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Le cri du cœur du milieu communautaire au Témiscamingue

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Les organismes du Témiscamingue ont fait entendre leur voix mardi matin et leurs préoccupations dans le cadre du mouvement national « Le communautaire à boutte ».

Des dizaines d’acteurs du milieu communautaire ont formé une chaîne humaine devant l'hôpital de Ville-Marie pour illustrer la solidarité et le besoin de soutien. Ils dénoncent notamment le manque de financement, qui limite l’embauche de personnel et la capacité de desservir l’ensemble du territoire.

Selon mes calculs, on est à moins 200 000 $ pour pouvoir atteindre notre mission pleinement, affirme Caroline Nadeau, coordonnatrice de l'organisme Place au soleil à Témiscaming.

Caroline Nadeau pose dehors, devant l'hôpital de Ville-Marie, avec son chandail « Le communautaire à boutte ».

Caroline Nadeau, coordonnatrice de Place au soleil, craint que l'organisme ne puisse pas aider plus de gens si le financement demeure insuffisant dans les prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Si leurs besoins en nourriture sont comblés majoritairement par des dons, les autres services souffrent d’un sous-financement.

On n’est pas juste une banque alimentaire, on est aussi de l’entraide sociale, fait valoir Mme Nadeau. Concrètement, de l’argent pour des ressources humaines, c’est vraiment ce qui nous manque le plus. De l’argent pour de l’espace pour pouvoir faire nos activités comme il faut.

Même son de cloche à la Maison de la famille Au vent du lac. On n’est pas capable d’embaucher à cause de la concurrence en fait, ça fait qu’on se retrouve seules à desservir toutes les familles qui sont de plus en plus en besoin, exprime l’accompagnante Cassandra.

 « Le filet social, c'est primordial ».

Des travailleurs du milieu communautaire venus de Témiscaming.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Des kilomètres à parcourir

La particularité du Témiscamingue réside surtout dans l’étendue de son territoire, fait remarquer Annie Larivière, agente de développement à la Corporation de développement communautaire du Témiscamingue.

On a des organismes qui voudraient, pour pouvoir bien répondre à leur mission, desservir toute la population, mais qui ne peuvent pas le faire nécessairement comme il le faudrait, dit-elle. On aurait besoin d’engager d’autres personnes pour pouvoir couvrir tout le territoire, pour pouvoir ouvrir des points de services.

Elle cite en exemple des organismes qui ont dû réduire leurs activités et leurs heures d’ouverture, comme la Maison des jeunes du Témiscamingue. Il manque d’animatrices, donc c’est la directrice qui se retrouve à aller animer des activités, poursuit Mme Larivière.

Des personnes se tiennent la main dans le but de faire une chaîne humaine devant l'hôpital de Ville-Marie.

Le Témiscamingue compte près d'une trentaine d'organismes regroupés dans la Corporation de développement communautaire du Témiscamingue (CDCT).

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Édith Laperrière, de la Maison des jeunes, a d’ailleurs souligné dans son allocution qu’ils ont à peine le cinquième du financement qu’on devrait avoir.

Les aînés aussi souffrent de ce sous-financement, d’après Line Gélinas, directrice générale de la Table de concertation pour personnes âgées du Témiscamingue.

Je reçois 180 000 $, puis on a plein de gens qu’on n’aide pas, qui sont à la maison, je ne parle pas des personnes en résidence. C’est des gens qui veulent rester chez eux, mais qui ont besoin d’avoir accès à leurs services, indique-t-elle.

L’organisme fournit notamment une trentaine de dollars pour aider les aînés à se rendre à leurs rendez-vous médicaux à La Sarre et Amos, par exemple.

Des manifestants entourent une camionnette de type « pick-up » dans laquelle le préfet et Annie Larivière sont debout pour parler dans un micro.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue, Martin Lefebvre, a livré un discours. Annie Larivière de la CDC du Témiscamingue a invité plusieurs représentants d'organismes à parler au micro.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Tous s’entendent pour dire que, si rien ne change dans les prochaines années, des services sont menacés d’interruption ou de diminution.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue, Martin Lefebvre, a souligné l'apport des organismes dans la communauté. On ne peut pas demander au communautaire de tout tenir à bout de bras sans lui donner les moyens d'agir, a-t-il dit dans une prise de parole.

Une autre action se tiendra mercredi dans la ville de Témiscaming.

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