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« Épeurante », c’est ainsi qu’un pêcheur décrit la flambée du prix du carburant. À l'orée de la saison de la pêche au crabe des neiges, plusieurs sont inquiets en raison du conflit au Moyen-Orient.
Guy Vigneault, le directeur des Pêcheries Shipek en Minganie, a dépensé environ 200 000 $ en essence pour sa flottille de sept bateaux l’année dernière. Si la tendance se poursuit, il s’attend à ce que sa facture augmente de 40 %, l’équivalent de 80 000 $.
Le carburant, c’est le nerf de la guerre. On ne réussira pas à s’en sortir, à la vitesse que ça va.
En effet, selon l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16, l’essence représente entre 15 % et 30 % des frais d’exploitation des pêcheurs.

Guy Vigneault, directeur des Pêcheries Shipek, est à la tête d'une flottille de sept bateaux de pêche. (Photo d'archives)
Photo : Guy Vigneault
Tout ça alors que ceux-ci s’apprêtent à partir en mer. Les préparatifs vont bon train pour pouvoir jeter les premières cages à l’eau vers la fin mars. D’ici là, les choses ont le temps de changer, avance Jean-René Boucher, le directeur de l’Office.
En espérant que ce soit pour le mieux, faute de quoi, c'est certain que ça aura un impact sur la rentabilité des entreprises de pêche.
M. Boucher entretient toutefois l’espoir qu'une partie des dépenses liées au carburant sera amortie par un bon prix au débarquement. S’il est encore tôt pour le connaître définitivement, plusieurs s’attendent à ce qu’il soit équivalent ou légèrement plus élevé que l’année dernière.
Encore là, un bras de fer est à prévoir avec l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), qui représente les usines de transformation.
Mais si les pêcheurs obtiennent un meilleur prix cette saison, cela pourrait aussi se refléter sur un prix au comptoir à la hausse, prévient Jean-René Boucher.
Des travailleurs en retard?
Le temps froid et les glaces sur le fleuve Saint-Laurent ne sont pas les seuls facteurs qui pourraient entraîner certains retards de la saison de pêche cette année. Certaines entreprises de transformation craignent que leurs travailleurs étrangers temporaires n’arrivent pas à temps.

Dans certaines usines, jusqu'à 50 % des postes sont occupés par des travailleurs étrangers temporaires. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Selon Serge Fortin, le directeur général de l’AQIP, un problème administratif du côté du Mexique serait en cause. On travaille avec les instances, assure-t-il.
Mais un décalage prolongé dans la venue de ces brigades essentielles pourrait avoir des conséquences importantes pour l’industrie. Dans certaines usines, les travailleurs étrangers temporaires représentent plus de la moitié de la main-d’œuvre, et leur absence ralentirait nécessairement le rythme de production.
L’AQIP travaille de pair avec l’Office des pêcheurs de crabe de neiges de la zone 16 pour coordonner le début de la pêche avec la disponibilité de la main-d’œuvre.
Avec la collaboration de Catherine Paquette


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