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Porté par l’électrification, l’intelligence artificielle et la défense, le cours du cuivre franchit de nouveaux sommets.
Les tensions restent vives sur le marché du cuivre. En hausse continue depuis un an, (+47%), son cours a atteint un niveau record le 9 septembre. La tonne de cuivre a dépassé les 14.500 dollars (12625 euros) à la Bourse des métaux de Londres, dépassant ainsi ses niveaux du début d’année, avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Depuis, le cours a un peu fléchi mais continue de tutoyer ses sommets.
Le métal rouge, qui fait figure de baromètre de l’activité industrielle mondiale, est tiraillé entre la crainte de nouveaux droits de douane américains, une demande sans cesse renforcée par l’électrification, l’automobile et les infrastructures numériques, et des contraintes d’offre qui se multiplient.
La production au Chili a chuté
Les mauvaises nouvelles sur la production alimentent les derniers rebonds du cours. La production au Chili a chuté de 9,4% depuis un an du fait de conditions météorologiques défavorables, notamment des tempêtes, indiquent de récents rapports. Or, le premier producteur mondial de minerai de cuivre, Codelco, avait déjà souffert l’an passé dans ses mines d’incidents qui ont ralenti la production. D’autres incidents, notamment en Indonésie, où la deuxième mine la plus grande au monde a en partie fermé après une coulée de boue mortelle, ont contribué à la hausse du prix du cuivre.
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Non seulement, la production minière mondiale pourrait décliner sur un an mais, globalement, l’offre peine à suivre la demande. Les grands gisements existants vieillissent et leurs teneurs diminuent, les nouveaux projets miniers exigent des délais très longs, souvent plus d’une décennie entre l’exploration et la production commerciale. Quant aux investissements, ils sont freinés par l’inflation des coûts, les contraintes d’accès à l’eau et à l’énergie, les exigences environnementales et les risques politiques.
Les nouveaux projets miniers exigent des délais très longs
En parallèle, la demande pour ce métal, très utilisé dans l’industrie, devrait beaucoup augmenter, entre besoins croissants pour la transition énergétique, l’intelligence artificielle et la défense. Le cuivre profite avant tout de son rôle pour l’instant irremplaçable dans la conduction électrique. Pour l’exemple, une voiture électrique en utilise davantage qu’un véhicule thermique. Les réseaux, qui ne peuvent se passer du cuivre, doivent être renforcés pour raccorder éoliennes, centrales solaires, bornes de recharge et installations de stockage tandis que les équipements de production et de transport d’électricité en consomment massivement.
À cela s’ajoute l’expansion des centres de données et de l’intelligence artificielle, qui accroît les besoins en câbles, transformateurs, systèmes de refroidissement et infrastructures de distribution électrique.
En revanche, le manque de dynamisme de l’économie chinoise, qui demeure la clef de voûte du marché du cuivre. Par ailleurs, certains observateurs nuancent le narratif très haussier autour de l’intelligence artificielle. La demande de cuivre liée aux data centres pourrait être surestimée, compte tenu des retards de construction et de la baisse progressive de l’intensité en cuivre des nouvelles technologies, observe ainsi le groupe financier Macquarie.
Le risque de nouveaux droits de douane américains
Le marché intègre aussi dans ses cours le risque de nouveaux droits de douane américains. Ce qui génère des flux massifs de cuivre : selon le ministère américain du Commerce, les importations américaines de cuivre raffiné ont atteint un nouveau record de 225.000 tonnes en juillet, soit le niveau le plus élevé depuis le début de la série statistique en 1990.
Alors que les États-Unis achètent à l’étranger près de la moitié du cuivre qu’ils consomment, Donald Trump, qui veut réduire les importations, fait planer depuis son retour au pouvoir la menace de surtaxes spécifiques au cuivre. Pour l’instant, Washington s’en est tenu à des taxes douanières sur les produits semi-finis (tuyaux, fils, barres, plaques) et non pas directement sur le cuivre raffiné. Mais, le président américain a demandé une enquête au département du Commerce pour vérifier s’il était utile d’instaurer des droits de douane sur les importations de cuivre -«le deuxième matériau le plus utilisé par le Département de la Défense»-, avait-il proclamé en 2025, afin de protéger et développer la production américaine de cuivre. Le ministère américain du Commerce devait remettre ses conclusions au locataire de la Maison-Blanche le 30 juin dernier. Mais, rien n’a transpiré à ce sujet à Washington depuis cette date. Et les prix ne se détendront vraiment que lorsque l’incertitude qui pèse s’effacera, prévoient les observateurs.
En attendant, les spécialistes du secteur engrangent les profits. Chez l’Australien BHP, le cuivre est devenu la première source de profits, devant le minerai de fer. Le suisse Glencore est revenu aux bénéfices en 2025 grâce notamment au cuivre et sa direction vise un doublement de sa production de cuivre sur dix ans. L’Anglo-australien Rio Tinto affiche une reconfiguration du mix de ses bénéfices en faveur du cuivre. Quant au Chinois Zijin Mining, grand spécialiste de l’or, il est devenu l’un des premiers producteurs mondiaux grâce à ses acquisitions en Chine, en République démocratique du Congo ou en Serbie et le cuivre est désormais un pilier de sa rentabilité.


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