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Le gang de Lawrence Bishnoi a prétendument écrit directement à la police d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, l’été dernier, pour lui faire savoir que plus d’un millier de membres étaient prêts à mettre à exécution ses ordres d'extorsion au Canada.
Cette information a été révélée jeudi lors du témoignage d’un policier qui participait à une audience visant à expulser un membre potentiel de ce gang du pays.
Cette lettre en particulier décrivait leur organisation criminelle. Il y était mentionné que près de 1000 individus étaient prêts à commettre des fusillades au nom du groupe, a expliqué Kevin St. Louis, de la police d’Edmonton.
Elle faisait aussi allusion au fait que toutes les entreprises devaient payer une "taxe", a-t-il ajouté.
Le service de police d’Abbotsford (AbbyPD) a confirmé par courriel à CBC/Radio-Canada la réception de la lettre en août dernier.
Les détails de celle-ci ont été distribués à nos partenaires des forces de l’ordre chargés de lutter contre cette crise d’extorsion à travers le Canada.
Les inspecteurs de notre groupe de travail interne contre l’extorsion ont ouvert une enquête sur l’origine de cette lettre et sur son contenu, a déclaré AbbyPD.
Des crimes similaires dans le pays
Kevin St. Louis a parlé longuement du fonctionnement du gang, de sa structure et de ses différentes ramifications.
Il a indiqué au tribunal que la police soupçonnait que les principaux auteurs de cette vague de crimes étaient des membres du groupe criminel international dirigé par Lawrence Bishnoi depuis sa prison en Inde.

Des policiers escortent Lawrence Bishnoi, en noir, dans une salle d'audience de New Delhi, en Inde, le 18 avril 2023. (Photo d'archives)
Photo : (Rahul Singh/ANI/Handout via Reuters)
Ce gang est dans le collimateur du gouvernement fédéral, qui l’a désigné comme entité terroriste l’année dernière.
Au fil de notre enquête, nous estimons qu’il y a une fracture au sein de ce groupe, a cependant précisé Kevin St. Louis.
Cela aurait causé la formation de différents groupuscules qui, selon lui, commettent le même type de crimes.
Des membres au bas de l'échelle
D’après Kevin St. Louis, les responsables des actes violents observés au Canada, dont des fusillades envers des commerces ou des incendies ciblant des entreprises détenues par des membres de la communauté sud-asiatique, sont des personnes au bas de la pyramide et touchent des sommes dérisoires, peu importe leur affiliation.
Malgré tout, bon nombre d’entre eux considèrent qu’ils font partie d’une organisation ou d’un groupe, a affirmé Kevin St. Louis.
« Tous les individus identifiés durant l’enquête sont relativement nouveaux au Canada. Il s'agit de travailleurs étrangers temporaires ou d'étudiants titulaires d'un visa d'études », a-t-il affirmé

Une maison en construction ravagée par les flammes le 8 janvier 2024 qui serait liée au système d'extorsion ciblant la communauté sud-asiatique d'Edmonton. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / David Bajer/CBC
Cela dit, les menaces d’extorsion sont très similaires d’un endroit à l’autre à travers le pays, a ajouté le policier. Par ailleurs, certains cas semblaient même provenir d’un même numéro international WhatsApp virtuellement intraçable.
À cette difficulté s’ajoute aussi la circulation constante des armes, des suspects et des véhicules liés aux crimes entre les provinces.
Nous avons constaté que la même arme à feu a été utilisée en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.
Le rythme auquel ces armes circulent d'une province à l'autre rend leur localisation et leur saisie particulièrement difficiles, a mentionné l'enquêteur de la police d'Edmonton.
Cela nous complique grandement la tâche.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Jason Proctor


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