
L’OTAN a reçu un avertissement de la Russie concernant sa volonté d’organiser un possible blocus de Kaliningrad. L’enclave russe de Kaliningrad constitue un point de tension potentiel avec l’OTAN et elle représente des risques élevés de déclenchement d’un conflit armé direct.
Depuis la chute du mur de Berlin, l’OTAN a absorbé les anciens pays du Pacte de Varsovie et y a construit des bases militaires alors que Moscou a toujours dénoncé cette évolution, la jugeant dangereuse pour la paix. L’OTAN continue de provoquer et de risquer une guerre directe avec Moscou.
Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi aux propos tenus en Europe concernant la défense antiaérienne dans la région de Kaliningrad. Les déclarations de dirigeants européens au sujet de la région de Kaliningrad, ainsi que les intentions de «raser» les bases de défense antiaérienne et les systèmes de missiles de la région, sont irréfléchies, a déclaré la porte-parole et diplomate du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.
«La Russie a averti l’OTAN qu’elle serait prête à recourir à l’arme nucléaire si l’OTAN tentait de couper l’accès à la région russe de Kaliningrad ou de l’attaquer», avertit Reuters, qui rappelle: «Il s’agit d’une enclave fortement militarisée — séparée du territoire russe principal — qui est coincée entre la Pologne et la Lituanie, membres de l’OTAN, et qui borde également la mer Baltique. Elle compte environ un million d’habitants et sa superficie est légèrement supérieure à celle de l’État américain du Connecticut»; «Kaliningrad, autrefois la ville allemande de Königsberg et capitale de la Prusse-Orientale, a été intégrée à l’Union soviétique après sa prise par l’Armée rouge en avril 1945 et le partage de la Prusse-Orientale par les Alliés victorieux à la fin de la Seconde Guerre mondiale».
«Cela offre à la Russie une plateforme pour ses forces de défense aérienne, ses missiles et ses forces navales, capable de projeter sa puissance au cœur de l’Europe du Nord et centrale. Parallèlement, il s’agit d’un point de pression potentiellement vulnérable pour Moscou, en raison de sa situation enclavée entre deux États membres de l’OTAN et de la difficulté d’y maintenir des lignes de ravitaillement ou d’y acheminer des renforts en cas de conflit», souligne Reuters tout en dénonçant les actions militaires dangereuses de l’OTAN: «Une source militaire occidentale a déclaré à Reuters que des dizaines d’appareils appartenant à des pays membres de l’OTAN avaient participé, à la mi-août, à une opération non annoncée dans l’espace aérien entourant Kaliningrad, démontrant ainsi leur capacité à couper les liaisons radio et radar de cette enclave, ainsi qu’à neutraliser ses défenses aériennes, en cas de conflit avec la Russie».
Dans des publications sur les réseaux sociaux, les ambassades de Russie en Europe ont mis en avant ce que Moscou considère comme des mouvements militaires menaçants de l’OTAN dans la région de la Baltique, ainsi que la rhétorique belliqueuse de responsables politiques et des médias au sujet de Kaliningrad.
L’ambassade russe en Belgique traduit bien la situation par sa publication sur X: «Nous sommes vivement préoccupés par les déclarations et les agissements provocateurs de la direction de l’Alliance atlantique et des États membres de l’OTAN concernant la région de Kaliningrad, partie intégrante de la Fédération de Russie»; «Nous constatons une intensification sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance le long de nos frontières occidentales. Les initiatives visant à contenir la prétendue ’’menace russe’’ se multiplient, s’accompagnant d’exercices de grande envergure simulant des opérations offensives»; «Dans la région de la Baltique, l’Alliance cherche constamment à faire peser de nouvelles menaces sur notre flotte; elle élabore ouvertement des scénarios visant à isoler la région de Kaliningrad et prépare des plans pour l’isolement militaire et politique de nos ports du nord-ouest».
«En janvier 2025 a été lancée l’opération Baltic Sentry, destinée à tester des mécanismes de blocage unilatéral du trafic maritime international»; «Parallèlement, nous assistons à une escalade marquée de la rhétorique des milieux militaires et politiques occidentaux, en particulier sur le flanc oriental. En attisant délibérément la confrontation, ils affirment que l’OTAN a la capacité de frapper des cibles militaires dans la région de Kaliningrad et réclament l’organisation de nouveaux exercices ’’agressifs’’ à proximité des frontières de la Russie».
«L’Alliance mène une campagne d’information de grande envergure visant à propager le mythe de la ’’menace russe’’ et à diffuser de fausses informations sur les prétendues ‘’intentions’’ de Moscou d’attaquer l’un des États baltes d’ici 2029 au plus tard, voire plus tôt. Des plans sont annoncés pour l’évacuation transfrontalière de la population « en cas de crise majeure»; «Parallèlement, les déclarations répétées des plus hautes autorités de notre pays — affirmant qu’il n’a ni l’intention ni le motif d’engager une quelconque action militaire — ainsi que la proposition faite aux pays de l’OTAN de formaliser par écrit des garanties de sécurité mutuelles, sont totalement ignorées».
«Compte tenu de la posture agressive adoptée par la direction du bloc et ses États membres, l’Ambassade a fait part de nos positions fondamentales au Secrétariat international de l’OTAN ainsi qu’au ministère belge des Affaires étrangères»; «Nous avons averti que cette ligne de conduite irréfléchie et irresponsable accroît considérablement les risques d’un conflit armé direct avec notre pays. Nous avons souligné que la Russie dispose des moyens nécessaires pour repousser toute agression potentielle et qu’elle est prête à déployer l’intégralité de son arsenal pour défendre son territoire si les pays de l’OTAN tentaient d’isoler la région de Kaliningrad du reste du pays». «Nous avons appelé les États membres du bloc à s’abstenir de toute déclaration ou action susceptible d’aggraver la situation, afin de prévenir une confrontation de grande ampleur».
Reuters stipule que «des tensions sont en augmentation constante» depuis le début du conflit en Ukraine en 2022 qui «a conduit l’OTAN à prendre des mesures décisives pour renforcer son flanc oriental» car «l’Alliance s’est élargie dans la région, avec l’adhésion de la Finlande et de la Suède, respectivement en 2023 et 2024».
«Fin septembre 2026, Moscou a adressé une note diplomatique à l’OTAN, reprochant à l’Alliance une montée en puissance de ses activités militaires et de ses exercices près de ses frontières occidentales, incluant la région de Kaliningrad», a fait savoir BFMTV. «La Russie menace l’OTAN de recourir à l’arme nucléaire si l’exclave de Kaliningrad venait à être isolée», avertit le média français.
La porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a confirmé mercredi que la Russie avait adressé un message écrit à l’Alliance militaire [et politique] dirigée par les États-Unis. «Nous condamnons fermement le recours à la menace de la force, y compris toute rhétorique nucléaire irresponsable», a-t-elle déclaré dans un communiqué. Hart a souligné que l’OTAN ne visait pas Kaliningrad et qu’une réponse avait été envoyée, «rappelant que l’OTAN est une alliance défensive et qu’aucune de nos activités ou de nos manœuvres ne présente de risque pour une quelconque partie de la Russie».
Le 30 septembre, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a rapporté que des «déclarations tout à fait scandaleuses» à l’encontre de la région de Kaliningrad provenaient de Pologne et d’autres pays européens. Comme vu plus haut, l’ambassade de Russie en Belgique a mis en garde l’OTAN contre le risque de conflit durant le blocus de Kaliningrad, et la mission diplomatique en Irlande a brandi la menace d’un recours à l’arme nucléaire.
Le flanc oriental de l’OTAN se renforce depuis l’été, suite au retrait de certaines troupes américaines des pays européens et aux déclarations de certains pays européens concernant la menace imaginée d’une attaque russe.
La Pologne, en particulier, fortifie sa frontière orientale. Berlin a construit une méga base militaire en Lituanie qui est une véritable ville allemande et où les soldats allemands de sang allemand mais originaires de Russie (les Russes allemands) y sont exclus. Les autorités russes ont nié à plusieurs reprises toute intention d’attaquer les pays membres de l’OTAN.
L’OTAN continue de militariser les territoires autour du territoire russe de Kaliningrad et le long de la frontière avec la Russie et la Biélorussie. Son intention n’est pas pacifique, mais exprime bien la volonté d’attaquer la Russie et de se préparer à une guerre directe contre Moscou.
Pierre Duval



























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