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Par Le Figaro avec AFP
Le 31 mars 2026 à 09h37

Six allocataires et des membres de la CGT sont invités à comparaître dans un procès qualifié de «clairement politique» par le département.
Passer la publicité Passer la publicitéLe tribunal correctionnel de Brest examinera en juin les arguments de six allocataires du RSA et de la CGT qui ont cité à comparaître le président (divers droite) du département du Finistère et un de ses cadres pour «harcèlement moral institutionnel». Le tribunal a fixé lundi à 1.000 euros pour la CGT et 300 euros pour chacun des six allocataires le montant de la consignation à verser dans un délai d'un mois pour que le procès ait bien lieu le 15 juin.
L'avocate du département Me Stéphanie Zaks a dénoncé un «procès clairement politique». «Le temps d'audience correctionnelle est précieux. Un débat administratif et politique pourrait rester sur le terrain administratif et politique», a abondé la représentante du parquet Véronique Wester-Ouisse. «Ce n'est pas un procès politique. C'est du droit et seulement du droit», a rétorqué à l'issue de l'audience l'avocat de la CGT Franck Carpentier. Il estime que le département a mis en place contre les allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) un «harcèlement moral institutionnel», à l'image de ce qui existait chez France Télécom dans les années 2000.
200 manifestants lundi midi
Environ 200 manifestants s'étaient réunis lundi midi devant le tribunal pour soutenir les plaignants. L'objectif du procès, «c'est de stopper la machine à broyer», a déclaré Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT du Finistère, en marge de la manifestation. «C'est stopper la manière dont sont faits les contrôles des allocataires du RSA dans ce département». Depuis le lancement de la citation à comparaître début mars, «on a reçu 47 témoignages nouveaux», qui s'ajoutent à la vingtaine versée au dossier, a-t-il indiqué.
Une des plaignantes, Cécile, maraîchère de 39 ans à Guengat, a décrit avoir «vécu des mois horribles» pendant un contrôle RSA, ayant abouti à sa radiation en juin 2025. «C'est littéralement du harcèlement, parce qu'il y a eu de nombreux échanges de courrier. J'ai prévenu que mon état mental, ma santé et ma précarité économique s'étaient dégradées. Et je n'ai jamais eu de réponse. Toujours juste plus de demandes», a déclaré la trentenaire.
Le président du département Maël de Calan a indiqué à l'AFP que la collectivité n'aura «aucun mal à démontrer le caractère complètement abusif de ce recours qui ne trouve son origine que dans une volonté d'affrontement politique». «Que l'extrême gauche conteste le plan RSA du département du Finistère, c'est une fierté», a ajouté ce soutien d'Édouard Philippe. «On a hâte que ce cirque se termine». M. de Calan doit comparaître le même jour devant le même tribunal, où il est poursuivi pour diffamation après avoir qualifié le député LFI de Brest Pierre-Yves Cadalen de «factieux et antisémite» sur la chaîne locale Tébéo.


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