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Le Canada se tourne vers la société norvégienne Kongsberg pour l’acquisition du missile d’intervention interarmées destiné aux futurs avions de chasse de l’Aviation royale canadienne, tels que les F-35.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé mercredi ce contrat, d’une valeur d’environ 800 millions $, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie, où les alliés dévoilent des dépenses militaires se chiffrant en dizaines de milliards de dollars.
L’annonce intervient quelques jours après que le Canada eut fait progresser un important projet d’acquisition de sous-marins.
Cette démonstration de force en matière de dépenses de défense fait suite aux pressions constantes exercées par les États-Unis sur les membres de l’OTAN pour qu’ils contribuent davantage à la défense collective, afin que les Américains puissent détourner leur attention de l’Europe.
Selon le premier ministre Carney, le président américain Donald Trump a « eu le dernier mot » sur la question des dépenses de défense.
Donald Trump dit depuis longtemps que les alliés ne consacrent pas suffisamment de moyens à la défense et que les États-Unis assument une part disproportionnée des dépenses de défense de l’OTAN.
M. Carney a déclaré aux journalistes en Turquie, lors de la dernière journée du sommet, que M. Trump cherchait à rééquilibrer cette charge, tout comme l’ancien président américain Barack Obama avait tenté de le faire.
Il a ajouté que ce transfert a déjà commencé et s’attend à ce qu’il se poursuive.
« Cela prend de l’ampleur, a indiqué M. Carney. C’est en partie ce que j’ai fait valoir auprès du président Trump lorsque nous nous sommes entretenus il y a quelques jours […] Non seulement il est en train de gagner le débat, mais il l’a déjà remporté. »
« Les pays reconnaissent qu’ils doivent assumer davantage de responsabilités et prennent conscience des menaces directes », a-t-il ajouté.
Le premier ministre a souligné que les menaces pour la sécurité mondiale « évoluent rapidement » parallèlement aux progrès de la technologie militaire, des missiles hypersoniques à la guerre autonome.
Insatisfaction de Donald Trump
M. Carney a eu une conversation avec M. Trump dimanche. Il a indiqué aux journalistes que le président était de bonne humeur, comme lorsqu’il avait assisté mardi soir à un souper des dirigeants de l’OTAN.
Cependant, lorsque le président américain est apparu à la conférence et s’est entretenu avec le secrétaire général Mark Rutte, il a soutenu qu’il était toujours en colère contre les membres de l’alliance et a menacé de mettre fin aux échanges commerciaux avec l’Espagne.
« Je ne suis pas satisfait de l’OTAN à cause de ce qu’ils ont fait avec le Groenland, et je ne suis pas satisfait de l’OTAN parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au premier État soutenant le terrorisme, à savoir l’Iran », a déclaré M. Trump.
La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et les menaces de M. Trump d’annexer le Groenland ont mis l’alliance à rude épreuve. Le président américain a ajouté qu’il aborderait la question du Groenland lors de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord.
M. Rutte a cherché à apaiser M. Trump avant cette réunion, lui rappelant qu’il était à l’origine d’une augmentation massive des budgets militaires au sein de l’alliance.
« C’est vraiment important, en ce qui concerne l’OTAN, ce que vous avez accompli, et c’est une immense victoire », a-t-il souligné.
En marge du sommet, les alliés ont annoncé des dizaines de milliards de dollars de nouvelles dépenses militaires.
Un « prix de consolation » à la Corée du Sud ?
Avant son arrivée en Turquie cette semaine, le premier ministre Carney a annoncé que le constructeur allemand TKMS serait le soumissionnaire retenu pour la prochaine flotte de sous-marins de la marine canadienne.
Kongsberg fait également partie de la chaîne d’approvisionnement des sous-marins 212CD de TKMS.
Ce contrat colossal va faire exploser les dépenses militaires du Canada, ce qui l’aidera à convaincre ses alliés de l’OTAN qu’il renforce ses efforts en matière de défense.
L’offre germano-norvégienne a devancé de justesse celle de la société sud-coréenne Hanwha pour devenir le soumissionnaire retenu, bien que Hanwha puisse encore remporter le marché si les négociations avec TKMS échouaient.
Interrogé sur l’éventualité d’un « prix de consolation » destiné à apaiser les relations, M. Carney a répondu que le Canada était déjà en train d’élaborer d’autres projets avec Séoul.
Il a indiqué avoir eu mardi une rencontre fructueuse avec le président Lee Jae Myung.
« De toute évidence, il était déçu, mais la conversation a immédiatement dérivé – à son initiative – vers une série de questions liées à (l’intelligence artificielle) et aux risques technologiques, ainsi qu’à la manière dont nous pouvons continuer à approfondir notre coopération dans ce domaine », a raconté M. Carney.
« Ce n’est pas un prix de consolation. Il s’agit d’alliés travaillant ensemble de manière stratégique sur des questions importantes », a-t-il renchéri.
Par ailleurs, M. Carney a annoncé que l’opération « REASSURANCE » — la brigade multinationale dirigée par le Canada en Lettonie, active depuis dix ans — serait prolongée jusqu’en 2031.
Le Canada renforcera également sa présence sur le terrain en portant l’effectif total des troupes d’environ 2200 à 2600 soldats.


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