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Quelqu'un, au sein du gouvernement bruxellois, peut-il raisonnablement prédire où en seront les finances de la Région dans six mois ? Si l'un de ses membres levait la main, on en serait fort surpris. Car passées les félicitations et autosatisfactions d'usage après la conclusion de l'accord, c'est le silence qui domine depuis lundi matin, après le veto du président du MR.
Georges-Louis Bouchez refuse tout budget qui inclurait les 131 millions destinés à recapitaliser la Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), tant que Lotfi Mostefa, visé par une double instruction judiciaire (!), reste à la tête du Foyer anderlechtois. Le ministre-président libéral Boris Dilliès, dont on imagine l'embarras, se retrouve avec un budget 2027 qui n'est pas réellement clos. Sans ces fonds, la SLRB, déjà exsangue, serait en difficulté. Le "problème Mostefa" devra être tranché d'ici à la fin de l'année mais d'ici là, on ne peut pas considérer cet exercice budgétaire comme clos.
Ce flou n'est pas isolé. Les recettes du plan de relance européen ont été mal comptabilisées. Les économies sur les emplois ACS (agents statutaires subventionnés fort utilisés dans les ASBL), les investissements de la Stib ou les efforts demandés à l'administration restent vagues, calibrés "au doigt mouillé". Le gros de l'effort doit venir de non-remplacements dans la fonction publique, mais les économies annoncées (sur le personnel et sur le fonctionnement) ne disent pas comment la simplification va être orchestrée ni ne disent grand-chose de la manière dont les services aux citoyens seront réellement impactés.
Lors de sa conférence de presse, Boris Dilliès n'a présenté aucun tableau synthétique. Les bonnes nouvelles annoncées (baisse de l'IPP de 1 %, maintien des tarifs préférentiels Stib, doublement de la prime Be Home, prêts à taux zéro pour la rénovation, vente symbolique du siège de la ministre-présidence) masquent mal l'absence de démonstration chiffrée.
Boris Dilliès: le piège du consensus à la Alexander De CrooCes négociations devaient pourtant être relativement simples, après les gros efforts de l'an dernier pour rétablir l'équilibre d'ici à 2029. Mais quand il y a trop d'inconnues dans une équation, elle ne se résout pas. Et ce lundi, personne ne peut dire combien il y en a.
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