Le vote du 8 mars sur la SSR est le symptôme d’un malaise qu’une partie du public estime insuffisamment pris au sérieux: un biais politique dans le service public qu’il finance. Je fais partie de ceux qui partagent cette perception, même si je reconnais qu’elle mérite d’être examinée avec rigueur. Derrière le débat financier se trouve surtout une question plus profonde, que les médias suisses traitent avec une timidité remarquable.
Face à cette perception de biais, la RTS invoque régulièrement l’étude du Fög (2023) sur la couverture des votations fédérales. Elle y obtient un score de – 3 sur l’axe gauche-droite (échelle de – 100 à + 100), ce qui semble confirmer sa neutralité… Mais cette étude ne mesure la tonalité médiatique que pendant les campagnes de votation, précisément le moment où les rédactions appliquent leurs standards de pluralité avec conscience. Elle ne dit rien sur le choix des sujets au quotidien, le cadrage des enjeux hors campagne, la sélection des experts invités, ni la ligne éditoriale qui se construit en dehors des votations, et c’est précisément cet angle mort qui alimente la critique.


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