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«Lassitude», «petites phrases délétères»... Le député Loïc Prud’homme prend ses distances avec LFI sur fond de «désaccord stratégique»

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Loïc Prud’homme quitte le groupe LFI

Élu de Gironde depuis 2017, cet ancien syndicaliste évoque un désaccord avec le mouvement mélenchoniste sur la conquête «du bloc abstentionniste».

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Rares sont ceux qui, au sein de La France insoumise (LFI), osent exprimer leurs divergences avec la ligne officielle. Et pour cause : le sort d’ex-figures mélenchonistes, telles qu’Alexis Corbière, Raquel Garrido et Danielle Simonnet, «purgées» lors de la campagne des législatives post-dissolution pour leurs critiques jugées trop appuyées - sert encore d’exemple dissuasif. C’est pourtant la voie de la rupture qu’a choisie le député de Gironde, Loïc Prud’homme, désormais non plus membre du groupe insoumis à l’Assemblée présidé par Mathilde Panot, mais apparenté, à l’instar d’Aymeric Caron.

Après la publication de ce changement au Journal officiel, l’ancien syndicaliste a confirmé à Libération et à l’AFP sa prise de distance avec ses camarades, invoquant un «désaccord» avec la «stratégie déployée depuis 2022», année où Jean-Luc Mélenchon termine troisième de la présidentielle et impulse la création de la Nupes (ex-NFP) en vue des législatives suivantes. Un départ fait «non sans amertume, mais sans regret», a-t-il fait savoir dans un message adressé la semaine dernière à ses militants de la Gironde et révélé ce mercredi par L’Opinion.

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En cause également : sa «lassitude» face à la multiplication de «petites phrases délétères» lâchées régulièrement par ses collègues. Et notamment par Jean-Luc Mélenchon, visé par de nouvelles accusations d’antisémitisme pendant la campagne des municipales après avoir ironisé sur la prononciation des noms «Epstein» et «Glucksmann». Deux patronymes juifs respectivement portés par le criminel américain Jeffrey Epstein et l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann.

Les municipales, l’élément déclencheur ?

«Hormis le fait qu’il me semble que cela nuit à la capacité de porter nos idées au niveau où elles devraient être aujourd’hui, je constate que cela sape le travail militant de terrain», indique le député élu depuis 2017, réputé proche de l’ex-insoumis François Ruffin. Cette «alerte», Loïc Prud’homme assure avoir «essayé de (la) porter en interne, évidemment sans succès», tout en affirmant ne pas être «dupe des attaques violentes et répétées contre LFI de tous les chiens de garde de l’ultra-libéralisme en vogue».

Reste que, pour l’ancienne députée insoumise Raquel Garrido, les dernières municipales ont constitué le véritable élément déclencheur. Selon elle, Loïc Prud’homme, candidat à Bègles (Gironde), où il est arrivé en troisième position, avait travaillé à «un programme commun avec le maire sortant écologiste». «Puis les consignes sont arrivées : la division était la ligne stratégique de la direction nationale de LFI ainsi que de la fédération girondine du PS», poursuit-elle. Résultat : «La fusion de dernière minute entre les listes Union de la gauche (38 %) et LFI (17 %) n’a pas compensé des mois d’hostilité et d’égarement. La droite a remporté Bègles», a-t-elle rappelé sur X. Et de conclure : «Prud’homme, qui a appliqué les consignes, en a directement éprouvé les limites.»

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