En raison de la manière avec laquelle de nombreux systèmes représentent le temps, un bug informatique d’ampleur est prévu en 2038. Il est ici question d’une panne touchant de nombreux ordinateurs et systèmes connectés à l’échelle globale, qui pourrait potentiellement plonger le monde dans un chaos numérique. Or, si le célèbre bug de l’an 2000 a été facile à gérer, celui de 2038 apparait tout de même comme étant bien plus compliqué.
Le 19 janvier 2038 à 3 h 14 min 7 s
Pour rappel, le bug de l’an 2000 (Y2K) trouve sa source dans un défaut de conception informatique en lien avec la représentation des dates par les anciens systèmes. Afin d’économiser de l’espace sur ces derniers, les programmeurs enregistraient les années sur deux chiffres au lieu de quatre – par exemple « 95 » pour 1995. Ainsi, lors du passage à l’an 2000, les systèmes auraient pu interpréter « 00 » comme l’année 1900, avec de multiples conséquences : erreurs massives dans les calculs d’intérêts bancaires ou encore, dysfonctionnements des réseaux électriques et de transport, ainsi que des infrastructures militaires et médicales.
Si une mobilisation massive et des mises à jour anticipées ont permis d’éviter le bug de l’an 2000, le bug de l’an 2038 (Y2038) devrait se montrer bien plus difficile à gérer, comme l’expliquait le média Security Week dans un article d’octobre 2025. Plus précisément, le bug dont il est ici question se produira le 19 janvier 2038, à 3 h 14 min 7 s. Mais pourquoi ?
Là encore, le problème vient de la manière dont les actuels systèmes représentent le temps, c’est à dire sous la forme d’un entier signé de 32 bits. Il s’agit du « temps Unix », comptant le nombre de secondes écoulées depuis le 1er janvier 1970 à 00:00:00 UTC (date de référence). Or, la valeur maximale de ce compteur étant de 2 147 483 647 secondes, nous savons quand celui-ci se terminera. Ainsi, le compteur débordera et basculera le système vers sa valeur négative la plus basse, soit le 13 décembre 1901 – c’est à dire 2 147 483 648 secondes précédent le 1er janvier 1970 à 00:00:00.
Crédit : Khosrork / iStock
Des risques réels et une gestion difficile
Selon Security Week, une telle erreur d’horodatage au sein des systèmes de contrôle industriel et autres systèmes de technologies pourrait déclencher une réaction en chaîne de défaillances au niveau de nombreuses infrastructures critiques. Il peut s’agir de pannes système en tous genres, de problèmes de corruption de données et autres défaillances des protocoles de sécurité, pouvant engendrer de graves dégâts matériels et représenter un risque pour la vie humaine. Or, l’inquiétude est légitime puisque le système est présent partout, qu’il s’agisse des transports, des équipements médicaux, de l’industrie ou encore, des satellites. Aussi, plusieurs experts en informatique ont déjà affirmé qu’il était difficile de prévoir la réaction des diverses installations.
Il faut savoir que chez ces mêmes experts, la solution la plus effective au bug de l’an 2038 n’est pas un mystère et ce, depuis très longtemps : passer au système 64 bits. Seulement voila, l’opération est loin d’être chose aisée. Dans un premier temps, il est nécessaire d’identifier les machines concernées (souvent anciennes) et explorer de nombreuses lignes de code toutes aussi anciennes, dans le but de les adapter tout en évitant de causer des pannes. Selon les divers observateurs, il s’agit là d’un chantier tout à fait colossal qui pourrait même relever du cauchemar.
Malgré l’inquiétude quasi générale, il faut savoir que certaines machines ont déjà franchi le cap des 64 bits. En 2019 par exemple, Apple a stoppé la prise en charge des applications 32 bits grâce à sa mise à jour macOS Catalina. Ailleurs, d’autres solutions existeraient pour permettre à des systèmes 32 bits de survivre la date fatidique. Citons notamment l’utilisation de types 32 bits « non signés », un genre de pansement permettant de repousser l’échéance jusqu’en 2106, ou encore des mécanismes de « Seccomp » et de filtrage. Ainsi, malgré l’importante probabilité que certains systèmes tombent tout de même en panne malgré les mesures prises, le chaos numérique planétaire longtemps annoncé a tout de même peu de chances de se produire.


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