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L’Association des municipalités rurales de l’Alberta (RMA) estime que le déficit d'entretien des infrastructures rurales nécessitait des investissements de 28 milliards de dollars en 2025.
Leur projection prévoit qu’il devrait atteindre 40 milliards en 2028.
La présidente de RMA, Kara Westerlund, observe un certain désinvestissement de la province. Ils ont fait des changements dans le programme d’Initiative de durabilité municipale il y a quelques années. Depuis, il y a eu une baisse de 20 % des fonds, dit-elle.
Elle observe aussi une baisse de 44 millions de dollars dans le programme d’Infrastructure de transport stratégique entre 2024 et 2026.
Pour ce qui est du financement fédéral, les municipalités rurales ne touchent que 17 % des sommes accordées à la province, selon RMA.
La présidente de l'association, qui est aussi conseillère de la division 4 du Comté de Brazeau, explique que ce problème touche l’ensemble des municipalités de la province.
Je sais que des routes, des ponts et des ponceaux sont fermés dans nos communautés, affectant nos résidents et nos industries, que ce soit l’agriculture, la foresterie ou le secteur pétrolier et gazier.
Elle soutient que les municipalités n'ont pas beaucoup de capacité pour lever plus de fonds puisqu'elles font leur possible pour ne pas trop augmenter les taxes foncières et qu'une partie de ses taxes sont collectées pour la province.
Des défis importants
Bien qu’elle soit consciente que les grandes villes font aussi face aux déficits d’entretien de leurs infrastructures, Kara Westerlund croit qu’il y a des défis supplémentaires pour les endroits plus éloignés.
On n’a pas de vastes réseaux routiers comme les villes. Lorsqu’un de nos ponts ou une de nos routes ferme parce qu’un ponceau s’est effondré, nos résidents doivent faire des détours [...] qui leur prennent entre 20 et 30 minutes, indique-t-elle.
D’ailleurs le Comté de Brazeau, à environ 150 km à l'est d'Edmonton, fait face à une fermeture de pont qui nécessite un détour de 20 km.
Selon le conseiller de la division 1, Glen Gunderson, il était déjà prévu de remplacer le pont Moose Hill, puisqu’il est trop petit et sa capacité est trop faible pour soutenir le transport par camion.
Toutefois, lors de la recherche de financement, la province a envoyé des inspecteurs, raconte-t-il.
En 2025, le pont a reçu une note de 2, ce qui signifie qu’il y avait des problèmes structurels qui nécessitaient une intervention immédiate. [...] Nos assurances nous ont ensuite mentionné qu’il était urgent de fermer le pont.

Glen Gunderson indique que les citoyens de Brazeau devront attendre au minimum un à deux ans avant le remplacement du pont Moose Hill.
Photo : Radio-Canada / Nicole Healey
Ils ont toutefois de la difficulté à obtenir le financement nécessaire au remplacement du pont. On s’était fait dire que ça coûterait 2 millions de dollars, on était donc activement à la recherche de financement, mais les plus récentes estimations sont de 6 millions, exprime le conseiller.
Il croit qu’il serait difficile pour le comté d'envisager de remplacer le pont sans financement provincial ou fédéral, étant donné l’affluence du pont Moose Hill.
Avant sa fermeture, entre 5 et 50 voitures empruntaient cette voie routière chaque jour, incluant des autobus scolaires, des fermiers et des services d’urgences.
Glen Gunderson observe que le déficit d’entretien des infrastructures était un sujet phare de la dernière conférence des municipalités rurales de l’Alberta. Selon ses affirmations, les communautés rurales gèrent 135 000 kilomètres de routes et 75 % des ponts de la province.
L’Association des municipalités rurales de l’Alberta mène présentement une campagne de sensibilisation sur le déficit infrastructurel (En anglais seulement) (nouvelle fenêtre).
Avec les informations de Nicole Healey et Nicholas Frew


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