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Par Rédaction Ploërmel Publié le 2 août 2026 à 20h20
Située à proximité de la RN24 entre Rennes et Lorient, la Colonne des Trente, érigée sous forme d’obélisque haut de 15 mètres, symbolise et commémore le Combat des Trente qui eut lieu le 26 mars 1351. Retour sur l’un des épisodes le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne qui a inspiré le jeu vidéo Age of Empire IV et un jeu de société éponyme.
Le combat des Trente, dont la colonne du même nom commémore l’événement à Guillac (Morbihan), reste ancré dans la mémoire collective. Mais, saviez-vous qu’en réalité, les combattants étaient au nombre de 31… ?
Nous sommes en pleine guerre de Cent ans. Un conflit, opposant le royaume de France au royaume d’Angleterre à la fin du Moyen Âge, qui commence en 1337 lorsque le roi d’Angleterre réclame la couronne de France.
Une lutte à laquelle se greffe, à partir de 1341, la Guerre de succession de Bretagne. Une guerre fratricide durant laquelle Charles de Blois soutenu par des Franco-Bretons, et Jean IV de Montfort, épaulé par des Anglo-Bretons, se disputent le duché de Bretagne.
La trêve de Malestroit violée à Auray
La guerre de Succession, bien que féroce et violente, est entrecoupée de période de paix, notamment à partir de 19 janvier 1343 lorsqu’est signée, en la chapelle de la Madeleine, la Trêve de Malestroit.
Un armistice très vite mis à mal ; lorsqu’à Auray, l’Anglais Thomas de Dagworth, sous l’aile de Bemborough, à la tête de Ploërmel, est tué par des Français. » Une violation du traité dont Bemborough a très vite voulu se venger, expliquait il y a quelques années dans les colonnes du journal, Jean-Pierre Bauchet, un Guillacois s’étant passionné pour l’Histoire, notamment locale. Résultat : viols, pillages, massacres… Il s’en est violemment pris aux habitants de la région de Ploërmel. «
» Combattons-nous ensemble «
Des habitants qui, exaspérés, se plaignent auprès des Français, et notamment de Beaumanoir, installé à Josselin. » Ce dernier est allé rendre visite à Bemborough, à Ploërmel, afin de lui demander d’arrêter le massacre : » Chevalier d’Angleterre, vous faites grand péché de tourmenter le peuple qui laboure le blé. » Mais, Bemborough ne veut rien entendre…
Beaumanoir lui lance alors un défi. » Combattons-nous ensemble » Bemborough accepte le combat et en fixe les conditions avec son adversaire. Est alors décidé : un combat opposant 30 » compagnons « , » nobles ou au moins écuyers « , portant au moins une armure et un blason. » En comptant Beaumanoir et Bemborough, les deux hommes qui assureront le commandement des troupes, ils seront en réalité 31…
Rendez-vous est alors donné au samedi 26 mars 1351. » Au chêne de la mi-voie, entre Ploërmel et Josselin « .
« Un spectacle »
Chacun s’organise alors dans son camp. » Beaumanoir fait appel à des barons bretons, tandis que Bemborough réunit 20 Anglais, 4 Bretons et 6 mercenaires allemands. «
Le jour du combat arrive. » On sait que le matin même, Beaumanoir et ses Franco-bretons ont assisté à une messe à la basilique de Josselin. A jeun, bien sûr, afin de pouvoir communier. » Puis, ils font route vers le chêne de la mi-voie où ils retrouvent leurs adversaires Ploërmelais vers 11h. » On sait qu’il y a avait beaucoup de monde sur place, prêt à regarder le » spectacle « . «
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les combattants ne sont pas à cheval, » mais à pied « . La bataille débute donc en » mêlée ouverte, sans ordre « , à l’image des face-à-face habituels du Moyen-Âge. Et, très vite, deux compagnons de Beaumanoir sont tués. » Celui-ci demande alors à sa troupe d’être plus violente. « Plus incisifs, les Français tuent alors deux Anglais. Egalité.
» Bois ton sang «
Après une pause, » permettant de boire du vin et de panser les plaies « , les affrontements reprennent. Le corps à corps, brutal et féroce, est préjudiciable aux Anglais qui perdent Bemborough, leur commandant. » C’est alors un mercenaire allemand qui a pris en main la troupe, indique Jean-Pierre Bochet. Il change alors de tactique et appelle les Anglais à se grouper, en tas, les rendant de ce fait plus difficiles à attaquer. «
Les Français peinent à les » toucher « . Beaumanoir, blessé, demande à boire. » Bois ton sang Beaumanoir, ta soif te passera « , lui lance Messire Geoffroy, son coéquipier, inquiet de ne pas voir les Français avancer.
Victoire des Josselinais !
Guillaume de Montauban, un Josselinais, a alors une idée. « Faire semblant de fuir, s’emparer d’un cheval, et foncer dans le » tas » anglais. « Son initiative se révèle payante : » Les troupes anglaises volent en éclat ; le camp de Beaumanoir en profite pour remporter la victoire. «
Bilan du combat : » entre 12 et 17 morts côté Anglais, et 6 côté josselinais. » Des chevaliers qui seront enterrés, dit-on, tout près. » A Beau-Soleil, en Guillac, en ce qui concerne les Anglais ; à la chapelle Saint-Maudé, à La Croix-Hélléan, en ce qui concerne les Josselinais. «
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