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L’opération a été menée « en étroite coordination » avec le Venezuela, pays d’origine de cette organisation criminelle parmi les plus importantes d’Amérique latine. Le président américain n’a pas précisé le lieu de la frappe.

Capture d’écran d’une vidéo postée par Donald Trump sur son réseau, Truth Social, et supposée montrer la frappe ayant causé la mort du chef du gang vénézuélien Tren de Aragua, le 12 juin 2026. Capture d’écran d’une vidéo postée par Donald Trump sur son réseau, Truth Social, et supposée montrer la frappe ayant causé la mort du chef du gang vénézuélien Tren de Aragua, le 12 juin 2026.

Donald Trump a annoncé, vendredi 12 juin dans la soirée, la mort du chef du gang vénézuélien Tren de Aragua, l’une des principales organisations criminelles d’Amérique latine, tué dans une opération militaire américaine réalisée en coordination avec le Venezuela.

« Le commandement sud des Etats-Unis a mené une frappe rapide et létale pour éliminer Nino Guerrero, le tristement célèbre chef de Tren de Aragua », a déclaré le président américain sur sa plateforme, Truth Social. La mort de Héctor Rusthenford Guerrero Flores, alias Niño Guerrero (« enfant guerrier »), a été confirmée quelques heures plus tard par les autorités vénézuéliennes.

Il a ajouté que l’opération avait été conduite « en étroite coordination » avec le Venezuela, dirigé par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, depuis la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis en janvier. Donald Trump n’a pas précisé où la frappe avait eu lieu.

La publication est accompagnée d’une vidéo de dix secondes montrant une vue aérienne d’un bâtiment au toit vert entouré de végétation, avant qu’une explosion ne provoque un épais nuage de fumée.

Le département d’Etat américain offrait une récompense de 5 millions de dollars (4,32 millions d’euros) pour tout renseignement qui aboutirait à la capture du chef de gang.

« Guerrero Flores a été le cerveau derrière l’évolution du Tren de Aragua, qui est passé d’un gang de prisonniers vénézuéliens à une organisation terroriste transnationale », avait déclaré le procureur fédéral Jay Clayton lors de l’annonce de l’acte d’accusation.

Niño Guerrero, 42 ans, avait été inculpé par un tribunal à New York en 2025 pour avoir ordonné, dirigé et facilité des actes de terrorisme et de violence aux Etats-Unis. Il se trouvait depuis en fuite.

« Les terroristes du Tren de Aragua n’ont plus de refuge au Venezuela ni ailleurs », a affirmé vendredi Donald Trump.

Considéré comme une organisation terroriste

Le Tren de Aragua est considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste. Il s’est formé en 2014 dans l’Etat vénézuélien du même nom et, selon des rapports du renseignement, s’est étendu à huit pays d’Amérique du Sud. Il est accusé de traite d’êtres humains, d’assassinats, d’enlèvements, de vols, de trafic de drogue et d’extorsion.

En septembre 2023, le gouvernement Maduro avait affirmé avoir « totalement démantelé » le Tren de Aragua après la reprise en main par l’armée de la prison de Tocoron, contrôlée par le gang. Selon un rapport du centre d’analyse InSight Crime de 2025, « Niño Guerrero » avait fait du Tren de Aragua « ce qu’il est aujourd’hui pendant son incarcération à Tocoron ».

Sous sa direction, Tocoron « est devenu l’une des prisons les plus tristement célèbres du pays, en grande partie à cause de la politique officieuse du gouvernement vénézuélien consistant à confier le contrôle de certaines prisons (…) à des chefs criminels connus sous le nom de pranes ». Toujours selon le rapport d’InSight Crime, « cette liberté et les revenus criminels du gang ont permis la construction d’un zoo, d’une piscine, d’une aire de jeux, d’un restaurant et d’une discothèque à l’intérieur de la prison ».

Cette opération conjointe constitue un nouvel exemple du rapprochement entre Washington et Caracas depuis la capture de Nicolas Maduro. En mars, les deux pays ont repris leurs relations diplomatiques, rompues en 2019, et les Etats-Unis sont en train de réactiver leur ambassade de Caracas.

En parallèle, le président Donald Trump assouplit graduellement les sanctions contre le Venezuela, qui a fait adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé dans un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde.

Le Monde avec AFP