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Le français avait tout pour occuper une place de choix à la Coupe du monde de soccer. La langue officielle du Canada — et de la FIFA — semblait naturellement appelée à être mise de l’avant. Or, des acteurs franco-canadiens déplorent plutôt de la voir reléguée au second plan de ce grand tournoi international.
« C’est une occasion manquée », déplore Nathalie Astruc, directrice générale de la Société francophone de Victoria. Le sport étant rassembleur, les villes hôtes au Canada auraient pu saisir l’occasion pour vanter la « diversité » et la « richesse » de la francophonie canadienne, dit-elle.
Les deux villes canadiennes qui accueillent des matchs du tournoi (Vancouver et Toronto) ont plutôt choisi de mettre le français de côté, du moins sur les scènes musicales officielles, sur lesquelles aucun artiste franco-canadien n’a été invité à se produire.
« On trouve cela très dommage », déplore Mme Astruc. D’autant que le français est l’une des langues officielles de la FIFA, aux côtés de l’anglais, de l’espagnol, de l’arabe, du russe, de l’allemand et du portugais.
Les irritants entourant le non-usage du français dans le cadre de l’événement ne se limitent pas à cela. Les bénévoles portent notamment des chandails sur lequel le mot « volunteer », sans que son équivalent français n’apparaisse. Sur les réseaux sociaux, certains indiquent toutefois avoir reçu un brassard en français, avec la consigne de le porter seulement s’ils parlent la langue de Molière. Quelques critiques ont pris le chemin du Commissariat aux langues officielles.
Au moment d’écrire ces lignes, le chien de garde du bilinguisme au Canada avait jugé recevables cinq plaintes liées à la Coupe du monde ; la FIFA, de son côté, n’avait pas répondu aux questions du Devoir.
Des événements en français
Si la place du français dans l’organisation officielle du tournoi semble minime, Ottawa souligne néanmoins que plusieurs activités francophones ont été financées en marge de la Coupe du monde. Patrimoine canadien a octroyé des sommes à 331 événements liés au soccer un peu partout au pays. Parmi ceux-ci, quelque 43 devraient se dérouler en français hors du Québec et 46 dans la Belle Province, pour un financement total de 408 200 $.
Parmi ces initiatives figure la FanZone Franco 2026, organisée à Victoria, par la société francophone de la région. La plupart des matchs impliquant des pays où on parle le français y sont diffusés dans l’objectif de tisser des liens dans la communauté. « C’est une bonne occasion pour nous d’étendre nos horizons et d’activer la francophonie chez plusieurs personnes », explique Nathalie Astruc.
Elle se demande d’ailleurs pourquoi la francophonie — « une richesse » du Canada, estime-t-elle — n’a pas été davantage mise en valeur. Mais « si [les organisateurs] ont manqué l’occasion, nous, on l’a saisie », dit Mme Astruc.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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