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Par Le Figaro avec AFP
Le 6 mai 2026 à 00h44
Validée à 208 voix contre 124, le projet de l’ancien ministre de l’Intérieur entend s’attaquer à une «mouvance qui se répand à bas bruit» et aurait selon lui comme «objectif final» d’«installer à terme sur notre territoire un État islamique».
Passer la publicité Passer la publicitéC’est sans conteste une victoire. Bruno Retailleau a fait adopter mardi au Sénat son projet contre «l'entrisme islamiste», espérant incarner ce marqueur politique sur la route de l'Élysée en damant le pion à Laurent Nuñez, qui promet un texte gouvernemental plus «rigoureux» prochainement. Passée à 208 voix contre 124 malgré l'hostilité de la gauche et l'abstention de plusieurs macronistes, la proposition de loi du sénateur de Vendée entend s'attaquer à une «mouvance qui se répand à bas bruit» et aurait selon lui comme «objectif final» d'«installer à terme sur notre territoire un État islamique».
Son contenu ? Une batterie de mesures pour faciliter la dissolution d'associations, durcir les sanctions pour atteinte aux «principes de la République», encadrer plus strictement la construction d'édifices religieux ou geler les avoirs des groupes séparatistes. «Il faut être absolument ferme, intraitable avec ces mouvances qui veulent atteindre notre cohésion sociale et la forme républicaine de nos institutions», a plaidé le candidat LR à la présidentielle. Autant de mesures qu’il puise tout droit d'un rapport - rendu public lorsqu'il était ministre de l'Intérieur en 2025 - sur «l'entrisme» en France des Frères musulmans, mouvement pan-islamiste sunnite fondé en 1928 en Égypte.
Un «marqueur» pour Retailleau
Tout en assumant défendre un «marqueur» de son engagement politique, Bruno Retailleau réfute agir dans le cadre de sa campagne. «Ce n'est pas un caprice. J'ai observé six mois de silence sur le sujet pour voir si le gouvernement agissait. Je n'ai rien vu venir. Je ne veux pas que ce rapport reste lettre morte», insiste-t-il. Difficile néanmoins d'imaginer ce texte assez volumineux aller beaucoup plus loin au Parlement, faute de majorité à l'Assemblée nationale où l'agenda est surchargé. D’autant que le gouvernement prône une autre voie : celle d'un futur projet de loi contre le séparatisme et l'entrisme, annoncé début avril par Laurent Nuñez et en cours d'examen au Conseil d'État.
Le ministre de l'Intérieur, qui cultive depuis son arrivée à Beauvau ses différences avec son prédécesseur - relations avec l'Algérie, immigration... -, n'a pas manqué cette nouvelle occasion. Après avoir épinglé dans Le Monde «une œuvre inachevée», il a jugé devant le Sénat «extrêmement complexe» de «définir l'entrisme», alertant Bruno Retailleau sur le risque de «donner l'impression qu'on stigmatise» les musulmans. Le texte gouvernemental sera «plus rigoureux juridiquement», a-t-il promis, comptant notamment sur l'éclairage à venir du Conseil d'État, dont le candidat LR à l'Élysée a refusé la saisine sur sa proposition de loi.
Laurent Nuñez a aussi promis que son projet concernerait «toutes les formes d'entrisme», évoquant notamment une mesure de «police des ouvrages» pour s'opposer à certaines publications ou le renforcement d'un dispositif de retrait des contenus haineux en ligne. Sans s'avancer sur la date d'examen de son texte au Parlement, le ministre a néanmoins reconnu que la quasi-totalité des mesures du Sénat figuraient bien dans son projet, bien que «réécrites». Au point de froisser la droite sénatoriale, qui l'accuse de temporiser inutilement.


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