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Le Caf’Conc’ reprend vie après 35 ans de silence

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Si les murs du Caf’Conc’ pouvaient parler, ils raconteraient le Montréal de l’Expo 1967 et la frénésie disco des années 1970. Après s’être tue durant 35 ans, cette salle mythique du sous-sol de l’hôtel Marriott Le Château Champlain, à Montréal, reprend du service avec une nouvelle programmation de variétés. Cabaret, humour, musique, magie et burlesque sont de retour à l’affiche, avec la drag queen Rita Baga, responsable de la programmation.

C’est le groupe Tidan, propriétaire de l’hôtel depuis 2018, qui a entamé sa rénovation, au coût de 2 millions de dollars. La salle a été refaite à l’identique, quand c’était possible, et dans l’esprit de l’époque, qui était aussi celle des cafés-concerts parisiens des années 1960.

Aux murs, des reproductions de Toulouse-Lautrec, au sol, des tapis aux motifs psychédéliques. La programmation se veut multigénérationnelle et bilingue. On pourra y entendre autant Joël Denis et Martine St-Clair que Michèle Richard, Chantal Lamarre et l’humoriste Coco Belliveau.

« On veut offrir aussi bien un clin d’œil au passé qu’aux nouvelles générations. On a du comédie club, on a du cabaret, on a des célébrités qui ont déjà des carrières bien établies, raconte le directeur général de l’hôtel, Benjamin David. On s’adresse à un public assez large, autant aux clients de l’hôtel qu’aux Montréalais. »

Un électrochoc

« C’est tellement une belle salle, qui était en dormance depuis 30 ans, ajoute la drag queen Rita Baga, alias Jean-François Guevremont, qui s’occupe de la programmation et qui animera les cabarets du vendredi. Les gens ont envie collectivement de la ressusciter, c’est comme une résurrection collective à grands coups d’électrochocs. »

Quarante spectacles sont déjà prévus d’ici la fin de l’année 2026. « On voulait conserver l’esprit d’origine, mais en amenant une souplesse avec la relève ou les artistes émergents. Donc, on a des gens comme Tom-Éliot Girard, qui est au début de la vingtaine et qui est bien connu du grand public, grâce à sa participation à Zénith ou à Big Brother Célébrités. Il va pouvoir s’amuser avec tous les codes du cabaret, et travailler avec des artistes comme des magiciens, des artistes burlesques, des drags, des danseurs et danseuses, le house band. On a gardé ces codes-là. »

La chanteuse Patsy Gallant, qui participait à la soirée d’ouverture du Caf’Conc’, se souvient bien de la première vie de cette salle. « Dans les années 1970, je venais avec mon ex-mari, le chanteur et musicien Dwayne Ford, qui donnait des spectacles ici », dit-elle.

Patsy Gallant est ravie que l’on reprenne ici des formules qui ont accompagné sa jeunesse, elle qui chante toujours à 77 ans.

« Les jeunes vont voir ce que c’est qu’un spectacle de variétés. Dans le temps, on ouvrait avec un comédien. Ensuite, il y avait une stripteaseuse. Ensuite, il y avait un chanteur, puis il y avait le programme principal », se souvient-elle.

La programmation du Caf’Conc’ sera bilingue, précise Rita Baga. « À l’époque, le français et l’anglais s’entrecroisaient, donc on a voulu garder cette tradition-là. Ça n’est même pas un accommodement pour nous, c’est naturel, dit-elle. Les propriétaires du groupe Tidan sont anglophones, donc je trouve qu’on coexiste et on cohabite très bien. »

Le comédie club du jeudi, par exemple, sera tenu par deux animatrices bilingues, Rachelle Elie et Coco Belliveau. « On a des artistes humoristes anglophones qui vont s’intégrer aux soirées aussi. On ne voulait pas que ça soit une ségrégation, donc on fait 45 minutes en français, 45 en anglais. C’est vraiment un tout », ajoute Rita Baga.

En 1991, le Caf’Conc’ avait fermé ses portes dans un contexte de concurrence et de perspectives économiques moroses. Aujourd’hui, les propriétaires font le pari d’offrir un produit exclusif.

« Il n’y a aucun théâtre qui a ce look-là en ce moment à Montréal, en demi-opérette, avec 400 places en tout, avec ce bagage historique », dit Benjamin David.

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