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Le français prend de moins en moins de place à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. C'est ce que constate la commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, dans son plus récent rapport, où elle déplore que les élus s'expriment de plus en plus en anglais.
Dans ce rapport déposé mardi, la commissaire indique que l'usage de l'anglais lors de la période de questions est en hausse : 89 % en 2024-2025, contre 86 % en 2023-2024, et 80 % en 2022-2023.
Elle estime que les personnes qui occupent des postes d’influence, comme les élus provinciaux, jouent un rôle important dans l’atteinte de l’objectif d’égalité des langues, car ils sont vus et entendus par un très grand nombre de personnes.
C’est donc avec une grande inquiétude que nous constatons que l’usage du français continue de diminuer de façon significative dans les débats à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, ajoute Shirley MacLean dans son rapport.

La commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, aimerait voir une utilisation égale des langues officielles lors de la période de questions.
Photo : Radio-Canada
Une position à laquelle adhère le constitutionnaliste et expert en droits linguistiques Michel Doucet. Il croit que la province a un rôle important à jouer pour valoriser le français à l'Assemblée législative.
Comment veut-on que les nouveaux arrivants et que la population en général valorisent le français si la province elle-même ne le fait pas dans l'Assemblée législative, qui est le symbole quand même de la démocratie au Nouveau-Brunswick?
La sonnette d'alarme de la commissaire exige du gouvernement qu'il agisse et qu'il le fasse rapidement. C’est hier qu’on aurait dû agir, demain risque d’être trop tard.

Le juriste Michel Doucet.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Le gouvernement se défend
Marco LeBlanc, le leader parlementaire du gouvernement, se dit préoccupé par les chiffres avancés par la commissaire aux langues officielles.
Je pense que, comme province officiellement bilingue, on se doit de parler dans les deux langues officielles à l’Assemblée législative, souligne le député de Belle-Baie-Belledune
Le rapport de la commissaire couvre la période d’avril 2024 à mars 2025. Le gouvernement Holt a été assermenté en novembre 2024, souligne-t-il, en précisant que le gouvernement Higgs était toujours en place pour la majorité de la période couverte par le rapport.
Toutefois, une analyse de Radio-Canada sur les interventions en chambre en mai et juin 2025 montre qu'environ 9 % des échanges se sont faits en français, en excluant les interventions de la présidente de l'Assemblée et les remerciements d'usage qui précèdent les interventions.
C’est certain qu’imposer aux ministres de répondre soit en français, soit en anglais, c'est une mesure qu'on ne prendra pas. Mais c’est certain qu'on veut voir plus d'usage du français, répond Marco LeBlanc.

Marco LeBlanc aimerait voir plus de français dans les débats à Fredericton.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
La priorité à la période de questions, c'était la santé, le logement, le développement social, l'éducation et puis trois de ces quatre ministres sont premièrement anglophones, fait-il valoir, en ajoutant que peu de ministres francophones ont reçu des questions lors des derniers mois.
Lorsque l'opposition officielle ne pose que très, très, très peu de questions en français, ça peut devenir difficile pour certains ministres [de répondre en français].
La traduction existe, dit le chef de l’opposition
Glen Savoie, chef de l’opposition officielle, rappelle pour sa part que les députés ont le droit de répondre dans la langue de leur choix et dans laquelle ils sont le plus à l'aise. Il maintient toutefois que la traduction simultanée aide à la compréhension des débats.

Glen Savoie, député progressiste-conservateur de Saint-Jean-Est, est chef de l'opposition officielle au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Avec la traduction simultanée, c’est quelque chose qui va aider tous les gens de la province à comprendre ce qui se passe, mais on doit continuer d’être vigilant avec notre usage de la langue française, ajoute le député de Saint-Jean-Est, qui, en ce qui le concerne, croit qu’il peut poser plus de questions en français.
La députée verte Megan Mitton se dit très consciente que le français perd de la place dans les débats à Fredericton.
C’est très important qu’on parle les deux langues, en particulier de nous assurer de parler français et de prendre toutes les opportunités. On a un manque de français à l’Assemblée législative et un manque d’égalité réelle dans notre province, croit la députée de Tantramar.

Megan Mitton est la cheffe adjointe du Parti vert.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Les élus se disent donc tous conscients du problème. Mais reste à voir si le rapport de la commissaire aura un réel impact.


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