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Le CPIP critique le manque de transparence du CSF dans son recours judiciaire

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Le Collectif des parents inquiets et préoccupés (CPIP) reproche au Conseil scolaire fransaskois (CSF) un « manque de communication et de transparence » auprès des parents dans la gestion de son recours judiciaire contre le gouvernement saskatchewanais. Une poursuite qui demande à la province la construction de 13 nouvelles écoles francophones d'ici 2038.

Le porte-parole du CPIP, Jean de Dieu Ndayahundwa, tient d'abord à rappeler que le collectif se réjouit de la décision d’amener la province devant les tribunaux, le seul langage que le gouvernement de la Saskatchewan comprend.

Or, après avoir lu et relu le contenu de ce recours judiciaire, le CPIP se pose beaucoup de questions sur le fond et la forme de ce recours judiciaire, écrit Jean de Dieu Ndayahundwa dans un communiqué de presse publié mercredi.

Le CPIP critique la gestion du système scolaire fransaskois

Si le porte-parole du Collectif des parents inquiets et préoccupés avait demandé, mardi, à ce que les parents participent davantage au processus juridique entamé en novembre dernier, Jean de Dieu Ndayahundwa va maintenant plus loin.

Ce dernier déplore que le Conseil scolaire fransaskois n'ait pas inclus les parents dès le début de la démarche. Le CPIP reproche notamment au CSF de communiquer de moins en moins avec le public en général et les parents en particulier.

On ne peut pas prétendre défendre les intérêts des ayants droit (parents francophones) et ne pas les consulter et les informer des grands projets qu’on veut réaliser pour eux, écrit le Collectif dans son communiqué.

Nous constatons qu’au-delà des besoins en infrastructures scolaires francophones, le système scolaire fransaskois n’est pas bien géré à la satisfaction des parents.

Selon le CPIP, l'abolition par la province, en 2017, de l’obligation de tenir des assemblées générales par tous les conseils scolaires a été le début d'une baisse de la communication de la part du CSF.

Les classes modulaires, une solution temporaire inappropriée

D’ici la construction des différentes écoles exigées, le Conseil scolaire fransaskois réclame au gouvernement provincial l’installation de classes portatives ou d’écoles de transition en raison du besoin immédiat.

Une solution qui est en partie dénoncée par le CPIP.

Si on installe beaucoup de classes portatives dans des écoles existantes, on peut avoir des écoles francophones de grandes capacités, mais les problèmes d’accessibilité et de transport vont toujours demeurer, déplore Jean de Dieu Ndayahundwa.

Ce problème d'accessibilité est d’ailleurs dénoncé dans le recours judiciaire. Le CSF y note que la route la plus longue de transports est actuellement d’une durée de 306 minutes, pour une distance de 266 km. Le Conseil scolaire fransaskois fait valoir dans sa poursuite le besoin d’un réseau d’écoles de proximité.

Le Collectif des parents inquiets et préoccupés aurait préféré que le CSF ne mentionne que les écoles de transition comme solution temporaire, comme ce fut le cas avec l’ancienne École du Parc, à Regina.

Par ailleurs, le CPIP remet aussi en question la rigueur de la démarche entamée par le Conseil scolaire fransaskois, pointant du doigt le manque de rapports d’études d’experts pour appuyer le recours judiciaire.

Le CSF demande au gouvernement un engagement clair

L’avocat du Conseil scolaire fransaskois dans ce dossier, Roger Lepage, a commenté pour la première fois l’affaire qui est devant les tribunaux. Il rappelle que l’article 23 de la Charte canadienne protège l’éducation des ayants droit. Le CSF a toutefois indiqué qu'il ne se prononcera pas sur les propos du CPIP.

La Cour suprême du Canada a souvent rappelé aux gouvernements leurs obligations à agir sans délai pour construire un réseau d’écoles basé non seulement sur le nombre actuel d’élèves inscrits aux écoles du CSF, mais aussi sur le nombre potentiel d’élèves qui éventuellement se prévaudront de ces écoles.

Dans le document judiciaire déposé à la cour, le Conseil scolaire fransaskois souligne que des écoles de Saskatoon et de Regina sont déjà surpeuplées. Le CSF rappelle aussi que seuls environ 20 % des ayants droit en Saskatchewan sont actuellement inscrits dans une école fransaskoise.

Nous espérons que le gouvernement répondra à cet appel avec la clarté et la volonté nécessaires pour assurer l’avenir de l’éducation francophone en Saskatchewan, conclut Roger Lepage dans une déclaration écrite.

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