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Le chantier de construction du parc éolien situé dans l’arrière-pays d'Escuminac a atteint son pic d'activités avec 230 travailleurs à l'ouvrage. Pas moins de 19 éoliennes totalisant 102,2 mégawatts viendront s'ajouter aux 47 qui produisent déjà de l'électricité sur le site depuis 2016.
Les premières tours des futures éoliennes commencent à prendre forme dans les montagnes derrière Escuminac.
Les imposantes pièces venues d'Asie sont arrivées au Nouveau-Brunswick par bateau, avant d'être transbordées sur des camions.

Des camions surdimensionnés transportent les pièces entre Belledune et le chantier.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Les principaux composants ont été livrés jusqu’au port de Belledune, les bateaux sont arrivés au mois d’avril, explique le directeur de projet chez Innergex, Guillaume Huet. On a débuté la réception des composantes sur le chantier dès le début juin.
Chaque éolienne contient 12 composants majeurs, donc 12 transports hors norme sont nécessaires pour chacune des éoliennes. Ça apporte une certaine logistique.
Au total, près de 230 voyages de camions hors norme répartis dans environ 75 convois routiers seront nécessaires pour transporter toutes les pièces. Le passage de chaque convoi entraîne la fermeture du pont J.C. Van Horne, entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton, durant quelques minutes.
Mesgi’g Ugju’s’n 2 en bref
- 19 éoliennes de 5,7 mégawatts
- Puissance contractuelle théorique de 102,2 mégawatts
- Projet estimé à 250 millions de dollars
- Contrat de 30 ans avec Hydro-Québec
- Propriété de Innergex (50 %) et de la Mi'gmawei Mawiomi Business Corporation (50 %)
Pas de contenu local
Les futures éoliennes vont mesurer 204 mètres lorsque les pales seront à leur point le plus haut. C'est 47 mètres de plus que celles déjà en place; les nouvelles éoliennes seront 30 % plus imposantes que celles installées il y a dix ans.
Ces futures géantes ne sont toutefois pas composées de pièces faites au Québec.

L'équipementier du parc éolien est l'entreprise allemande Nordex. L'entrepreneur général est Borea Construction.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Les composants principaux des éoliennes, comme les pales, les tours et les nacelles, proviennent d'une chaîne d’approvisionnement mondiale, incluant certaines installations situées en Asie, explique par courriel la vice-présidente du département de la construction chez Innergex, Julie Turgeon.
Nous cherchons toujours à maximiser l’approvisionnement local lorsque les capacités sont disponibles et à coût compétitif, ajoute-t-elle. Cela dit, l’approvisionnement reflète la réalité d’un marché mondial spécialisé et une capacité de fabrication locale limitée.

D'ici la fin du mois de juin, les premières éoliennes en construction seront finalisées.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Plus de 200 travailleurs en action
Environ 230 employés s'activent sur le chantier ces jours-ci et une vingtaine de travailleurs mi’gmaw sont du nombre.

Les employés et les équipements se déplacent sur les 19 aires de travail où les éoliennes seront érigées.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Les trois communautés autochtones de la Gaspésie détiennent 50 % des actifs du parc éolien avec Innergex.
C’est très important d’avoir un développement durable sur le territoire mi’gmaw.
L’embauche de travailleurs issus des communautés mi’gmaw a été plus difficile cette année qu’en 2025, rapporte toutefois Terry Shaw.
L’an passé on a atteint presque une quarantaine de Mi’gmaq sur le chantier, alors que cet été c’est une vingtaine, explique-t-il.

Le coordonnateur du projet Mesgi’g Ugju’s’n 2 pour la Mi'gmawei Mawiomi Business Corporation, Terry Shaw
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Un parc éolien dans un parc éolien
En plus du partenariat entre Autochtones et allochtones, le projet Mesgi’g Ugju’s’n 2 se démarque dans sa conception.
C’est la construction d’un nouveau projet à l’intérieur des limites d’un projet existant.
Si cette particularité apporte certains avantages, elle vient aussi avec des défis techniques.
Il y a des câbles électriques qui sont sous les routes existantes et on doit rajouter des câbles additionnels pour alimenter Mesgi’g Ugju’s’n 2 (MU2), tout ça en s’assurant que ce soit extrêmement sécuritaire et en gardant le parc de Mesgi’g Ugju’s’n 1 (MU1) pendant les travaux, explique le directeur de projet.

Le parc éolien Mesgi'g Ugju's'n a été mis en fonction en 2016 au nord d'Escuminac. Les nouvelles éoliennes sont construites à travers celles déjà en place.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Cela a toutefois permis de limiter le déboisement à moins de 50 hectares et la construction de nouvelles routes à seulement 15 kilomètres.Ce n’est pas beaucoup pour un parc éolien de cette ampleur-là, indique M. Huet.
On a été en mesure de réutiliser les routes existantes de MU1. Par contre, il a fallu adapter les routes existantes parce que les éoliennes sont beaucoup plus imposantes qu’elles l’étaient à l’époque.

Certaines éoliennes sont à environ 90 kilomètres de la route 132.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le parc éolien doit entrer en fonction d'ici le 1er décembre, en vertu du contrat signé avec Hydro-Québec. Il sera en activité pour 30 ans.


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