les municipalités puissent les mettre en œuvre, elles pourraient avoir besoin de moyens financiers supplémentaires, ajoute-t-elle. Cela devient donc une question d'ordre financier.
Dans l’étude, les chercheurs proposent aussi de faire passer l’eau drainée des gazons synthétiques à travers un filtre à sol végétalisé, celui-ci pouvant réduire d'environ dix fois les concentrations de 6PPD-quinone, selon l’étude.
Pour la professeure adjointe Rachel Scholes, l’une des grandes conclusions de ce travail est que nous devrions vraiment traiter l’eau qui coule à travers ces terrains, avant qu’elle ne s’écoule vers les plans d’eau.

Un saumon coho en détresse.
Photo : Puget Soundkeeper Alliance
Rachel Scholes propose notamment d’installer une membrane qui permettrait de retenir les contaminants dans le système de drainage existant sous les terrains, ou d’intégrer un dispositif de filtration dans le circuit de canalisation.
Ces terrains contiennent beaucoup de caoutchouc de pneus. Nous devons en être conscients, les considérer comme des sources potentielles de contaminants et veiller à ce que nos installations tiennent compte de cette réalité.
Plusieurs communautés et villes choisissent le gazon synthétique, pour des raisons variées, observe Mme Scholes. D'après moi, afin d’y arriver de manière durable, nous devons trouver une façon d’incorporer un système de traitement.
Selon elle, il faudrait mener davantage de recherches pour déterminer quelle serait la meilleure façon de procéder.


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