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Les Jeux olympiques de Milan-Cortina approchent à grands pas. Laurence St-Germain sent que sa forme aussi.
La skieuse de Saint-Ferréol-les-Neiges a terminé 12e au slalom de Semmering, dimanche, une course remportée in extremis par Mikaela Shiffrin. Si le podium se fait encore attendre, depuis son titre mondial en 2023, St-Germain est en confiance.
Ça va bien! Mon entraînement commence à bien aller, mon corps va bien, a expliqué St-Germain en entrevue à Radio-Canada Sports. Avec ma blessure [à un genou] cet été, j’ai encore de la gestion de volume et d’intensité à faire. Avec mon équipe, on travaille super bien, je sens que je suis revenue à l’entraînement normal, je suis vraiment contente.
St-Germain est surtout fière de sa constance : en quatre courses de Coupe du monde cette saison, elle s’est maintenue chaque fois parmi le top 15, avec une 11e position à Gurgl comme meilleur résultat jusqu’ici.
Toutes les 15es places dans le sport ne se valent pas. Même si l’objectif demeure la victoire, les marges infimes font que même si le podium est à une dizaine de positions, un top 10 ou un top 15 est très encourageant.
Il y a tellement de profondeur dans le talent en ski en ce moment, en slalom, le top 10 change, mais ce sont les mêmes filles qui se promènent entre la 1re et la 10e place, mettons à part les trois filles sur le podium (Shiffrin, Laura Colturi et Camille Rast).
C’est sûr qu’aux Jeux tout le monde veut la médaille, ça ajoute de la pression, mais c’est de la bonne pression. En Coupe du monde, c’est vrai que le top 10 versus le top 15, c’est une grande marche. Je suis super contente de ma constance, et là je suis excitée pour mon top 10, je sens qu’il est proche!
De l’extérieur, il serait facile de croire que les Jeux olympiques font de l’ombre au reste du calendrier. Mais Laurence St-Germain se concentre sur le ski qu’elle a devant elle d’abord.
Le bloc de slalom pendant les Fêtes est assez intense, on a trois autres compétitions au mois de janvier.
Mais c’est vrai que cinq semaines, ça s’en vient vite! reconnaît St-Germain lorsqu’on lui a rappelé quand commenceront les Jeux olympiques. La course de slalom est un peu plus tard dans les Jeux, j’ai un peu plus de temps, mais ça vient vite quand même. Je suis fébrile, j’ai hâte de voir des Jeux dans un pays autant fan de ski, mais en ce moment, je me concentre sur mes courses.
Rappelons qu’à 31 ans, Laurence St-Germain vivra ses troisièmes Jeux olympiques. Chacun sont – au diable le cliché – comme un flocon de neige, mais pour le ski alpin, spécifiquement, les Jeux de 2026 seront assurément différents.
Pyeongchang, c'était mes premiers Jeux, la foule au slalom n’était pas super grande. Le ski en Corée du Sud n’est pas un sport très populaire. Et à Pékin, il n’y avait personne avec la COVID-19. Pour Cortina, les billets se sont vendus en deux minutes, l’ambiance sera complètement folle.
Non seulement le public italien est friand de ski alpin, mais pour d’autres grandes nations du sport comme l’Autriche ou la Suisse, la station de Cortina est forcément plus accessible que l’étaient celles de Pyeongchang ou de Pékin. L’ambiance, en bas des pistes, sera survoltée.
C’est un petit stress, mais c’est un bon stress. Je m’attends à bien performer. Je sens que je ne suis pas à mon plein potentiel, mais j’ai assez de temps d’ici la mi-février pour y arriver. Je pense que ce sera un beau spectacle et une belle ambiance.
St-Germain sera d’ailleurs la plus âgée de l’équipe féminine du Canada aux Jeux de Milan-Cortina, mais elle vit bien avec son rôle de vétérane.
C’est ça le sport, je commence à être dans les plus vieilles, même si de plus en plus de filles repoussent leur retraite. Ça fait drôle d’être la plus vieille de l’équipe, mais on a un super beau groupe de jeunes. On a Kiki Alexander et Justine Lamontagne qui ont fait leurs premiers points cette [dernière] fin de semaine et Britt Richardson est régulièrement dans le top 10.
Briser l’hégémonie Shiffrin?

Mikaela Shiffrin a dominé la deuxième manche du slalom de Semmering pour l'emporter.
Photo : AFP / GEORG HOCHMUTH
Le spectacle à Cortina sera fort probablement assuré par l’Américaine Mikaela Shiffrin. Dimanche dernier, elle a signé sa 106e victoire en Coupe du monde et sa 5e en slalom cette saison.
Ce n’est pas nouveau qu’elle est dominante, mais cette année, elle a été encore plus dominante. À part dimanche, elle a gagné par beaucoup d’avance, note St-Germain.
Les adversaires de Shiffrin n’en sont pas découragées pour autant.
C’est surtout de l’admiration, tout le monde essaie de prendre des notes. On court après! On sait toutes qu’elle travaille fort, qu’elle travaille bien, elle est juste vraiment impressionnante.
Ça ne change pas mon approche et je ne pense pas que ça change l’approche de beaucoup de monde. Tout le monde sait que pour la battre, même avec toutes les autres filles derrière, il faut avoir deux manches extrêmement bonnes. Les chances sont toujours très bonnes qu’elle soit sur le podium ou qu’elle ait une victoire. On sait que si elle n’a pas une bonne manche, il y a des filles qui sont pas loin derrière : Lara Colturi et Camille Rast sont là aussi… Pour briser le podium, il faut vraiment attaquer et y aller au maximum.
Le succès de Shiffrin réside dans son approche plutôt que dans une différence stylistique marquée, analyse St-Germain.
C’est sa constance et sa prise de risque. Elle ne va pratiquement pas faire d’erreurs. Si elle en fait une, elle va être capable de garder sa vitesse. Sans doute que j’ai des virages aussi vite qu’elle, mais dans une course, il y a 65 virages. Elle va en avoir 63 parfaits et moi j’en ferai 50. C’est ça qui fait une grosse différence au bout de la ligne. Dans des conditions comme dimanche, nous on essaie de couper la neige le plus propre possible. Shiffrin, on dirait qu’elle ne lève pas un grain de neige.
C’est ça quand tu maîtrises ton art, c’est rare que ça a l’air difficile.


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