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TRANSPORT. Le gouvernement du Québec a récemment prolongé le projet pilote relatif à l’utilisation des appareils de transport personnel motorisés (ATPM), dont les trottinettes électriques, jusqu’en 2028. Des modifications ont également été apportées à celui-ci, comme l’imposition d’une vitesse maximale de 25 km/h.
Le coroner rattaché au district de Drummond, Yvon Garneau, salue certaines de ces modifications. Il estime toutefois qu’il y a encore du chemin à faire pour renforcer la sécurité des usagers et le partage des voies publiques avec les trottinettes électriques et les autres types d’ATPM.
Mis en place le 20 juillet 2023, le projet pilote vise à établir les caractéristiques obligatoires de ces appareils, les équipements nécessaires et les règles de circulation. Selon le ministère du Transport et de la Mobilité durable (MTMD), l’initiative a démontré que les ATPM répondent à un besoin en matière de mobilité et contribuent à diversifier l’offre de moyens de transport au Québec.
Le projet pilote sera ainsi prolongé jusqu’au 20 juillet 2028. Sa prolongation de deux ans permettra de poursuivre l’acquisition de connaissances et de consigner encore plus d’observations sur l’intégration sécuritaire des ATPM dans la circulation routière, avance le ministère.
De plus en plus de personnes utilisent la trottinette électrique comme moyen de transport au Québec. (Photo : Deposit)Les règles applicables aux utilisateurs d’un ATPM restent ainsi en vigueur, comme le fait d’être âgé de 14 ans et plus pour en utiliser un ainsi que le port d’un casque protecteur durant la conduite.
Les principales modifications incluent la suppression de la limite de puissance de 500 watts, l’imposition d’une vitesse maximale de 25 km/h, l’élargissement du champ d’application à d’autres lieux ouverts à la circulation publique, notamment aux terrains de centres commerciaux ainsi que plus de choix d’équipements de protection obligatoires pour les mains ou les poignets.
En entrevue à l’émission L’Estrie aujourd’hui, le porte-parole du MTMD, Nicolas Vigneault, explique que ce prolongement permet au gouvernement de continuer à encadrer la pratique des ATPM sans passer par une pièce législative auprès des députés de l’Assemblée nationale.
«L’encadrement des trois dernières années nous fait dire que ça va relativement bien. L’idée, c’est d’aller chercher de l’information additionnelle et de continuer à encadrer cette pratique. Au terme de ces deux ans, on n’aura pas le choix d’aller chercher une pièce législative pour éventuellement faire rentrer le tout dans le code de la sécurité routière», souligne M. Vigneault.
Des améliorations à apporter
À la suite du témoignage de Steve Verrier, le coroner Yvon Garneau pense qu’il y a place à bien des améliorations pour favoriser la sécurité et le partage des voies publiques avec les utilisateurs de trottinettes électriques.
D’une part, il constate que bien des utilisateurs, dont des jeunes âgés de moins de 14 ans, omettent de porter un casque en roulant en trottinette électrique. Selon les rapports du Bureau du coroner du Québec, dix décès d’utilisateurs de trottinettes électriques ont été rapportés à travers la province depuis 2020. De ce chiffre, la moitié des personnes décédées ne portait pas de casque.
«Ce qui est frappant, c’est qu’on serait porté à croire que ce sont des décès liés à de jeunes personnes, mais ce n’est pas le cas! On y retrouve des gens âgés de 32 à 69 ans. Donc, il ne faut pas associer la trottinette électrique uniquement aux jeunes [utilisateurs]. Je dirais même que plus on est âgé, plus on devrait peut-être surveiller sa propre forme physique avant d’embarquer là-dessus», prévient-il au bout du fil.
L’intersection du boulevard de l’Université et de l’avenue du Marais-Ombragé est jugée dangereuse et propice aux accidents, selon Yvon Garneau. (Photo : William Hamelin)D’autres part, M. Garneau a également remarqué que bien des utilisateurs roulent à une vitesse plus élevée que la limite permise. «Encore cette semaine, sur le boulevard Saint-Joseph, j’ai vu un jeune, qui n’avait pas plus de 20 ans, rouler sans casque et à peu près à 50 km/h. Il courait après sa perte, c’est incroyable!», affirme-t-il.
À Drummondville, l’intersection du boulevard de l’Université et de l’avenue du Marais-Ombragé est souvent propice à des accidents, selon lui. «J’ai bien l’impression que ça va prendre un stop sur la piste cyclable parce que ça n’a pas de bon sens comment ça circule vite. Je ne sais pas s’il y en a plus dans le quartier Saint-Charles qu’ailleurs, mais, ici, il y a beaucoup de trottinettes», avance le coroner.
Ainsi, Yvon Garneau soutient qu’il faut continuer à mettre l’emphase sur le port du casque et le respect de la limite de vitesse imposée aux ATPM. Il ajoute que les piétons ont également leur part de responsabilité pour éviter des accidents.
«Je me promène souvent sur la promenade Rivia et j’ai remarqué que des gens marchent parfois à quatre de large. Si une trottinette électrique arrive sans prévenir, on va se retourner à la dernière minute, puis le conducteur de la trottinette dans sa vitesse va frapper quelqu’un. C’est arrivé l’an passé qu’un piéton se fasse heurter violemment sur la promenade [de cette manière]», se rappelle-t-il.
Toujours à l’émission L’Estrie aujourd’hui, Nicolas Vigneault mentionne que les policiers pourront désormais mettre en place des opérations radar, à la demande des municipalités, pour vérifier le respect de la limite de vitesse de 25 km/h dans certains secteurs.
Les utilisateurs d’ATPM, comme les trottinettes électriques ou les véhicules gyroscopiques, qui contrevient aux règles prévues dans le cadre du projet pilote, sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 200 $.


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